
Ergonomie du poste de travail en Suisse : toutes les situations ne se règlent pas avec une chaise
Sur le terrain avec RTS · Canal 9 · La Télé
L’environnement qui use le plus vos équipes n’a peut-être ni écran ni fauteuil : il s’analyse pourtant de la même manière.
✓ Les mesures relevées sur le terrain, remises par écrit · ✓ Un physiothérapeute en situation, réglage à la personne · ✓ Trente minutes d’échange avant toute proposition
En bref : cherchez « ergonomie du poste de travail » et l’on vous répond siège, écran, clavier. Un environnement de travail se juge pourtant sur la tâche qui s’y fait, avant son mobilier. NovaFree observe le vôtre en activité, en Suisse, bureau compris. Aucun poste n’est ergonomique en soi.
Trois demandes d’aménagement en six mois : un siège pour le bureau des commandes, un tapis pour le quai, un chariot pour la chambre froide. Laquelle traiter en premier ? Laquelle prépare un trouble musculo-squelettique, un TMS ? Aucun formulaire ne le dit.
Et la crainte, la vraie : équiper celle qui a su demander, oublier celle qui n’a rien dit. Une situation de travail est une tâche, un lieu et une personne qui se rencontrent : c’est cette rencontre qui se regarde. Cette page nomme les contraintes qui s’y jouent et renvoie chaque famille de situations à son guide ; par où commencer en ergonomie pose la discipline un cran au-dessus.
Sur cette page :
- Qu’est-ce qu’un poste de travail ergonomique ?
- Quelles contraintes se jouent réellement sur le terrain ?
- Un poste de bureau et un poste d’atelier posent-ils les mêmes questions ?
- Et les postes qui ne tiennent pas en place ?
- Le poste installé à la maison entre-t-il dans le champ de l’ergonomie ?
- Comment savoir si un poste pose problème, en Suisse ?
- Que doit l’employeur pour un poste, exactement ?
- Faut-il équiper le poste, ou le repenser ?
- À quelle famille votre poste appartient-il ? Cinq environnements, cinq guides
Qu’est-ce qu’un poste de travail ergonomique ?
Une situation de travail est un périmètre de tâche avant d’être un emplacement : le geste, l’outil, l’espace, la hauteur, le rythme. Deux personnes au même emplacement n’occupent pas forcément la même situation : elles n’y font pas la même chose. Le glossaire des termes d’ergonomie réunit les définitions.
L’OLT 3, article 23 (ordonnance 3 relative à la loi sur le travail) exige : « Les postes de travail et les équipements doivent être conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie » (OLT 3, art. 23, texte officiel sur Fedlex).
Le texte parle de conception, jamais de produit. Un objet vendu comme ergonomique ne rend pas un poste ergonomique : un siège réglable devant un plan trop haut déplace la contrainte vers les épaules.




Quatre vues à balayer : les flèches, les points, le doigt, ou les touches du clavier après avoir sélectionné la bande.
Quelles contraintes se jouent réellement sur le terrain ?
Trois familles, dans la lecture que la Suva fait de la directive 6508 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST), dite MSST :
Les contraintes corporelles et l'environnement de travail, l'hygiène sur place, les facteurs psychiques. Nous scindons la première famille en deux, le corps et l'ambiance, parce qu'ils ne se mesurent pas de la même façon (Suva, directive MSST et protection de la santé) : d'où les quatre familles ci-dessous. L'ambiance se détaille à son tour dans les 4 composantes de l'ambiance physique.
- Le corps. Charges soulevées, postures tenues, gestes qui reviennent.
- L'ambiance. Lumière, bruit, climat, qualité de l'air.
- L'hygiène sur place. Produits, poussières, propreté des surfaces et des équipements.
- Le psychique. Cadence imposée, interruptions, marge de manœuvre réduite.

La première est la plus répandue : en Suisse, environ 30 % de la population active déplacent chaque jour des charges lourdes, soit trois personnes sur dix (Suva, contraintes corporelles et ergonomie).
Ces contraintes se répartissent mal sur deux corps différents. L'instrument officiel du SECO le reconnaît : il examine dix aspects du poste et cinq zones du corps (SECO, instrument d'évaluation des risques biomécaniques). Même établi, deux personnes, deux niveaux de contrainte. D'où les méthodes d'analyse de poste (RULA, REBA, APT…).
Un poste de bureau et un poste d'atelier posent-ils les mêmes questions ?
Oui pour les questions, non pour les réponses. Devant un écran, la durée et l'immobilité commandent. En atelier, ce sont le poids, la hauteur de prise et la cadence, et la réponse tient rarement dans un réglage. Aménager un poste de bureau et améliorer un poste industriel traitent chacun leur monde.
Les conseils courants (siège, écran, clavier, lumière, pauses) servent une partie de vos équipes. L'autre attend son tour.
Et les postes qui ne tiennent pas en place ?
Certains postes se déplacent avec la tâche. Une cabine d'engin, un véhicule de livraison, un chantier, une chambre froide : le lieu bouge, l'outil bouge, la contrainte suit. L'ergonomie des postes de terrain rassemble ces situations.
Aux Transports publics lausannois, le poste, c'est le véhicule. À l'atelier pneus, une roue complète pèse 70 kg : « la déplacer, la manœuvrer, c'est une pénibilité supplémentaire », expliquaient les Transports publics lausannois au Blick, le 19 décembre 2023. Aucune hauteur d'assise ne répond à cela : on regarde la prise, la hauteur, la fréquence.
Une situation qu'on ne décrit nulle part ne se compare à rien, et elle passe son tour à chaque budget.

