
Méthodes d’évaluation ergonomique : laquelle pour votre poste, en Suisse ?
Nos relevés de poste filmés par RTS · Canal 9 · La Télé
Sept instruments, une seule question : quelle contrainte cherche-t-on à chiffrer, et sur quel poste exactement ?
✓ Une méthode nommée et datée, jamais un avis · ✓ Le relevé vous reste, relisible par un tiers · ✓ Aucune prestation de soin individuel
En bref : une méthode d’évaluation ergonomique n’est pas un diagnostic. C’est un instrument nommé et daté qui chiffre une contrainte au poste. NovaFree en emploie sept, selon la zone et le geste. Aucune ne soigne : le soin individuel relève toujours d’un thérapeute.
On sent bien que ce poste est dur. Le prouver est une autre affaire. La question revient dans tous les ateliers suisses, et elle est juste : un ressenti ne se compare pas, ne se date pas, et ne tient pas dans un dossier.
C’est le travail des méthodes d’évaluation : elles transforment une plainte en mesure. Sept comptent pour une entreprise qui veut prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS), et aucune ne sert à tout. Cette page dit laquelle regarde quoi, qui la passe, et ce qu’elle rend. Elle prolonge notre guide de la prévention des TMS.
Sur cette page :
- Qu’est-ce qu’une méthode d’évaluation ergonomique ?
- Quelle méthode pour quelle contrainte ?
- RULA : comment coter une posture du haut du corps ?
- REBA : et quand tout le corps travaille ?
- L’équation NIOSH : quel poids une personne peut-elle lever ?
- OWAS : comment observer des postures en production ?
- Le feuillet Suva 66128 : par où commence une appréciation ?
- Le questionnaire nordique : comment savoir où ça fait mal ?
- Les mesures instrumentales : quand faut-il des capteurs ?
- Que demande la loi suisse avant d’agir ?
Qu’est-ce qu’une méthode d’évaluation ergonomique ?
Un instrument, pas un avis. Une méthode d’évaluation observe un geste réel, le note selon une grille publiée, et rend un résultat qu’un tiers peut relire six mois plus tard.
Le feuillet 66128 de la Suva le pose en une ligne : « Il est recommandé d’utiliser des méthodes d’évaluation reconnues » (Suva, Appréciation des contraintes physiques au poste de travail, feuillet 66128). Et il ajoute la condition qui va avec : « Les mesures d’amélioration ne doivent être établies et mises en oeuvre que sur la base des analyses approfondies. »
Dans le monde de l’assurance, la même démarche s’appelle une analyse de poste de travail, l’APT : même objet, autre vocabulaire, et un but différent, puisqu’elle sert un dossier individuel.
Une méthode n’est pas un soin. Elle décrit un poste, pas une personne. Quand la douleur est installée et qu’elle appelle une prise en charge individuelle, le bon interlocuteur est un thérapeute.
Quelle méthode pour quelle contrainte ?
La règle tient en une phrase : on choisit l’instrument d’après la contrainte qu’on soupçonne, jamais l’inverse. Les sept que nous employons se répartissent ainsi.
| Méthode | Ce qu’elle regarde | Qui la passe | Ce qu’elle rend |
|---|---|---|---|
| RULA : coter les postures de travail | Nuque, tronc, bras, poignets | Un observateur formé | Une cotation du haut du corps |
| REBA : l’évaluation corps entier | Le corps entier, jambes comprises | Un observateur formé | Une cotation globale |
| Équation NIOSH de levage | Le levage de charges | Un ergonome | Un poids de référence pour la tâche |
| OWAS : observer les postures en production | Les postures, par échantillonnage | Un observateur, sur la durée | Une répartition des postures dans la journée |
| Feuillet Suva 66128 | L’ensemble des contraintes physiques | L’entreprise elle-même | Les zones à analyser plus finement |
| Le questionnaire nordique | Ce que les personnes ressentent | Les collaborateurs | Une carte des zones douloureuses |
| EMG, goniométrie : objectiver un poste | L’effort et l’angle, enregistrés | Un spécialiste équipé | Des valeurs mesurées, pas estimées |
Deux d’entre elles ouvrent presque toujours le travail : le feuillet Suva 66128, parce qu’il balaie l’ensemble des contraintes avant de creuser, et le questionnaire nordique, parce qu’il part de ce que les personnes disent.

