Analyse d'un environnement de travail physique dans un atelier suisse, avec un conseiller en ergonomie

Ergonomie au travail en Suisse : par où commencer quand le corps encaisse

Nos interventions racontées par RTS · Canal 9 · La Télé · Les Echos

La même personne dans le même environnement de travail, année après année. L’ergonome commence par comparer le travail réel au travail prescrit, pas par acheter un dispositif ergonomique.

✓ Un conseil qui peut conclure : aucun équipement · ✓ Toutes marques, aucune exclusivité fournisseur · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

Des entreprises suisses accompagnées par NovaFree

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En bref : l’ergonomie au travail part de votre réalité : le poste, l’outil et l’organisation s’adaptent à la personne. Vous commencez par le travail réel. Les mesures suivent l’ordre STOP ; l’équipement vient en dernier. NovaFree vous aide à décider quoi changer et dans quel ordre. Un objet seul n’est jamais ergonomique.

Sur une ligne de conditionnement, le même bras se lève vers la même étagère, des centaines de fois par jour, depuis deux ans. Les épaules finissent par le dire : absences qui reviennent, postes qu’on se repasse, collaborateurs qui « font avec ».

Et quand vous cherchez de l’aide, on vous parle de réglage de siège, alors que vos équipes portent, tirent et se penchent. L’ergonomie au travail est plus large que le bureau, et elle vise d’abord les troubles musculo-squelettiques, les TMS. Elle suit un ordre. Le voici, pour les entreprises suisses ; l’accueil de NovaFree situe nos quatre services.

Qu’est-ce que l’ergonomie au travail ?

Le travail s’adapte à l’humain, et non l’inverse. L’ergonomie étudie le poste, l’outil, la tâche et l’organisation pour qu’un corps les tienne toute une carrière. Le mot naît en 1857, chez le naturaliste polonais Wojciech Jastrzębowski : les fondements de la discipline racontent la suite.

Elle couvre trois domaines : le physique (postures, efforts, gestes répétés), le cognitif (charge mentale, attention, erreur) et l’organisationnel (horaires, cadences, coopération). Un même mal d’épaule vient parfois des trois à la fois.

D’où une conséquence qui dérange : un objet n’est pas « ergonomique » en soi. C’est l’ajustement entre le travail et la personne, dans une tâche donnée, qui l’est, jamais le produit seul. Les termes du métier sont réunis dans le glossaire des termes d’ergonomie.

Pourquoi l’ergonomie compte-t-elle d’abord là où le corps travaille ?

Parce que c’est dans les ateliers et sur les chantiers que le corps travaille. « En Suisse, environ 30 % de la population active déplacent chaque jour des charges lourdes », rappelle la Suva. Ces gestes-là ne s’améliorent pas avec un meilleur fauteuil ; comprendre et prévenir les TMS traite leurs conséquences.

Cela porte un nom : les TMS, troubles musculo-squelettiques, ces atteintes des muscles, tendons et articulations que le travail cause ou aggrave. Une personne sur quatre est gênée par le mal de dos dans son activité professionnelle, sur 1 041 personnes interrogées (Ligue suisse contre le rhumatisme, Rapport sur le dos 2020, PDF).

Et parmi les 12 % d’actifs déclarant des problèmes de santé causés par leur travail, 58 % des plaintes sont musculo-squelettiques (OFS 2020, cité par la Gazette de l’État de Vaud, mars 2024). Vos absences se concentrent là où le corps encaisse.

La contrainte fait la lésion, la lésion fait le coût. Agir sur la contrainte évite d’en payer les conséquences ; attendre la lésion, c’est agir trop tard.

Deux environnements de travail côte à côte : un poste de bureau sur écran et un poste d'atelier avec manutention de charges
Mêmes principes, mesures différentes : ce qui se règle à l’assise ne se règle pas à la palette.

Bureau ou atelier : parle-t-on de la même ergonomie ?

Oui et non : les contraintes changent selon le poste. La discipline reste la même. Les conseils courants d’ergonomie au travail parlent de siège, d’accoudoirs, d’écran, de clavier : des conseils justes, adressés à un corps assis, que l’ergonomie au poste de travail développe poste par poste.

Quand la contrainte devient une charge, une cadence ou une posture tenue, la question change de nature. On ne règle pas une palette comme une assise : on compte combien de fois le geste revient, à quelle hauteur il commence, et quel rythme la machine impose.

