Opérateur en tenue d'hygiène qui travaille bras levés sur un rail de découpe, atelier carrelé

Exosquelette dans l’agroalimentaire en Suisse : le froid, l’hygiène et le geste

Ateliers alimentaires suivis par RTS · La Gruyère · Terre & Nature

Le froid et l’hygiène décident avant le modèle. Ce qu’une assistance physique change au geste d’atelier, et ce qu’elle ne change pas.

✓ L’hygiène et le froid vérifiés avant le modèle · ✓ Un mois d’essai en atelier, sans achat · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : un exosquelette en agroalimentaire se heurte d’abord à deux contraintes, le froid et l’hygiène, avant toute question de modèle. NovaFree part du geste réel de l’atelier, découpe, désossage ou reprise de charge. L’équipement porté arrive après l’analyse, il ne la remplace pas (SECO).

Dans une cave d’affinage, la rangée basse se retourne à genoux, et les meules remontent par centaines chaque jour. Le geste est le métier : il ne disparaîtra pas.

Reste à savoir ce qu’on peut changer autour. Cette page traite les deux contraintes propres au secteur, le travail au froid et les règles sanitaires, puis le geste, les troubles musculo-squelettiques, les TMS, et ce qu’un exosquelette ne fera pas. Le cadre est sur le guide de l’exosquelette professionnel.

Quels TMS dans ce métier ?

Le secteur cumule ce que les enquêtes mesurent séparément. 62,1 % des salariés effectuent des mouvements répétitifs de la main ou du bras au moins un quart du temps de travail, et 29,0 % portent ou déplacent des charges lourdes dans la même modalité (SECO, Krieger et Arial, 2024). Un atelier alimentaire fait les deux, dans le même poste.

Trois familles de gestes reviennent. La découpe et le désossage, poignet en torsion, coude serré, cadence imposée par la ligne. Le travail bras levés, au rail ou au tri. La reprise de charge au sol, bac, caisse ou meule.

Ce sont les gestes qui usent un professionnel de l’agroalimentaire, et ils s’additionnent sur huit heures. Les métiers agricoles voisins connaissent les mêmes tâches, sans les mêmes contraintes sanitaires. Réduire cette pénibilité suppose d’abord de la décrire, activité par activité.

Pourquoi le froid et l’hygiène décident-ils avant le modèle ?

Parce que ce sont les deux contraintes que le catalogue ignore. Ce sont les premières que votre plan de maîtrise sanitaire posera.

Le froid d’abord. À quatre degrés, les tissus se rigidifient, les sangles aussi, et la sensibilité des doigts baisse. Un dispositif réglé à vingt degrés ne se comporte pas de la même manière en chambre froide, et la durée de port supportable change.

L’hygiène ensuite. Un équipement partagé entre deux équipes doit se nettoyer, se désinfecter et sécher entre deux services. Les questions à poser sont concrètes : les matériaux supportent-ils le produit de nettoyage de l’atelier, le dispositif se démonte-t-il, où sèche-t-il, qui en est responsable. Sans réponse écrite à ces quatre questions, un exosquelette ne rentre pas en zone de production.

Les principes HACCP, l’analyse des dangers appliquée à chaque étape de fabrication, passent avant le confort d’un opérateur, et c’est normal. Le dire tôt évite un achat inutile.

Quelles solutions dans cet environnement ?

Une démarche globale, et dans cet ordre : l’exosquelette n’arrive qu’après l’analyse.

Beaucoup se joue avant lui. Remonter une rangée, vider le niveau bas, poser un chariot à niveau constant : ce sont les mesures techniques de prévention, et l’ordre complet est sur la hiérarchie STOP, du S au P.

La même rangée de cave, avant et après

Avant

Ouvrier penché à plus de soixante degrés, bras tendus, meule reprise au niveau le plus bas du rayonnage
Rangée basse chargée, reprise à genoux.

Après

Ouvrier debout, dos droit, meule reprise à hauteur de coudes sur un chariot à niveau constant
Rangée basse vidée, reprise à hauteur de coudes.
  1. La prise passe du sol à la hauteur des coudes : la flexion du buste disparaît du cycle.
  2. Le rayonnage garde ses niveaux hauts, qui n’ont jamais posé de problème.

Images générées, personnes fictives. Elles illustrent une situation de travail, elles ne documentent pas un atelier réel.

