
TMS soignants : ce que le transfert de patient fait au dos, en Suisse
Un partenariat avec Holentis, à Lausanne, pour ce qui relève du soin
Le SECO rappelle qu’un équipement porté peut solliciter d’autres muscles. Le transfert, lui, se décompose.
✓ Relevé en chambre, pendant le service · ✓ Toutes marques, aucun stock · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : les TMS chez les soignants se jouent sur un geste que personne n’enseigne comme une technique, le transfert de patient. En 2025, un emploi à plein temps compte en moyenne 8,2 jours d’absence pour raisons de santé. NovaFree relève le geste en chambre.
Une équipe déjà courte, un dos de plus en arrêt, et un remplacement qui coûte davantage que l’absence elle-même, parce qu’il faut le former à un étage qu’il ne connaît pas. Le geste en cause est presque toujours le même.
Cette page décompose ce geste, tel qu’il se pratique en Suisse : quels transferts usent quoi, ce qui se règle avant d’équiper, et où s’arrête notre rôle. Les troubles musculo-squelettiques, les TMS, s’y construisent par répétition. La démarche d’ensemble se lit sur la prévention des TMS en entreprise.

Quels TMS dans ce métier : transfert, retournement, toilette au lit ou relevé de chute ?
Quatre gestes, quatre contraintes, et une différence majeure entre l’établissement et le domicile : à domicile, rien ne se règle.
Le transfert du lit au fauteuil charge le bas du dos. La personne aidée participe parfois, parfois pas, et jamais deux fois pareil. L’imprévu est la contrainte : un appui qui cède oblige à rattraper dans une position que personne n’a choisie, et c’est ce rattrapage-là qui blesse, pas le transfert lui-même.
Le retournement au lit demande de tirer bras tendus. Le soignant travaille penché au-dessus d’un plan large, les bras loin du corps, ce qui multiplie l’effort demandé aux lombaires quelle que soit la force de la personne.
La toilette au lit tient la posture longtemps. Quinze minutes penché en avant, sans bouger les pieds, valent plus cher au dos qu’un effort bref. Le lit double bas d’un domicile rend la position obligatoire au lieu de la rendre seulement probable.
Le relevé de chute est le geste le plus dangereux du métier. Il est urgent, il se fait au sol, souvent seul, sans hauteur de prise, et il tombe le plus souvent au moment de la journée où l’équipe est la plus réduite. Les quatre facteurs de risque s’y cumulent : effort, posture, imprévu, absence de récupération.
Les gestes décrits viennent de relevés en établissement.
Quelles solutions dans cet environnement de travail ?
Dans l’ordre de la hiérarchie STOP des mesures, et le premier niveau est ici une évidence rarement appliquée : remonter le lit.
La hauteur du lit est le premier réglage, et le moins utilisé. Un lit à hauteur variable qui reste bas annule l’investissement. C’est une consigne d’équipe, pas un achat.
L’aide technique coûte moins qu’un jour d’absence. Drap de glissement, disque de transfert, verticalisateur, planche de transfert : ces objets se rangent dans un couloir et changent la mécanique du geste. Leur comparaison se lit sur l’aide à la manutention manuelle de charges.
Le relevé de chute se traite par l’organisation. Une règle écrite qui dit à partir de quand on appelle un collègue, et un matériel de relevage accessible, valent mieux qu’une formation gestes et postures répétée chaque année.
Vient ensuite l’équipement porté. Il mérite une mise en garde. Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, écrit qu’un exosquelette réduit la sollicitation de certains muscles, et il ajoute ceci :
Il peut également augmenter l’effort musculaire d’autres muscles.
Sur un transfert, ce déplacement d’effort compte doublement : le soignant doit garder sa sensibilité au mouvement de la personne aidée. Le versant équipement se lit sur l’exosquelette pour les soignants.
Où s’arrête le conseil et où commence le soin ?
La question se pose dans ce secteur plus que dans tout autre, parce que le vocabulaire s’y ressemble. NovaFree fait de l’ergonomie-conseil, pas de l’ergothérapie.
Concrètement : nous relevons des gestes, nous analysons un environnement de travail, nous comparons des aides techniques et nous accompagnons un essai. Nous ne traitons personne, nous n’établissons aucun diagnostic et nous ne prescrivons rien.
Quand une personne a besoin d’une prise en charge individuelle, le relais existe et il est nommé : Holentis, à Lausanne, partenaire ergothérapeute, dont le fondateur, Damiano Salvi, est ergothérapeute, et dont le programme dédié au dos existe depuis 2015 (source : Holentis).
Cette frontière a une conséquence pratique pour une direction d’établissement : deux budgets, deux interlocuteurs, deux temporalités. Le conseil agit sur l’organisation et se décide en direction ; le soin agit sur la personne et passe par une prescription. Le cadre général se lit sur la page Ergonomie du SECO.
Par où commencer dans un EMS qui tourne en trois-huit ?
Par l’étage où les arrêts se concentrent, et par l’équipe de nuit.
- Vérifier la hauteur réelle des lits pendant un service complet, pas en visite. L’écart entre l’équipement disponible et l’usage réel surprend presque toujours.
- Compter les transferts par soignant et par service, de nuit comme de jour. La nuit fait souvent le même nombre avec moitié moins de monde.
- Écrire la règle du relevé de chute : à partir de quand on appelle, et avec quel matériel. C’est la mesure la moins chère de la liste.
- Ne décider de l’équipement porté qu’ensuite, sur les postes qui résistent, avec les soignants concernés.
Nicolas Wüst relève le geste en chambre, pendant le service, sans interrompre les soins. Et le relevé peut conclure qu’une consigne de hauteur et deux draps de glissement suffisent pour l’étage, ce qui arrive plus souvent qu’un catalogue ne le laisse croire.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Parlons de vos postes de travail
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions
Quelles sont les atteintes reconnues comme TMS chez les soignants, et les plus connues ?
Les mêmes que dans les autres métiers, avec le dos en tête. Les plus connues sont la lombalgie, la tendinite de la coiffe des rotateurs à l’épaule, l’épicondylite au coude et le syndrome du canal carpien au poignet. Le plus fréquent dans ce secteur est la lombalgie, parce que le transfert et le retournement au lit y reviennent tous les jours.
Les TMS sont-ils considérés comme des maladies professionnelles ?
Rarement considérés comme telles. La reconnaissance de maladies professionnelles suit des règles strictes, et la plupart des atteintes du dos n’y entrent pas. Pour un établissement, la conséquence est directe : le coût d’un dos reste chez lui, en remplacement et en recrutement.
Une formation gestes et postures suffit-elle ?
Non, et elle est souvent la seule mesure prise. Un geste appris ne tient pas quand le lit est bas, quand la personne aidée glisse, ou quand on est seul de nuit. La formation agit sur la personne, le dernier niveau de la prévention ; la hauteur du lit et l’aide technique agissent sur le travail.
Un exosquelette a-t-il un intérêt pour un transfert de patient ?
La question se tranche au poste, et la réponse n’est pas automatique. Le SECO rappelle qu’un équipement porté peut augmenter l’effort d’autres muscles. Sur un transfert, le soignant doit aussi garder sa sensibilité au mouvement de la personne aidée.
NovaFree intervient-il auprès des soignants qui ont déjà mal ?
Non : c’est du soin, et ce n’est pas notre métier. Nous faisons de l’ergonomie-conseil, sur l’environnement de travail. Pour une prise en charge individuelle, le relais est Holentis, à Lausanne, partenaire ergothérapeute.