Responsable des ressources humaines et ergonome-conseil NovaFree observant un poste de travail en atelier

Prévention des TMS en entreprise : par où commencer en Suisse ?

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Des arrêts qui reviennent toujours aux mêmes postes, et personne pour dire lequel des gestes est en cause : voici l’ordre dans lequel travailler.

✓ Analyse de poste avec Suva 66128, RULA ou REBA · ✓ Un conseil qui peut conclure : pas d’exosquelette · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : en Suisse, la prévention des TMS en entreprise commence au poste : la loi impose les principes d’ergonomie (OLT 3, art. 23). Vient ensuite la hiérarchie STOP : supprimer, équiper, organiser, protéger la personne en dernier. NovaFree mène l’analyse au poste réel. L’exosquelette complète, il ne remplace pas.

Près d’un salarié sur cinq déclare des maux de dos et aux reins liés à son travail. En entreprise : trois arrêts sur le même poste en une année, une assurance qui pose des questions, une responsable RH sans méthode sous la main.

Les TMS, ces troubles musculo-squelettiques qui usent muscles, tendons et articulations, s’installent sur des mois ; l’ergonomie au travail, expliquée pose le cadre d’ensemble. Le chiffre exact : 18,2 % des salariés en Suisse déclarent des maux de dos et aux reins liés au travail (SECO, Conditions de travail et santé en Suisse, 2024, tableau 4, p. 33). Cette page donne l’ordre dans lequel travailler.

Qu’appelle-t-on un TMS, et pourquoi votre entreprise est-elle concernée ?

Un TMS est une atteinte des muscles, des tendons, des nerfs ou des articulations, causée ou aggravée par le travail. Lombalgie, tendinite de l’épaule, canal carpien : une même mécanique, lente, cumulative, réversible tant qu’on la prend tôt. Le détail clinique vit sur ce qu’est un TMS, exactement, la physiologie sur comment un TMS s’installe.

La raison est arithmétique : un travailleur sur dix en Suisse déclare au moins un problème de santé lié à son travail, et 57 % de ces problèmes sont des troubles musculo-squelettiques (SECO, rapport sur le lien entre risques psychosociaux et TMS, 2023).

Dès qu’une entreprise a des postes physiques, elle a des TMS. La vraie question : lesquels, et dans quel ordre les traiter.

Que demande la loi suisse à un employeur ?

Quatre textes fédéraux, tous convergents. L’article 328 du Code des obligations oblige l’employeur à protéger la santé de ses collaborateurs.

La loi sur le travail (LTr) reprend l’obligation à son article 6 et en dit la mesure : toutes les mesures dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées aux conditions d’exploitation de l’entreprise. La LAA et l’OPA y ajoutent le volet des accidents et maladies professionnels.

Le texte qui vous concerne directement est l’OLT 3, l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail. Son article 23 tient en deux phrases : « Les postes de travail et les équipements doivent être conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie. L’employeur et les travailleurs veillent à ce qu’ils soient utilisés de manière appropriée. »

L’article 24 détaille l’espace libre, la position naturelle du corps et l’alternance assis-debout.

L’article 25 ouvre la section Charges. Son alinéa 1 porte la même logique que la hiérarchie STOP, sans le sigle : « l’employeur prend les mesures d’organisation appropriées et met à disposition les équipements adéquats, notamment les dispositifs mécaniques, pour éviter que les travailleurs ne doivent déplacer des charges manuellement ». Éviter le port passe avant informer sur le poids, qui ne vient qu’à l’alinéa 4.

Ces trois articles sont la colonne juridique de la prévention des TMS.

S’ajoute la directive CFST 6508, dite MSST, dans son état au 23 octobre 2025 : elle concrétise l’obligation de faire appel à des spécialistes de la sécurité au travail posée par l’art. 11a OPA, pour les entreprises qui présentent des dangers particuliers au sens de son annexe 1, dont les travaux qui contraignent l’appareil locomoteur.

