Personne travaillant sur un ordinateur portable posé sur des livres, à une table de salle à manger

Ergonomie télétravail : que doit l’employeur quand le poste est à la maison, en Suisse ?

Travaux suivis par RTS · Blick

Un poste que vous ne verrez jamais, et dont vous répondez : il ne se règle pas, il se rend vérifiable.

✓ Le conseil peut conclure qu’il n’y a rien à acheter · ✓ En français depuis Saillon, en allemand depuis Malleray · ✓ L’organisation regardée avant l’équipement

En bref : l’ergonomie télétravail n’est pas une liste de dix conseils de réglage. C’est une obligation d’employeur qui ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise. NovaFree rend le poste à domicile vérifiable, à distance. Ce que nous ne faisons pas : régler la chaise à votre place.

L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, ne dit nulle part que ses exigences s’arrêtent au bâtiment de l’entreprise. D’où la question de toutes les DRH suisses liées par un accord de télétravail : que doit l’employeur à domicile ?

Cette page traite l’ergonomie en télétravail du côté de celui qui en répond : ce que l’employeur doit quand le poste est chez le collaborateur, qui paie l’équipement, comment vérifier un poste qu’on ne verra jamais, et ce qu’on fait quand la personne n’a pas de bureau. Les troubles musculo-squelettiques, les TMS, se construisent aussi assis. Le geste, lui, se lit sur l’ergonomie du poste de travail.

L’OLT 3 s’applique-t-elle au poste installé à la maison ?

Oui, dès que la personne y travaille pour l’entreprise. L’ordonnance ne connaît pas la notion de mur : elle parle de postes de travail et d’équipements, et elle dispose que l’employeur est tenu de « donner toutes les directives et de prendre toutes les mesures nécessaires » (OLT 3, art. 2 al. 1, texte officiel sur Fedlex).

Le cas n’est plus marginal. Une entreprise suisse sur trois a des collaborateurs qui travaillent régulièrement à domicile ou en mode hybride, soit 34 %, contre 24 % dans l’Union européenne (SECO, 2025, PDF).

Ce qui change, ce n’est donc pas l’obligation : c’est le moyen de la tenir.

Vous ne pouvez ni mesurer la hauteur d’un plan que vous ne voyez pas, ni imposer un meuble dans un logement privé. Le cadre général se lit sur ce que la LTr exige en ergonomie.

Qui paie l’équipement du poste à domicile ?

Aucune règle unique n’est fixée, et c’est la réponse à la question la plus posée en entretien annuel. Pour protéger la santé des travailleurs, la loi demande « toutes les mesures dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées aux conditions d’exploitation de l’entreprise » (LTr, art. 6, texte officiel sur Fedlex), et laisse le moyen à l’entreprise.

En pratique, trois voies coexistent dans les PME : l’entreprise fournit le matériel et le reprend au départ ; elle verse une participation forfaitaire définie dans l’accord de télétravail ; ou elle prête le matériel du bureau resté inutilisé. Les trois se documentent, et c’est ce document qui compte.

Ce qui ne se négocie pas, en revanche : l’examen du poste. Une entreprise qui n’a jamais demandé à quoi ressemble le poste de ses télétravailleurs n’a pas de moyen de montrer qu’elle a regardé.

Comment vérifier un poste qu’on ne verra jamais ?

En le faisant décrire par la personne qui l’occupe, sur des faits observables, jamais sur des centimètres, parce qu’une photo se met en scène là où une case cochée devant son propre poste, un jeudi de novembre, ne se met en scène qu’à peine.

Le geste a une vertu de plus : il apprend à la personne quoi regarder, et surtout quoi positionner. « Adopter une bonne posture » ne veut rien dire si personne n’a jamais dit laquelle, ni pendant combien de temps. Une série de six points se lit en une minute, et elle se refait deux fois par an, à date fixe, comme on révise un extincteur.

Le poste à domicile : six points que la personne vérifie elle-même

Chaque ligne s’observe en moins d’une minute, devant le poste, sans instrument. Six points, et ce sont ceux qui changent quelque chose : ils couvrent les trois situations que le télétravail produit, le vrai bureau de la chambre d’amis, le coin de table et le logement partagé. Cochez, ou imprimez.

Points tirés des exigences de l’OLT 3, articles 23 et 24.

Ce que cette liste ne contient pas, volontairement : aucune cote chiffrée. Les repères en centimètres qui circulent en ligne viennent de recommandations étrangères ou de catalogues de mobilier, jamais du droit fédéral. Une ligne cochée est vérifiable ; un chiffre recopié ne l’est pas.

Et si la personne n’a pas de bureau chez elle ?

C’est le cas le plus fréquent, et le moins traité. Table de cuisine, coin de salon, appartement partagé : le poste idéal n’existe pas, et faire semblant du contraire ne protège personne. Ce qui se joue alors n’est plus le mobilier, c’est la durée.

Un studio à Lausanne ou un trois-pièces partagé à Fribourg ne se transforment pas en bureau. Et la position assise prolongée n’est pas neutre : en Suisse, 18,2 % des salariés déclarent des maux de dos et aux reins liés au travail (SECO, Enquête suisse sur la santé 2022, 2024, PDF).

Sur un poste qu’on ne peut pas régler, la seule variable qui reste est le temps passé dans la même position. Une journée découpée, un appel pris debout, une partie du travail ramenée au bureau de l’entreprise valent mieux qu’un siège acheté pour un salon de trois mètres.

C’est aussi là que la frontière se pose : le poste à écran installé dans vos locaux, lui, se règle et se classe. Il se traite sur l’ergonomie au bureau et sur écran.

Que change-t-on d’abord, pour un poste à domicile ?

L’organisation avant l’équipement, et l’ordre n’est pas une préférence : c’est celui de la prévention. Un rythme qui impose de changer de position plusieurs fois par jour coûte moins cher qu’un meuble, et il suit la personne si elle déménage.

Ce qui entoure le poste compte aussi, et ne se traite pas ici : la lumière du salon, le bruit de la rue, la chaleur d’un appartement sous les toits. Ces facteurs se mesurent ensemble sur les 4 composantes de l’ambiance physique.

Nicolas Wüst regarde vos postes à domicile avec vos équipes, en français depuis Saillon et en allemand depuis Malleray, et vous dit ce qui relève de l’accord, de l’organisation ou du matériel. La méthode d’ensemble se lit sur l’analyse ergonomique de vos postes.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

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Vos questions sur l’ergonomie en télétravail

L’employeur doit-il payer le mobilier du bureau à domicile ?

Aucun texte fédéral ne l’impose en ces termes. La loi impose de protéger la santé et laisse le moyen à l’entreprise : fourniture, participation forfaitaire ou prêt du matériel du bureau. Ce qui compte est que la règle soit écrite dans l’accord de télétravail.

Peut-on exiger une photo du poste de travail à domicile ?

Une photo d’un logement privé se demande, elle ne s’exige pas. Une liste de points à cocher, remplie par la personne, donne la même information sans entrer chez elle, et elle est plus fiable : une photo se met en scène.

Un accident survenu à domicile pendant les heures de travail est-il un accident professionnel ?

La qualification dépend du lien avec l’activité, et elle appartient à l’assureur. Ce que l’entreprise maîtrise, c’est la trace : horaires convenus, poste décrit, mesures prises.