Opérateur en tenue d'atelier alimentaire, charlotte et gants, devant un plan de découpe inoxydable

TMS agroalimentaire : ce que le froid et la cadence font au geste, en Suisse

Des essais en cave d’affinage suivis par la RTS et La Gruyère

Vous avez regardé des exosquelettes. La première question de votre responsable qualité sera l’hygiène.

✓ Relevé en atelier, gants et tenue compris · ✓ Toutes marques, aucun stock · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : les TMS en agroalimentaire se construisent par répétition, et au froid. Chez un affineur fribourgeois, un collaborateur déplace jusqu’à 8 tonnes de meules par jour, presque toujours le même mouvement. L’hygiène filtre tout équipement porté. NovaFree relève le poste en atelier.

Vous avez regardé des exosquelettes pour vos équipes de découpe, et la première question posée en réunion n’a pas été le prix. Elle a été le plan de nettoyage.

Un atelier alimentaire suisse ajoute deux contraintes que les autres secteurs n’ont pas : le froid, qui change le geste, et l’hygiène, qui décide de ce qui entre en zone. Les troubles musculo-squelettiques, les TMS, y prennent donc une forme particulière. Vous lirez ici quels postes usent quoi et dans quel ordre agir. La démarche d’ensemble se lit sur la prévention des TMS en entreprise.

Opératrice retournant une meule de fromage sur une planche d'épicéa dans une cave d'affinage
Une meule pèse entre 6 et 10 kilos. Ce n’est pas son poids qui compte, c’est le nombre de fois.

Quels TMS dans ce métier : découpe, désossage, conditionnement ou cave d’affinage ?

Quatre ateliers, quatre gestes, et une même tenue. Les confondre, c’est équiper la mauvaise personne.

À la découpe, le poignet travaille contre la matière. La force de préhension sur le manche, la torsion du poignet, et un couteau qui s’émousse : un outil mal affûté double l’effort sans que personne le décide. Ce qui se plaint : le poignet, le coude, l’épaule.

Au désossage, l’épaule monte et reste haute. La pièce est suspendue, la main travaille au-dessus du coude, parfois au-dessus de l’épaule, avec un effort continu. C’est le poste où le tendon de la coiffe travaille dans sa position la moins favorable.

Au conditionnement, c’est la cadence qui décide. Gestes courts, légers, répétés à chaque unité. Rien ne pèse, et l’avant-bras ne se repose jamais. La fatigue vient du compteur, unité après unité.

Les atteintes les plus fréquentes portent des noms précis : tendinite de la coiffe des rotateurs à l’épaule, épicondylite au coude, syndrome du canal carpien au poignet. Et les quatre facteurs de risque les plus connus se combinent ici : la répétitivité, l’effort, la posture et le manque de récupération, auquel le froid ajoute sa part.

En cave d’affinage, la charge revient. Chez un affineur fribourgeois, un collaborateur déplace jusqu’à 1 000 meules par jour, plus de 8 tonnes, presque toujours avec le même mouvement (RTS, 19 mai 2023 ; La Gruyère, 2 avril 2024). Une meule de Vacherin Fribourgeois pèse entre 6 et 10 kilos. Le compteur, lui, tourne toute la journée.

Pourquoi le froid change-t-il le geste ?

Parce qu’un muscle froid est un muscle raide, et qu’une main froide serre plus fort pour tenir la même chose. Le froid ne fait pas mal : il fait travailler plus, et la personne ne s’en aperçoit pas sur le moment.

Trois effets se cumulent en chambre froide comme en cave d’affinage. La sensibilité des doigts baisse, donc la prise se resserre par sécurité. Les gants épaississent la prise, ce qui demande encore plus de force. Et l’échauffement n’existe pas : on entre en zone et on commence, muscles à la température de la chambre.

Le feuillet Suva 66128 ne chiffre pas le froid, qui commande pourtant la suite : dans un atelier froid, l’alternance des zones et l’affûtage des outils font plus que n’importe quel équipement porté.

Quelles solutions dans cet environnement de travail ?

Dans l’ordre de la hiérarchie STOP des mesures, avec une particularité de secteur : l’hygiène filtre avant le geste.