Elle ne crée pas l’obligation : qui s’y conforme est présumé y avoir satisfait, qui fait autrement doit pouvoir le prouver.

Le SECO, le Secrétariat d’État à l’économie, va dans le même sens : en cas de doute, l’employeur fait intervenir des experts (SECO, ergonomie et contraintes physiques). Ne rien faire n’expose pas à une sanction spectaculaire : cela laisse une obligation légale non tenue, qui se lit dans vos dossiers d’absence.

Un mot de géographie. Dans le canton de Vaud comme en Valais ou à Fribourg, à Lausanne, Yverdon, Bulle ou Sion, c’est la même OLT 3 qui s’applique : le droit est fédéral, seuls les inspectorats sont cantonaux. Le détail des textes vit dans normes et obligations légales (LTr, OLT 3).

Qu’est-ce qui déclenche un TMS au poste de travail ?

Quatre familles de contraintes, qui se cumulent. Les postures contraignantes d’abord : 46,7 % des salariés en Suisse déclarent des positions douloureuses ou fatigantes au moins un quart de leur temps de travail. Le port de charges ensuite : 29,0 % des salariés portent ou déplacent des charges lourdes au moins un quart de leur temps de travail (SECO, Conditions de travail et santé en Suisse, 2024, tableau 1).

La répétitivité enfin, la plus répandue : plus de six salariés sur dix font des mouvements répétitifs de la main ou du bras au moins un quart du temps, au même tableau. Dans un pays qui se croit tertiaire.

Reste la quatrième famille, celle qui ne se voit pas : la cadence, le manque de récupération et l’organisation du travail. Un geste anodin répété trois cents fois par jour devient une contrainte ; le même geste, avec rotation, cesse de l’être. Une analyse complète regarde donc l’environnement de travail et le planning. Pour le détail, voir identifier les facteurs de risque de TMS.

Collaborateur en atelier montrant son épaule douloureuse à une ergonome-conseil, au poste de travail
Cinq zones, cinq mécaniques : la douleur dit où regarder, pas quoi acheter.

Où vos équipes ont-elles mal ?

La plainte est presque toujours localisée, et c’est une chance : elle désigne le geste. Le SECO retient cinq zones dans son instrument d’évaluation, et la comparaison zone par zone se lit sur où avez-vous mal ? les TMS par zone.

Ergonome-conseil relevant angles et charges sur un poste de production, grille d'évaluation à la main
Une méthode nommée, des mesures écrites : une évaluation se relit, un avis ne se relit pas.

Comment évaluer un poste, et avec quelle méthode ?

Un seul chiffre décide de tout. En 2024, 46 % des entreprises suisses évaluaient régulièrement les risques : le taux le plus bas d’Europe, contre 77 % dans l’UE-27 (SECO, rapport sur la gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé, 2025, page 19). La Suisse agit beaucoup et diagnostique peu.

Les méthodes existent, publiques et d’accès libre. La liste de contrôle Suva 66128 apprécie les contraintes physiques d’un poste.

RULA et REBA cotent les postures segment par segment, l’équation NIOSH calcule une charge de levage admissible, OWAS échantillonne les postures dans la durée et le questionnaire nordique recueille le ressenti des personnes. Le SECO publie son instrument d’évaluation des risques biomécaniques, dix aspects du poste et cinq zones du corps, doublé de l’application Ergo-Test.

Aucune n’est bonne partout. Une méthode se choisit sur le geste dominant du poste : quelle méthode pour analyser un poste fait le tri. Pour confier le relevé, l’audit ergonomique en entreprise décrit le déroulé.

Poste de manutention réaménagé avec une table élévatrice, avant tout équipement individuel des collaborateurs
La table élévatrice avant le harnais : l’ordre des mesures est déjà écrit.