Le Secrétariat d’État à l’économie écrit que l’exosquelette ne constitue qu’une mesure complémentaire et reste limité dans sa portée (SECO, brochure exosquelettes, 2025). L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, fixe des principes, jamais un équipement nommé : le moyen se choisit, poste par poste.

L’exosquelette peut-il aider à la manutention en atelier alimentaire ?

Oui sur certains postes, et à trois conditions : le geste connu, l’hygiène résolue, l’opérateur qui a choisi.

Pour la reprise de charge au sol, un dispositif lombaire reprend une part de l’effort au redressement : voir l’exosquelette pour le dos, à la flexion. Au rail et au tri bras levés, l’assistance porte sur l’épaule : voir l’exosquelette d’épaule, bras levés.

À la découpe, la réponse est plus souvent non. La torsion du poignet ne s’assiste pas utilement : elle se traite par l’outil, par la hauteur de travail et par la rotation entre tâches. Dire non à ce poste-là fait partie du conseil.

Deux familles se départagent sur le terrain. Le passif, sans batterie, supporte mieux le lavage ; le motorisé pose la question de la recharge et de l’étanchéité. La distinction est développée sur exosquelette actif ou passif. Plusieurs marques couvrent ces postes : Laevo, Auxivo, Paexo d’Ottobock, HMT, ExoIQ. Nous n’en distribuons aucune.

Que montre un atelier fribourgeois qui s’est équipé ?

Un ordre de grandeur, et une limite. Dans une fromagerie fribourgeoise, un collaborateur de l’expédition manipule jusqu’à mille meules et plus de huit tonnes par jour, pratiquement toujours le même mouvement (La Gruyère, 2 avril 2024).

L’unité de charge est modeste : une meule de Vacherin Fribourgeois AOP pèse de six à dix kilos, selon l’interprofession. C’est la répétition qui fait la contrainte, pas le poids. Et l’entreprise a chiffré son engagement global dans le même article, matériel, tests et suivi compris.

Ce que ce cas ne dit pas : il ne mesure aucune réduction de troubles. Il documente une démarche et un budget, rien d’autre. Prendre un budget d’entreprise pour un tarif, ou une démarche pour une preuve d’efficacité, serait deux fois faux.

Par où commencer dans votre atelier, en Suisse ?

Par le poste qui revient dans les arrêts. Une observation vaut mieux qu’un tour d’atelier, et elle se fait à la cadence du jour.

Le cas fribourgeois ci-dessus est un cas de presse, pas un cas client.

Ce qui est possible tout de suite : un audit ergonomique sur un poste de découpe, puis essayer un exosquelette en atelier, avec Nicolas Wüst et un physiothérapeute. L’échelle des budgets est sur le prix d’un exosquelette, poste de coût par poste de coût.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur l’exosquelette en agroalimentaire

Un exosquelette passe-t-il les règles d’hygiène d’un atelier alimentaire ?

Cela se démontre au cas par cas, cela ne se présume pas. Il faut la compatibilité des matériaux avec le produit de nettoyage employé, une procédure de démontage et de séchage, un lieu de rangement identifié et un responsable nommé. Ces quatre points entrent dans le plan de maîtrise sanitaire avant l’achat, pas après.

Quelle est l’utilité de l’exosquelette en chambre froide ?

Elle se vérifie sur place, et elle peut être nulle. Le froid raidit les matériaux et modifie l’effort ressenti : un dispositif confortable à vingt degrés peut devenir gênant à quatre. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’essai se fait au poste réel, à la température réelle.

L’exosquelette peut-il aider à la manutention des caisses et des meules ?

Pour la reprise au sol, souvent oui ; pour la découpe, rarement. L’assistance agit sur la flexion du buste et sur le maintien des bras. Elle n’agit pas sur la torsion du poignet, qui se traite par l’outil, par la hauteur de travail et par la rotation entre postes.

Quel est le prix d’un exosquelette pour travailler en agroalimentaire ?

Il s’agit d’une échelle, pas d’un prix. Une fromagerie fribourgeoise a publié son budget global dans La Gruyère du 2 avril 2024, matériel, tests et suivi compris : c’est un budget d’entreprise, pas un tarif. Les postes de coût sont détaillés sur la page consacrée au prix.