Poste de manutention équipé d'une table élévatrice, la charge arrive à hauteur de hanche sans équipement porté

La hiérarchie STOP : dans quel ordre agir contre les TMS en Suisse ?

Notre méthode racontée sur La Télé · RTS · Canal 9

Quatre lettres, un ordre : on supprime avant de protéger. L’équipement porté arrive en dernier, et le SECO écrit pourquoi.

✓ Les quatre niveaux repris dans l’ordre, S avant P · ✓ Le geste observé sur place, pas décrit au téléphone · ✓ Aucun exosquelette en stock, aucune marque à défendre

En bref : la hiérarchie STOP n’est pas le panneau routier. C’est l’ordre des mesures : substitution, technique, organisation, personnel. On ne descend d’un cran qu’après l’échec du précédent. NovaFree les prend dans l’ordre. L’exosquelette est au dernier cran : il complète, il ne remplace pas (SECO, 2025).

Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, l’écrit : « L’application du principe S-T-O-P permet d’améliorer les conditions de travail et de prévenir les atteintes à la santé avec le maximum d’efficacité. » Dans les ateliers suisses, l’ordre se prend souvent à l’envers.

On achète un équipement avant d’avoir regardé si la tâche pouvait changer, et les troubles musculo-squelettiques, les TMS, restent. Cette page prend les quatre lettres dans l’ordre, dit leur contenu et leur limite. Elle est le mode d’emploi de la prévention des TMS en entreprise.

Qu’est-ce que la hiérarchie STOP, et pourquoi cet ordre-là ?

Quatre lettres, quatre niveaux de mesures, et un ordre qui ne se choisit pas. S comme substitution, T comme mesures techniques, O comme mesures organisationnelles, P comme mesures personnelles. Le sigle vient de la sécurité au travail. Il n’a rien à voir avec le panneau routier, et c’est la confusion la plus répandue.

Le SECO écrit l’ordre noir sur blanc : « Cela consiste à commencer par des mesures de Substitution, puis Techniques, ensuite Organisationnelles et enfin, à introduire en dernier recours des mesures Personnelles. » (SECO, Les exosquelettes et la prévention des atteintes à la santé au travail, 2025). « En dernier recours » est une place dans une file, pas une formule de politesse.

Pourquoi cet ordre ? Parce que l’efficacité baisse à chaque cran. Une tâche supprimée ne revient pas. Un équipement se règle, se dérègle, se range au vestiaire en juillet. Et une mesure portée dépend de la personne qui la porte, de son gabarit et de sa journée.

Lu dans l’autre sens, l’ordre devient une suite de questions. On ne descend d’un cran que lorsque la réponse est non.

Opératrice serrant une vis dans un bâti vertical avec une visseuse d'angle, le poignet droit, dans l'axe de l'avant-bras
Le geste n’est pas rendu supportable, il change : l’outil d’angle a pris la torsion que faisait le poignet.

S comme substitution : peut-on faire disparaître le geste ?

Première question, et la moins chère : la tâche peut-elle changer, au lieu d’être rendue supportable ?

Trois leviers : le produit, quand un sac de 25 kilos devient deux sacs de 12,5 ; l’outil, quand une visseuse d’angle remplace le poignet en torsion ; la tâche, quand la palette arrive déjà montée du fournisseur.

Ce niveau échoue souvent, et le dire fait partie du travail : un geste ne se substitue pas quand il est le métier, comme le vigneron qui taille. Ce qu’il couvre et où il s’arrête se lit sur la substitution en ergonomie.

Supprimer la contrainte d’abord

Table élévatrice amenant la charge à hauteur de hanche, l'opératrice travaille sans se pencher et sans équipement porté
La table élévatrice avant le harnais : au niveau T, c’est la tâche qu’on équipe.

T comme technique : quel équipement prend l’effort à la place du corps ?

Deuxième question : si la tâche reste, peut-on l’équiper à la place du corps ?

Table élévatrice, convoyeur à rouleaux, potence, basculeur de bac : le SECO nomme ce cran les mesures Techniques. C’est le cran où la dépense se voit sur une facture. Ces équipements travaillent pour tout le monde, sans demander à personne d’être en forme ce matin-là. Les familles d’équipement se lisent sur les mesures techniques de prévention.

Voir les mesures techniques

Deux opérateurs se relayant à un poste de conditionnement, l'une cède sa place à l'autre au milieu de la matinée
Même geste, même poste : ce qui change, c’est qui le fait, et combien de temps d’affilée.

O comme organisation : et si c’était le planning qu’il fallait changer ?

Troisième question, la plus contre-intuitive : la contrainte tient-elle au geste, ou au moment où il tombe ?