Le poste installé à la maison entre-t-il dans le champ de l'ergonomie ?
Oui, dès qu'on y travaille pour l'entreprise. Le télétravail régulier ou hybride existe dans 34 % des entreprises suisses, contre 24 % dans l'UE-27 (SECO, Rapport sur la gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé, 2025, PDF). Une entreprise sur trois a donc des postes qu'elle ne voit jamais : bien s'installer en télétravail traite ce cas.
Le lieu change, l'obligation de protéger la santé ne change pas. Le moyen de la tenir, si : l'entreprise s'appuie sur la description du collaborateur et sur le matériel qu'elle fournit.
Comment savoir si un poste pose problème, en Suisse ?
En regardant le travail pendant qu'il se fait, avec des instruments qui existent déjà. Le SECO, le Secrétariat d'État à l'économie, publie l'application Ergo-Test (SECO, application Ergo-Test) ; la Suva, la liste de contrôle 66128 des contraintes physiques au poste (Suva, liste de contrôle 66128). Aucune n'exige d'être ergonome. L'analyse ergonomique de vos postes va plus loin.
La grille ne dit pourtant pas tout : les arrangements qu'une équipe a inventés seule disent souvent plus des contraintes du terrain qu'une grille remplie. Les étapes d'une intervention ergonomique viennent après.
Que doit l'employeur pour un poste, exactement ?
Deux articles décrivent un poste. Ce sont ceux qu'on cite le moins. L'article 24 de l'OLT 3 demande un espace libre suffisant, une position naturelle du corps, des sièges confortables et adaptés, et des postes aménagés pour permettre, si possible, de travailler assis ou alternativement assis et debout.
L'article 25 commence plus haut : à son alinéa 1, « l'employeur prend les mesures d'organisation appropriées et met à disposition les équipements adéquats, notamment les dispositifs mécaniques, pour éviter que les travailleurs ne doivent déplacer des charges manuellement ». Informer sur le poids des charges ne vient qu'ensuite.
Éviter le port passe donc avant bien porter, et c'est écrit dans l'ordonnance.
Le commentaire du SECO de l'art. 23 OLT 3 (édition janvier 2019) prévoit la suite quand le doute persiste : faire appel à une personne formée en ergonomie. Le droit du travail et l'ergonomie déroule le cadre complet.
Faut-il équiper le poste, ou le repenser ?
On repense d'abord, on équipe ensuite. La prévention suit un ordre qui porte un nom, la hiérarchie STOP (substitution, technique, organisation, protection personnelle) : un niveau s'épuise avant le suivant. À un poste : la tâche peut-elle disparaître ? La hauteur de prise changer ? La cadence se répartir ? Prévenir les TMS en entreprise, ces troubles des muscles et des tendons, déroule la méthode.
L'équipement porté vient au niveau P, une fois les trois autres examinés. Il complète l'aménagement du poste, il ne s'y substitue pas. Tout comprendre sur les exosquelettes traite le sujet en entier.
Un équipement acheté avant l'analyse finit au vestiaire, et le poste n'a pas bougé.
À quelle famille votre poste appartient-il ? Cinq environnements, cinq guides
La contrainte ne naît pas au même endroit selon le décor : l'écran use par l'immobilité, la ligne par la charge et la cadence, la cabine par les vibrations. Prenez le décor qui ressemble au vôtre.
Devant un écran
Durée, immobilité, lumière de tâche : poste tertiaire (bureau, écran).
En atelier, sur une ligne
Charges, hauteurs de prise, cadence : poste industriel et manufacturier.
À la maison
Le poste que l'entreprise ne voit pas : télétravail et travail hybride.
En cabine, en véhicule, dehors
Le poste qui change de décor : postes atypiques (terrain, véhicule).
Autour du poste
Lumière, bruit, climat, air : l'ambiance physique au travail.
Vous hésitez ? Demander à être rappelé commence par un échange de trente minutes avec Nicolas Wüst, sans engagement.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu'une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C'est ma conviction depuis mes années d'industrie, et c'est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C'est ma conviction, et elle guide chaque poste que j'analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Parlons de vos postes de travail
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur l'environnement de travail
Un poste debout est-il meilleur qu'un poste assis ?
Aucun des deux n'est meilleur en soi : l'article 24 de l'OLT 3 demande des postes aménagés pour permettre, si possible, de travailler assis ou alternativement assis et debout, et des sièges pour les personnes qui doivent travailler debout. Debout toute la journée charge les jambes ; assis immobilise le reste.
Deux personnes au même poste ont-elles les mêmes contraintes ?
Non, et l'instrument officiel le montre dans sa structure. L'évaluation des risques biomécaniques du SECO examine dix aspects du poste et cinq zones du corps : la taille, l'allonge et la manière de s'y prendre déplacent le résultat.
Un exosquelette rattrape-t-il un poste mal conçu ?
Non. Un exosquelette se situe au niveau P de la hiérarchie STOP, la protection portée sur le corps : il arrive quand la substitution, la technique et l'organisation ont été épuisées. Sur un poste mal conçu, il déplace la contrainte au lieu de la réduire.
Faut-il analyser tous les postes, ou seulement ceux qui font mal ?
On commence par ceux qui se signalent, puis par ceux que personne n'a jamais regardés. Les plaintes donnent la première liste, incomplète : les postes tenus par une seule personne n'y figurent jamais.