
Trouble musculo-squelettique : ce que les TMS veulent dire pour une entreprise suisse
Travaux relayés par RTS · Canal 9 · La Télé · Agri Hebdo
Le mot revient dans les certificats et personne ne sait où il s’arrête : voici ce qu’est un TMS, et ce qu’il n’est pas.
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En bref : un trouble musculo-squelettique, un TMS, est une atteinte des muscles, des tendons, des nerfs et des articulations liée au travail. 18,2 % des salariés rattachent leurs maux de dos et aux reins à leur travail (SECO, 2024). NovaFree lit le geste. Cette page ne diagnostique rien.
Un rapport d’absences mentionne des TMS. Qu’est-ce que c’est au juste, et votre entreprise est-elle concernée ? La question revient dans les entreprises suisses, et le sigle désigne souvent autre chose.
En quatre temps : ce que le mot désigne, les deux autres sens à écarter, les atteintes que le terme recouvre et ce qu’il oblige un employeur à faire. La définition mène à la prévention des TMS en entreprise : un TMS n’est pas un diagnostic qui tombe, c’est une histoire de travail.
Qu’est-ce qu’un trouble musculo-squelettique, et que ne désigne pas ce sigle ?
Un trouble musculo-squelettique est une atteinte des tissus qui entourent et mobilisent les articulations : muscles, tendons, nerfs, ligaments, bourses séreuses. Il ne survient pas, il se construit : un geste répété, une posture tenue, un effort plus fréquent que la récupération.
Trois sens pour un sigle, un seul ici
Le sigle désigne aussi la stimulation magnétique transcrânienne, en neurologie, et le Transport Management System, un logiciel de transport.
Ici, TMS veut dire troubles musculo-squelettiques.
Le vocabulaire des TMS, huit termes
TMS
Troubles musculo-squelettiques. Atteintes des muscles, tendons, nerfs et articulations provoquées ou aggravées par le travail, le plus souvent au dos, aux épaules et aux poignets.
Appareil locomoteur
Le terme de la Suva et du SECO. Os, articulations, muscles et tendons qui permettent le mouvement. Les TMS en sont les atteintes liées au travail.
Tendinopathie
Souffrance d’un tendon, le cordon qui relie un muscle à un os. Elle vient quand le tendon travaille plus souvent qu’il ne récupère.
Ténosynovite
Inflammation de la gaine qui entoure un tendon, au poignet ou à l’avant-bras. La liste fédérale des maladies professionnelles l’appelle tendovaginite.
Épicondylite
Douleur de la face externe du coude, au point d’attache des muscles qui relèvent le poignet. Elle suit les gestes de vissage et de torsion.
Syndrome du canal carpien
Compression du nerf médian au poignet. Fourmillements nocturnes des doigts, puis perte de force.
Bursite
Inflammation d’une bourse séreuse, le coussinet qui amortit un tendon contre un os. Au genou, elle suit le travail à genoux.
Maladie professionnelle
Un statut d’assurance, pas un diagnostic. En Suisse, il se décide selon la loi sur l’assurance-accidents, par la liste de l’annexe 1 de l’OLAA ou hors liste.

Quelles atteintes sont reconnues comme des TMS ?
La liste tient en quelques noms : lombalgie dans le bas du dos, tendinopathie de la coiffe des rotateurs à l’épaule, épicondylite au coude, syndrome du canal carpien au poignet, cervicalgie à la nuque, bursite au genou.
Reconnues par qui, c’est autre chose. La plupart ne figurent pas sur la liste des maladies professionnelles de l’annexe 1 de l’OLAA et relèvent de l’art. 9 al. 2 de la loi sur l’assurance-accidents, qui exige au moins 75 % de causes professionnelles (Suva, médecine du travail).
Quelques-unes figurent bien sur la liste, avec un seuil de preuve abaissé à plus de 50 % de l’éventail des causes : bursites chroniques par pression constante, paralysies nerveuses périphériques comme le syndrome du canal carpien, tendovaginites, maladies dues aux vibrations.