Rotation entre postes, ordre des tournées, pauses courtes et fréquentes : rien de tout cela n’apparaît sur une facture. C’est aussi le cran le plus vite défait : une commande urgente arrive, et la rotation saute. Comment la rotation tient au-delà du premier mois se lit sur organiser le travail pour prévenir les TMS.

Organiser la rotation des postes

Opérateur portant un exosquelette dorsal passif générique à un poste déjà équipé d'une table élévatrice, reprenant une caisse à hauteur de hanche
Il arrive après la table, l’organisation et le geste revu : il complète, il ne remplace pas.

P comme personnel : où se situe l’exosquelette ?

Au dernier cran. Le SECO écrit de l’exosquelette : « Il est donc une mesure Personnelle. » Et pas un équipement de protection individuelle : « Le potentiel de protection des exosquelettes n’étant pas suffisamment démontré, ils ne sont actuellement pas considérés comme des équipements de protection individuelle (EPI). » L’exosquelette complète, il ne remplace pas, écrit le SECO dans la même brochure.

Nicolas Wüst le dit sur le plateau d’Entrepreneur·e·s : « Mais il y a un petit chemin à faire avant. » (La Télé, Entrepreneur·e·s, 18 décembre 2024). Ce que ce cran recouvre se lit sur les mesures personnelles (le P de STOP).

Situer l’exosquelette au cran P

Que fait la loi suisse de cet ordre ?

Elle l’écrit, et à un seul endroit. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail impose à l’employeur, pour les produits chimiques, de procéder « dans l’ordre de priorité suivant (principe STOP) » : substituer, prendre des mesures techniques, puis organisationnelles, puis mettre à disposition des équipements de protection individuelle (OLT 3, art. 24a, al. 2, en vigueur depuis le 1er septembre 2024).

Pour les charges, le mot STOP n’est pas écrit, mais l’ordre l’est. L’article 25 demande « les mesures d’organisation appropriées » et « les équipements adéquats, notamment les dispositifs mécaniques, pour éviter que les travailleurs ne doivent déplacer des charges manuellement ». Organiser et équiper viennent avant de faire porter.

Aucun texte n’impose un exosquelette, aucun ne l’interdit. L’obligation porte sur des mesures, celles dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées à votre exploitation, et elle laisse le moyen ouvert. L’état complet des obligations se lit sur vos obligations d’employeur en ergonomie.

Pourquoi l’ordre se prend-il si souvent à l’envers ?

Parce que le dernier cran est le plus facile à acheter. Un exosquelette se commande, se livre, se montre. Une substitution se discute avec la production, un équipement se budgète, une rotation se négocie avec les équipes.

Le SECO pose la même chose par l’autre bout : « la prévention des troubles musculosquelettiques repose avant tout sur la réduction des facteurs de risques physiques, organisationnels et psychosociaux ». Les trois premiers crans sont exactement là.

Prendre l’ordre à l’envers ne rend pas l’équipement inutile. Ça le rend impossible à évaluer : on ne sait plus ce qu’il compense, puisque personne n’a mesuré ce qui restait.

Par où commencer dans votre entreprise ?

Par une mesure, pas par un achat. L’ordre STOP ne se déroule pas sur le papier : il se déroule sur un poste, avec les personnes qui y travaillent.

Une évaluation nommée et datée chiffre le geste avant qu’on décide quoi que ce soit. Les méthodes reconnues, et ce que chacune mesure, sont rassemblées sur les méthodes d’évaluation ergonomique.

Ensuite seulement, les quatre crans se prennent dans l’ordre, et l’un d’eux s’arrête. Nicolas Wüst fait ce tri dans l’atelier, avec vous : ce qui peut disparaître, ce qui doit être équipé, ce qui se réorganise, et ce qui restera.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur la hiérarchie STOP

Quels sont les 4 types de mesures de prévention au travail ?

Quatre niveaux, dans cet ordre : substitution, technique, organisation, personnel. C’est le principe STOP. Un niveau ne s’ouvre que si le précédent n’a pas suffi, et l’équipement porté par la personne arrive en dernier.

La hiérarchie STOP est-elle obligatoire pour un employeur ?

Écrite dans l’ordonnance, oui ; imposée comme méthode unique, non. L’OLT 3 la nomme pour les produits chimiques (art. 24a) et impose, pour les charges, d’organiser et d’équiper avant de faire porter (art. 25). L’obligation porte sur des mesures adaptées à votre exploitation, pas sur un dispositif.

Un exosquelette peut-il remplacer une mesure technique ?

Non. Le SECO écrit que les exosquelettes « ne constituent qu’une mesure complémentaire et restent limités dans leur portée » (2025). Un exosquelette se pose sur ce qui reste après les trois premiers crans, jamais à leur place.