Beaucoup d’entreprises ont les deux mondes sous le même toit : un atelier d’Yverdon, un bureau des méthodes à l’étage, une cave d’affinage à Bulle. Le principe ne bouge pas, la mesure change : l’ergonomie au bureau et sur écran, l’ergonomie en atelier et en production.

Dans quel ordre agir en ergonomie avec la hiérarchie STOP ?

Dans un ordre qui porte un nom : la hiérarchie STOP, pour substitution, technique, organisation, protection personnelle. C’est le cadre de décision de la sécurité au travail : on épuise un niveau avant le suivant. La hiérarchie STOP, expliquée, en donne le détail.

  1. S comme substitution. Supprimer la tâche ou la remplacer : le levage qu’on ne fait plus ne fait plus mal.
  2. T comme technique. Agir sur le poste : hauteur de prise, table élévatrice, convoyeur, éclairage.
  3. O comme organisation. Agir sur le travail : rotation, cadence, pauses, taille des lots, formation au geste.
  4. P comme protection personnelle. Ce qui se porte sur le corps vient en dernier, les trois autres niveaux épuisés.

L’exosquelette se situe à ce niveau P, celui qui n’arrive qu’après les trois autres : il complète sans remplacer le poste et l’organisation. Les exosquelettes au travail traitent le sujet en entier.

Ralph Perroud, directeur de Fromage Gruyère SA, résumait son point de départ dans Agri Hebdo (14 avril 2023, p. 16) : « Nous avons la volonté de prendre soin du personnel avant tout. » C’est de là qu’une démarche part, et c’est ce que nous répondons à qui nous appelle pour un catalogue : le poste d’abord, l’équipement ensuite, et parfois jamais.

Trois textes tiennent le sujet. L’art. 328 CO oblige l’employeur à protéger la santé de ses collaborateurs.

La LTr (art. 6) impose toutes les mesures que l’expérience a montrées nécessaires et que l’état de la technique permet d’appliquer ; l’ordonnance 3 (OLT 3, art. 23 à 25) exige des postes conçus « conformément aux principes de l’ergonomie », une position naturelle du corps, l’information sur le poids des charges. La LAA ajoute la prévention des maladies professionnelles. Vos obligations d’employeur en ergonomie reprennent chaque texte.

S’y ajoute la directive CFST 6508, dite MSST pour « appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail » (Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, la CFST) : elle impose d’identifier systématiquement les dangers, contraintes corporelles comprises.

Un point est rarement lu : quand les défauts d’ergonomie ne se corrigent pas facilement, le commentaire officiel de l’OLT 3 demande de « faire appel à une personne formée en ergonomie » (SECO, commentaire de l’art. 23 OLT 3, PDF). L’expertise externe est la suite prévue par le texte, pas un supplément d’âme.

Conseiller en ergonomie et physiothérapeute observant le geste réel d'une collaboratrice dans son environnement de travail
Le geste réel se regarde à l’heure où il est difficile, pas sur une fiche de poste.

Comment se déroule une démarche ergonomique ?

Toujours dans le même ordre. D’abord, on compare le travail réel au travail prescrit, aux heures où il est difficile : gestes, charges, hauteurs, cadences, et les arrangements que les équipes ont déjà inventés pour tenir. Le guide Comment se déroule une démarche ergonomique détaille les étapes.

Ensuite, on classe les mesures dans l’ordre STOP, avec le coût et les conditions de chacune. Pour objectiver la part biomécanique, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) met à disposition l’application Ergo-Test ; l’audit ergonomique, première étape, en décrit les livrables.

Le rapport classe ensuite les mesures : une mesure technique, une mesure d’organisation, et seulement si le résidu de contrainte le justifie, un dispositif porté.
Nicolas Wüst se déplace partout dans le pays pour évaluer votre environnement de travail : demander une analyse de poste est le point de départ.

Qui consulter : ergonome, ergothérapeute ou physiothérapeute ?

Trois métiers : trois rôles, et les confondre coûte des mois. L’ergonome agit sur le système de travail, l’ergothérapeute sur la personne et sur prescription médicale, le physiothérapeute sur le corps qu’il traite et rééduque. Ergonome, ergothérapeute, physiothérapeute : qui fait quoi pose la carte complète, médecin du travail compris.