RULA : comment coter une posture du haut du corps ?
RULA regarde le haut du corps : nuque, tronc, bras et poignets, dans les gestes qui reviennent. Le feuillet Suva 66128 la cite nommément parmi les instruments d’analyse approfondie des gestes répétitifs.
C’est sa limite : elle ne dit rien du port de charges. Ce qu’elle note, angle par angle, se lit sur évaluer un poste avec la méthode RULA.
Coter le haut du corps

REBA : et quand tout le corps travaille ?
REBA étend la même logique au corps entier, jambes et appuis compris : les postes où l’on se baisse, grimpe ou porte en marchant. La revue sur les exosquelettes que le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a commandée à la ZHAW range RULA et REBA parmi les listes de contrôle d’observation.
Ces grilles coûtent peu, mais peu coûteux ne veut pas dire approximatif : on les refait souvent, et une évolution se voit. Évaluer les postures avec REBA détaille la grille.
Coter le corps entier

L’équation NIOSH : quel poids une personne peut-elle lever ?
L’équation NIOSH porte sur le levage, et sur lui seul. Position de la charge, fréquence du geste, qualité de la prise : elle en tire un poids de référence. La Suva rappelle qu’aucun poids maximal n’est fixé avec précision par la loi.
Un repère, pas un seuil légal : de quoi comparer deux façons d’organiser le même geste. Calculer le poids limite avec NIOSH reprend chaque facteur.
Calculer un poids de référence

OWAS : comment observer des postures en production ?
OWAS observe à intervalles réguliers et transforme une journée de travail en statistique de postures. Le SECO l’a placée, avec le Quick Exposure Check, au fondement de son propre instrument d’évaluation des risques pour l’appareil locomoteur.
L’instrument est public (SECO, Ergo-Test). C’est la méthode des postes qui changent tout le temps : au lieu de coter un geste choisi, elle échantillonne. Analyser les postures avec OWAS dit comment se bâtit l’échantillon.
Échantillonner les postures

Le feuillet Suva 66128 : par où commence une appréciation ?
Par là, presque toujours. Le feuillet 66128 est une appréciation d’ensemble : postures forcées, gestes répétitifs, efforts physiques, facteurs d’ambiance.
Il ne remplace pas une analyse approfondie : il dit où la faire, et ses instructions (Suva 66128-1, chapitre 6.3) renvoient ensuite aux instruments spécifiques, groupe de contraintes par groupe de contraintes. En cas d’incertitude, il recommande de « faire appel à un spécialiste connaissant les instruments ». Le mode d’emploi complet se lit sur le feuillet Suva 66128.
Remplir le feuillet Suva 66128

Le questionnaire nordique : comment savoir où ça fait mal ?
Il ne mesure pas le poste. Il écoute les personnes, zone du corps par zone du corps.
Claire Bauduin, ergonome au Groupe Mutuel, décrit la même entrée en matière : le travail se lit « par des observations et des entretiens avec les collaborateurs » (Les Echos, espace partenaires, 2 juillet 2026).
Une étude du SECO confiée à la Haute école de Lucerne a employé le questionnaire nordique pour sa partie musculo-squelettique. C’est souvent lui qui déclenche le reste. Dépister les TMS avec le questionnaire nordique en donne la trame.
Dépister avec le questionnaire

Les mesures instrumentales : quand faut-il des capteurs ?
Quand l’oeil ne suffit plus. Électromyographie, goniométrie, capteurs de mouvement : l’instrument enregistre ce qu’une grille d’observation estime.
C’est plus lourd, plus cher, et ça ne se justifie que dans deux cas : une décision coûteuse en dépend, ou un désaccord persiste sur ce que le poste exige du corps. Une mesure tranche un désaccord ; une estimation l’entretient. Mesurer les contraintes avec des capteurs dit ce que chaque appareil rend.
Choisir un capteur au poste
Que demande la loi suisse avant d’agir ?
Une détermination des dangers, pas une méthode précise. Aucun texte n’impose RULA plutôt qu’OWAS ; la Suva recommande seulement d’utiliser des méthodes d’évaluation reconnues.
L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé (OLT 3, art. 2), et la directive 6508 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST) organise l’appel aux spécialistes. Le choix de l’instrument reste à l’employeur, la trace du résultat aussi. Le cadre complet se lit sur vos obligations d’employeur en ergonomie.
Nicolas Wüst choisit l’instrument devant le poste, avec les personnes qui y travaillent, et note lequel a servi. Une fois la contrainte chiffrée, l’ordre des mesures, lui, est écrit : il se lit sur la hiérarchie STOP.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Parlons de vos postes de travail
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur les méthodes d’évaluation
Qu’est-ce que l’analyse de poste ?
L’observation d’un poste réel, notée selon une grille publiée. Elle décrit le geste, la charge, la fréquence et la durée, puis rend un résultat qu’un tiers peut relire. Elle porte sur le travail, pas sur la personne qui le fait.
Faut-il un ergonome pour passer ces méthodes ?
Pas toujours, et le feuillet Suva 66128 le dit lui-même : une entreprise peut mener l’appréciation d’ensemble. Il recommande en revanche, en cas d’incertitude, de faire appel à un spécialiste qui connaît les instruments.
Une méthode d’évaluation est-elle imposée par la loi ?
Non. L’obligation porte sur la détermination des dangers et sur la protection de la santé, pas sur le choix d’un instrument. C’est aussi pourquoi la méthode retenue et sa date se notent : elles sont la trace de la démarche.
Par quelle méthode commencer quand rien n’a été évalué ?
Par le feuillet Suva 66128, puis le questionnaire nordique. Le premier balaie toutes les contraintes physiques du poste, le second dit où le corps encaisse déjà. Les cinq autres méthodes creusent ensuite là où ces deux-là ont pointé.