La hauteur se corrige sans rien acheter. Un caillebotis, un plan réglable, un bac repris à hauteur de hanche : l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande d’éviter le déplacement manuel quand il peut l’être et de fournir des moyens appropriés quand il reste (OLT 3, art. 25).

Le froid se traite par l’organisation. Alterner les zones dans la journée, prévoir quelques minutes d’échauffement avant la prise de poste, réviser le rythme d’affûtage. Aucune de ces trois mesures ne demande un investissement, et toutes les trois se décident en réunion d’atelier.

L’équipement porté arrive en dernier, et l’hygiène tranche avant l’ergonomie. Une structure portée au contact du produit doit entrer au plan de nettoyage, supporter sa fréquence et ses produits, et ne pas retenir d’humidité. La réponse peut être non, et c’est une réponse utile : elle évite un achat que le service qualité refusera.

Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, nomme aussi ce qui peut limiter l’usage d’un équipement porté : « L’exosquelette peut être à l’origine de différents inconforts : poids de l’exosquelette, frottements des attaches, transpiration excessive, bruit gênant, limitation des mouvements, etc. qui peuvent limiter son utilisation » (SECO, brochure exosquelettes 2025, p. 4). Le versant équipement se lit sur l’exosquelette en agroalimentaire.

Votre atelier est-il prêt ? Six points à vérifier

Cette liste ne remplace pas un relevé. Elle sert à savoir si un relevé se justifie, et à en parler avec des faits plutôt qu’avec des impressions.

Six points à vérifier dans votre atelier

Cochez ce que vous constatez vous-même devant le poste. Chaque ligne s’observe en moins d’une minute, sans instrument.

Points construits d’après les exigences de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail sur les charges et l’aménagement des postes, et d’après le feuillet Suva 66128 sur le contrôle des contraintes physiques.

Deux cases non cochées suffisent à justifier une visite. Nicolas Wüst relève le geste en atelier, en tenue, gants compris, pendant la production. Et le relevé peut conclure qu’une hauteur et un rythme d’affûtage règlent l’essentiel, ce qui est la conclusion la moins chère. Le cadre de ce relevé suit le feuillet Suva 66128 sur le contrôle des contraintes physiques.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions

Que signifie l’abréviation TMS dans un atelier alimentaire ?

Troubles musculo-squelettiques. L’abréviation désigne les atteintes des muscles, des tendons, des nerfs et des articulations entretenues par le travail. En atelier alimentaire, les plus fréquentes sont la tendinite de la coiffe des rotateurs à l’épaule, l’épicondylite au coude et le syndrome du canal carpien au poignet.

Quelles sont les atteintes reconnues, et existe-t-il une indemnisation ?

Quelques-unes seulement sont listées, et le reste passe par une voie exigeante. L’assurance-accidents suisse reconnaît certaines affections nommément, dont les tendovaginites et les paralysies nerveuses par pression ; pour toutes les autres, la part professionnelle exigée est très élevée et rarement atteinte. C’est pourquoi la prévention reste moins chère que la réparation.

Un exosquelette est-il compatible avec les règles d’hygiène d’un atelier alimentaire ?

Cela se tranche au poste, et la réponse peut être non. Une structure portée au contact du produit doit figurer au plan de nettoyage, supporter la fréquence et les produits utilisés, et ne pas retenir d’humidité. En zone de conditionnement, la question se pose différemment qu’en salle de découpe.

Le froid aggrave-t-il les troubles musculo-squelettiques ?

Il augmente l’effort nécessaire pour le même geste. La sensibilité des doigts baisse, la prise se resserre, les gants épaississent la saisie, et rien ne prépare le muscle avant la prise de poste. L’alternance des zones et un échauffement court coûtent moins qu’un équipement.

Faut-il équiper toute l’équipe ou quelques postes ?

Quelques postes, après relevé. Les gestes d’un atelier ne se ressemblent pas : la découpe sollicite le poignet, le désossage l’épaule, le conditionnement l’avant-bras. Équiper tout le monde de la même chose revient à ne répondre à personne.