Sapeur-pompier en tenue de feu et appareil respiratoire, à l'arrêt pendant un exercice

TMS dans la sécurité, la défense et le secours : ce que la durée sous charge fait au corps, en Suisse

Un relevé fait sur le terrain d’entraînement, et non en salle de rapport

Une intervention dure une heure, parfois six. La charge, elle, ne se pose jamais avant la fin.

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En bref : les TMS de la sécurité, de la défense et du secours ne viennent pas d’un geste isolé. On traite d’abord la durée sous charge, ensuite le matériel, et l’équipement porté en dernier. NovaFree relève pendant l’exercice, en tenue, du départ au rangement, et non en salle de rapport.

Une tenue de feu complète avec appareil respiratoire, un ceinturon d’intervention, un gilet porté huit heures : la charge ne se pose pas avant la fin.

Aucune source suisse ne relie les troubles musculo-squelettiques, les TMS, aux contraintes de ces métiers. Vous lirez ici quels gestes usent, ce que le droit exige du matériel manipulé, et ce qui se prépare à froid. La démarche d’ensemble se lit sur la prévention des TMS en entreprise.

Deux secouristes descendant un brancard dans un escalier étroit d'immeuble ancien
Dans un escalier ancien, la prise est imposée par la cage. Le corps s’ajuste, et il paie la différence.

Quels TMS dans ce métier : intervention feu, secours à personne, ronde de sécurité ou protection civile ?

Quatre missions, une contrainte commune : la durée. Ailleurs, on porte et on pose ; ici, on porte jusqu’à la fin.

L’intervention feu se fait sous une charge portée en permanence. Tenue complète, appareil respiratoire dans le dos, gants qui épaississent la prise, et une chaleur qui fatigue avant le geste. Ce qui se plaint : les épaules, la nuque, le bas du dos.

Au secours à personne, la prise est imposée. Brancardage en escalier ancien, relevé au sol dans une salle de bain, portage en dévers : aucune hauteur ne se choisit, et le binôme travaille rarement à la même hauteur.

La ronde de sécurité, c’est le port statique. Ceinturon, gilet, radio, lampe : quelques kilos répartis autour du bassin, portés debout pendant huit heures, souvent la nuit. Le poids est faible, la durée fait tout.

La protection civile ajoute la manutention lourde. Dévidoirs, échelles, barrières, sacs de sable : des charges franchement lourdes, manipulées par des personnes qui ne le font pas tous les jours et sans échauffement.

Les situations décrites viennent de relevés en exercice.

Que dit le droit suisse sur le matériel que vos équipes manipulent ?

Il ne dit rien de l’équipement porté, et il dit beaucoup du matériel. C’est une distinction utile : le matériel est ce qui se change le plus vite dans un service, et souvent le seul poste sur lequel un chef de section décide sans passer par une commission.

Le matériel que vos équipes manipulent

Ordonnance sur la prévention des accidents, article 24, alinéa 1

Des équipements de travail ne peuvent être employés dans les entreprises […] que dans la mesure où ils ne mettent pas en danger, s’ils sont utilisés avec soin et conformément à leur destination, la sécurité et la santé des travailleurs.

Ordonnance sur la prévention des accidents, art. 24 al. 1
Ce qu’il oblige
Choisir, entretenir et remplacer le matériel en fonction de ce qu’il exige du corps, et pas seulement de ce qu’il coûte. Un dévidoir dur, une échelle mal équilibrée, un brancard dont la roue accroche entrent dans cette phrase.
Ce qu’il n’oblige pas
Il ne nomme aucun équipement porté et n’impose aucun modèle. Aucun texte fédéral ne nomme l’exosquelette, et cet article ne s’y applique pas davantage qu’à un autre.
Qui contrôle
La Suva pour les entreprises qui relèvent de sa compétence, et l’inspection cantonale du travail pour les autres. Le périmètre exact d’un corps public se vérifie auprès de son autorité de surveillance.

La conséquence pratique de l’article 24, alinéa 1, de l’OPA est directe. Un dévidoir dont le frein durcit, une échelle dont l’équilibrage a changé, un brancard dont une roue accroche : ce sont des équipements de travail, et leur état se vérifie au même titre que leur fonctionnement.

L’article 3 de l’OPA demande par ailleurs que l’employeur contrôle à intervalles appropriés ses mesures et installations de protection. Un frein qui durcit se voit à ce rythme-là.