D’où la seule conséquence pratique qui compte ici : attendre la reconnaissance, c’est attendre trop longtemps. Ce qui se joue avant se lit dans l’ergonomie du poste de travail, pas dans un dossier d’assurance.
Combien de personnes sont concernées en Suisse ?
Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, tient les chiffres. 18,2 % des salariés en Suisse rattachent leurs maux de dos et aux reins à leur travail (Sélection de résultats issus de l’Enquête suisse sur la santé 2022, 2024, tableau 4 p. 33, salariés hors agriculture, n = 11 099).
Et la contrainte qui les fabrique est ordinaire. 46,7 % des salariés déclarent des positions douloureuses ou fatigantes pendant au moins un quart de leur temps de travail (même rapport SECO, tableau 1 p. 11).
Selon une estimation du SECO de 2009, les maladies de l’appareil locomoteur en partie causées par le travail pèsent 1,6 million de jours d’absence par an en Suisse.
Un chiffre national ne dit pas ce qui se passe chez vous. Ce qui le dit est un relevé daté, fait devant le poste : c’est le rôle des méthodes d’évaluation ergonomique, poste par poste.
Que change ce mot pour un employeur ?
Aucun texte fédéral ne prononce le sigle TMS. Tous y obligent quand même.
L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail est courte et nette : « Les postes de travail et les équipements doivent être conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie » (OLT 3, art. 23).
La loi sur le travail demande de prendre toutes les mesures dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées aux conditions d’exploitation (art. 6 al. 1 LTr).
La Suva ne l’exige pas, ce n’est pas obligatoire, entend-on souvent. C’est exact : aucune règle n’impose un équipement nommé. Ces trois critères demandent d’aller chercher ce qui est connu, disponible et applicable chez vous. Le cadre entier se lit sur vos obligations d’employeur en ergonomie.
L’ordre des mesures, lui, est écrit, et il commence loin de l’équipement porté : c’est la hiérarchie STOP, du premier au dernier niveau. Nicolas Wüst commence par le geste, pas par le catalogue. Le SECO, lui, range l’exosquelette parmi les mesures personnelles, le dernier niveau : il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Vos questions sur les troubles musculo-squelettiques
Que signifie l’abréviation TMS ?
Troubles musculo-squelettiques. Le sigle en désigne aussi deux autres : la stimulation magnétique transcrânienne en neurologie, le Transport Management System en logistique.
Quel est le TMS le plus fréquent ?
Les atteintes du dos. C’est ce que les salariés rattachent le plus souvent à leur travail, devant l’épaule et le poignet, sollicités par les gestes répétés et le travail bras levés.
Quels sont les premiers signes d’un trouble musculo-squelettique ?
Une douleur qui ne passe plus avec le repos du week-end. Puis une gêne au geste, une perte de force, parfois des fourmillements. Ces signes appellent un médecin : nous, nous regardons le geste qui les précède.
Un TMS est-il reconnu comme maladie professionnelle ?
Rarement. La plupart ne figurent pas à l’annexe 1 de l’OLAA et relèvent de l’art. 9 al. 2 LAA, qui exige au moins 75 % de causes professionnelles (Suva). Le tableau 57 des maladies professionnelles est un dispositif français, sans équivalent ici.
Nous avons déjà des mesures de prévention, faut-il aller plus loin ?
C’est le bon point de départ, pas la fin. La question utile n’est pas de savoir si vous avez agi, mais quelle contrainte reste après. Elle se répond devant le poste, avec un relevé daté.
Un exosquelette soigne-t-il un trouble musculo-squelettique ?
Non : il complète, il ne remplace pas. Le SECO le situe au dernier niveau du principe S-T-O-P, celui des mesures personnelles, et recommande de privilégier d’abord les autres mesures (SECO, 2025).