Dans quel ordre agir ? La hiérarchie STOP

STOP est l’ordre de priorité des mesures de sécurité au travail : S comme substitution, T comme technique, O comme organisation, P comme protection personnelle. On ne saute pas de marche : plus on descend, plus la protection dépend du comportement de la personne plutôt que de la conception du poste. Le principe est détaillé sur la hiérarchie STOP, expliquée.

Les quatre niveaux s’examinent dans cet ordre. Substituer, c’est faire disparaître la contrainte : supprimer un transfert manuel (supprimer le risque à la source). Le niveau technique agit ensuite sur le poste et sur les équipements : table élévatrice, convoyeur, hauteur réglable (équiper les postes : les mesures techniques).

Vient le niveau organisationnel, qui agit sur le temps et sur la rotation : rotation des tâches, pauses courtes (organiser le travail pour prévenir les TMS). Le niveau personnel équipe ou forme la personne, et il vient en dernier : formation aux gestes, protection individuelle, exosquelette (EPI et exosquelettes : les mesures personnelles).

Nous tranchons ici : commencez par l’analyse de poste, pas par le catalogue. Nicolas Wüst le formule ainsi sur le plateau d’Entrepreneur·e·s : « je ne parle jamais immédiatement d’exosquelettes » (La Télé, Entrepreneur·e·s, 18 décembre 2024).

Il arrive qu’une entreprise appelle pour un exosquelette et reparte avec un projet d’automatisation que nous jugeons plus pertinent. Le niveau technique du STOP relève de l’aménagement ergonomique du poste de travail.

Où en êtes-vous ? Cochez ce qui est déjà vrai chez vous.

Reprenez par le premier niveau resté vide.

Quelles solutions d'aide physique existent, et laquelle pour votre poste ?

Trois familles, et elles ne sont pas au même étage du STOP. Les aides mécanisées déplacent la charge à votre place : potence, manipulateur, convoyeur. Pour la main, les aides à la préhension réduisent l'effort : ventouses, pinces, outils suspendus. Ces deux familles relèvent du T, le niveau technique.

Les dispositifs portés, exosquelettes compris, accompagnent le geste sans le faire : ils relèvent du P, le dernier. Le comparatif vit sur comparer les solutions d'aide physique.

Sur les exosquelettes, la position suisse officielle est nette : « Avant de recourir à cette solution, il est recommandé de privilégier d'autres mesures visant à améliorer les conditions de travail. » (SECO, Les exosquelettes et la prévention des atteintes à la santé au travail, 2025).

Un exosquelette est une mesure personnelle, le P de STOP : il complète l'aménagement du poste, il ne s'y substitue pas.

Ce n'est pas un équipement de protection individuelle : le SECO ne les compte pas parmi les EPI, leur potentiel de protection n'étant pas suffisamment démontré. Nous le disons aux directions avant de le dire aux équipes : une solution d'aide, pas une solution miracle. Le sujet a son guide, exosquelette professionnel : le guide.

Trois postes de travail de secteurs différents vus côte à côte, chacun avec sa contrainte physique dominante
Le même dos, trois métiers : la contrainte dominante change, la méthode reste.

Et quand le TMS est déjà là ?

La prévention ne referme pas les dossiers ouverts. Quand une personne souffre déjà, deux chantiers avancent ensemble : le poste se corrige, et la personne se soigne. Les étapes du retour sont sur récupérer d'un TMS : les bonnes étapes.

Notre frontière, nous la posons avant qu'on nous la demande. NovaFree fait de l'ergonomie-conseil, pas de l'ergothérapie : nous travaillons sur le poste, jamais sur le soin individuel. Quand une situation relève du soin, nous l'orientons vers Holentis, à Lausanne. Les autres appuis, l'office AI du canton de Vaud et le Groupe Mutuel, vivent sur nos partenaires institutionnels.

Comment démarre une démarche de prévention des TMS ?