S’y ajoute l’obligation d’organisation : selon l’effectif et les dangers présents, l’entreprise doit pouvoir justifier son organisation de la sécurité et le recours à des spécialistes (directive CFST 6508). Les obligations générales se lisent sur les obligations MSST de l’employeur.

Quelles solutions dans cet environnement de travail ?

Dans l’ordre de la hiérarchie STOP des mesures, avec une particularité : l’urgence ne se prépare qu’à froid.

La durée sous charge se traite par la relève. Une règle écrite qui dit au bout de combien de temps on relève un porteur d’appareil respiratoire, et un binôme prévu pour cela, valent mieux qu’une consigne de bonne volonté prise dans l’action.

La règle est aussi écrite. L’article 2 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, demande d’éviter les efforts excessifs ou trop répétitifs. Une charge portée du départ au rangement, sans relève écrite ni binôme prévu pour la prendre, use d’abord par la durée, et c’est cette durée-là qu’une règle borne.

Le matériel se choisit sur ce qu’il demande au corps. Un brancard dont la hauteur se règle, un dévidoir entretenu, une échelle plus légère à portance égale : ces choix se font au marché public, longtemps avant l’intervention. L’article 25 de l’OLT 3 demande de mettre à disposition les équipements adéquats, notamment les dispositifs mécaniques, pour éviter le déplacement manuel de charges. Le matériel se décide là.

L’entraînement compte, mais pas comme on le croit. Une formation aux gestes ne tient pas dans un escalier de 1890 à trois heures du matin. Ce qui tient, c’est un matériel adapté et une règle de relève, parce que ni l’un ni l’autre ne dépend de l’état de fatigue.

L’équipement porté arrive en dernier, et il se heurte à la tenue. Sous une tenue de feu ou un gilet, la compatibilité se tranche à l’essai, avec la tenue réellement portée. Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, écrit que les exosquelettes ne constituent qu’une mesure complémentaire (SECO, brochure exosquelettes 2025, p. 9). Le versant équipement se lit sur l’exosquelette pour les métiers du secours.

Par où commencer quand on ne choisit ni l’heure ni le lieu ?

Par l’exercice, parce que c’est le seul moment où l’on peut regarder.

  1. Relever une intervention entière, du départ au rangement, avec l’équipement réellement porté. Le rangement est la phase la plus sous-estimée.
  2. Écrire la règle de relève : au bout de combien de temps, sur quel signal, par qui. C’est la mesure la moins chère et la plus efficace.
  3. Passer le matériel en revue sur ce qu’il demande au corps, et le faire avant le prochain marché, parce qu’une fois la commande partie il n’y a plus de levier.
  4. Ne décider de l’équipement porté qu’ensuite, tenue comprise.

Nicolas Wüst vient à l’exercice, pas à la séance de rapport, et le relevé peut conclure qu’une règle de relève et deux remplacements de matériel règlent le principal.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions

Quelles sont les mesures de prévention contre les TMS dans un service de secours ?

Trois, dans cet ordre. Une règle de relève écrite pour limiter la durée sous charge, un matériel choisi sur ce qu’il demande au corps, et une organisation qui prépare à froid ce que l’urgence ne permet pas d’improviser. L’équipement porté vient après ces trois-là.

Quels sont les différents types de TMS, et les principaux dans ces métiers ?

Le bas du dos et les épaules dominent. Le port statique prolongé, la prise imposée en escalier et la manutention lourde occasionnelle expliquent cette répartition. Les facteurs individuels, l’âge et les antécédents, changent le moment où la douleur apparaît, jamais la cause. Les différents types se nomment par la structure atteinte : tendon, nerf, muscle, articulation.

Un trouble du dos est-il reconnu comme maladie professionnelle ?

Rarement. La reconnaissance suit des règles strictes et la plupart des atteintes du dos n’y entrent pas (Suva, appareil locomoteur). Pour un service, la conséquence est directe : ce qui n’est pas prévenu se paie en indisponibilité d’effectif.

Un exosquelette peut-il se porter sous une tenue d’intervention ?

Rien ne permet de l’affirmer, et cela se tranche à l’essai. L’encombrement, la chaleur, la compatibilité avec l’appareil respiratoire et le temps d’habillage se mesurent au poste réel. La réponse peut être non, et c’est une réponse utile.