MétierAgit surQuand l’appeler
Ergonome (conseil)le poste, l’outil, l’organisationles mêmes douleurs reviennent au même poste
Ergothérapeutela personne, sa capacité d’agir, ses moyens auxiliairesune situation individuelle, sur prescription médicale (LAMal)
Physiothérapeutele corps : traitement, rééducation, gesteune douleur installée ; l’accompagnement du geste

NovaFree fait de l’ergonomie-conseil, pas de l’ergothérapie, et c’est volontaire : le soin individuel appartient à nos partenaires de santé. Quand la situation dépasse le poste et devient celle d’une personne, elle s’oriente vers Holentis, à Lausanne et dans son réseau ; nos partenaires institutionnels disent qui fait quoi.

Qu’est-ce qu’une démarche ergonomique rapporte à l’entreprise ?

Aucune promesse de retour sur investissement ici, et méfiez-vous de qui vous en donne une : notre engagement porte sur les moyens. Ce qui se mesure, c’est un écart : le pays agit beaucoup et diagnostique peu.

Selon l’enquête ESENER-4 reprise par le SECO, 9 entreprises sur 10 ont pris au moins une mesure contre les TMS ces trois dernières années ; mais seules 46 % procèdent régulièrement à une évaluation des risques, contre 77 % dans l’UE-27 (SECO, Rapport sur la gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé, 2025, PDF).

Ne pas diagnostiquer se paie à l’usage : des mesures posées au mauvais endroit, du matériel qui finit au vestiaire, une équipe qui cesse de signaler. Une démarche ergonomique ne promet pas un chiffre : elle évite de dépenser à côté. Ce qui se chiffre et ce qui ne se chiffre pas se lit sur le retour sur une démarche ergonomique.

Par où continuer, selon ce qui vous préoccupe ?

Quatre entrées, et une seule décrit votre semaine : une douleur qui revient, un poste qui coince, une démarche à lancer ou une obligation à tenir. Prenez celle-là.

Les douleurs reviennent

Mécanismes, zones du corps, facteurs de risque : la prévention des TMS de A à Z.

Un poste précis pose problème

Bureau, atelier, cabine, télétravail : adapter le poste à l’humain.

Vous voulez vous lancer dans une démarche

Cadrage, analyse, mesures, terrain : engager une démarche ergonomique.

Vous devez être en règle

LTr, OLT 3, MSST, contrôles : normes et obligations légales (LTr, OLT 3).

Et si vous préférez partir de notre travail, nos services d’ergonomie tiennent en une page.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Obligations, équipement, ergonome : que nous demande-t-on ?

L’employeur est-il obligé de fournir une chaise ou un bureau ergonomique ?

Non : la loi impose des principes, pas un catalogue. L’OLT 3 exige des postes conçus « conformément aux principes de l’ergonomie », sans nommer d’équipement. Un siège réglable peut être la bonne réponse ; une table élévatrice ou une rotation de tâches aussi. En cas de doute, le commentaire officiel demande une personne formée en ergonomie.

Un objet peut-il être « ergonomique » en soi ?

Non : l’ergonomie qualifie un ajustement, jamais un produit seul. Le siège qui convient à une comptable assise sept heures dessert un magasinier debout ; une poignée dite ergonomique ne change rien si la charge se prend au sol. Le mot n’a de sens que rapporté à la tâche, au poste et à la personne.

L’ergonomie remplace-t-elle la physiothérapie ou l’ergothérapie ?

Non : cette frontière est volontaire. « L’ergonomie ne se substitue pas aux thérapies », rappelle Baptiste Antoine, ergonome à Unisanté, dans la Gazette de l’État de Vaud (mars 2024). NovaFree agit sur le système de travail ; le soin individuel appartient à nos partenaires de santé, physiothérapeutes et Holentis.

Faut-il faire appel à un ergonome certifié ?

Aucun titre n’est légalement exigé : l’ergonome n’est pas une profession de la santé réglementée, contrairement à l’ergothérapeute. La référence professionnelle existe néanmoins, et le SECO y renvoie : SwissErgo, la faîtière de l’ergonomie, membre du Centre for Registration of European Ergonomists (CREE). Le critère vérifiable reste le même : qui vient au poste, combien de temps, et ce qui vous est remis.

Par où commencer quand l’entreprise n’a jamais mené de démarche ergonomique ?

Commencez par un poste observé pendant le travail ; jamais par un catalogue. Prenez celui qui revient le plus dans les absences, regardez-le une demi-journée aux heures difficiles, et notez les arrangements que les équipes ont déjà trouvés seules. La première mesure sortira souvent des niveaux S ou T de la hiérarchie STOP.