Par un poste, pas par un plan quinquennal. Prenez celui qui a produit le plus d'arrêts l'an dernier : il est presque toujours représentatif de trois ou quatre autres.

  1. On regarde le poste. Gestes, charges, hauteurs, cadences, ressentis. Une méthode nommée, des mesures écrites, un compte rendu qui se relit.
  2. On classe les mesures dans l'ordre STOP. Ce qui se supprime, ce qui s'équipe, ce qui s'organise, et seulement ensuite ce qui se porte.
  3. On essaie avant d'investir. Si une aide portée reste pertinente, l'essai se fait au poste, avec un physiothérapeute, pendant un mois. La décision vous appartient.

Le déroulé complet est sur comment se déroule une démarche ergonomique. Vous repartez avec une liste de mesures classées et une priorité assumée. Et si l'analyse conclut qu'aucun équipement n'est nécessaire, nous vous le dirons aussi.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu'une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C'est ma conviction depuis mes années d'industrie, et c'est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C'est ma conviction, et elle guide chaque poste que j'analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur la prévention des TMS

Quelles sont les obligations légales d'un employeur suisse en matière de TMS ?

Concevoir des postes ergonomiques, et pouvoir le montrer. L'article 328 du Code des obligations pose l'obligation de protéger la santé. La loi sur le travail, à son article 6, demande toutes les mesures dont l'expérience a démontré la nécessité, que l'état de la technique permet d'appliquer et qui sont adaptées aux conditions d'exploitation de l'entreprise. L'OLT 3, à ses articles 23, 24 et 25, exige des postes conçus selon les principes de l'ergonomie et, avant toute information sur le poids des charges, des équipements qui évitent le port manuel. La directive CFST 6508 y ajoute la détermination des dangers particuliers ; l'entreprise qui s'y conforme est présumée avoir satisfait à son obligation d'appel à des spécialistes. En cas de doute, le SECO demande à l'employeur de faire intervenir des experts.

Une formation gestes et postures suffit-elle à prévenir les TMS ?

Non, et l'ordre des mesures explique pourquoi. Une formation agit sur la personne, donc au niveau P de la hiérarchie STOP, le dernier. Si le poste impose une flexion à hauteur de cheville trois cents fois par jour, aucune technique gestuelle ne l'annulera. La formation garde sa place, mais après la substitution, les mesures techniques et l'organisation. Placée en premier, elle fait porter au collaborateur la charge d'un problème de conception.

Par quoi commencer quand on n'a jamais évalué les postes ?

Par un seul poste, celui qui a produit le plus d'absences. On y relève gestes, charges, hauteurs et cadences avec une méthode nommée, puis on classe les mesures dans l'ordre STOP. Ce premier poste sert de patron pour les suivants : les contraintes se répètent bien plus qu'on ne le croit. Le délai du compte rendu se fixe à la visite, selon le nombre de postes relevés.

Qui peut évaluer les risques corporels dans une entreprise suisse ?

Un spécialiste de la sécurité au travail ou un ergonome, selon la difficulté. L'obligation de faire appel à des spécialistes vient de l'OPA, à son article 11a ; la directive CFST 6508 l'encadre, et l'entreprise qui s'y conforme est présumée y avoir satisfait. Pour les contraintes physiques, le SECO renvoie à la société suisse pour l'ergonomie, SwissErgo. NovaFree travaille en binôme avec un physiothérapeute : le ressenti des personnes se recueille aussi sérieusement qu'un angle se mesure.

Un exosquelette peut-il régler un problème de TMS ?

Il peut aider, il ne règle rien seul. C'est une mesure personnelle, le P de la hiérarchie STOP, et le SECO recommande de privilégier d'abord les autres mesures d'amélioration des conditions de travail. Un exosquelette complète l'aménagement du poste, il ne s'y substitue pas, et son apport dépend du geste réel comme du réglage sur la personne. Le sujet est traité dans notre guide de l'exosquelette professionnel.