Rayonnage d'atelier remonté à hauteur de hanche, la charge se prend sans fléchir le dos

Substitution en ergonomie : en Suisse, supprimer la contrainte avant de la compenser

Ordre de priorité fixé par le SECO · OLT 3

Changer la tâche plutôt que muscler le geste : supprimer la contrainte avant de la compenser, et comprendre ce que cette approche ne peut pas faire.

✓ Ce qui peut être supprimé ne se compense pas · ✓ Analyse du geste avant tout équipement · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : la substitution est le premier niveau de la prévention des troubles musculo-squelettiques, les TMS : changer la tâche au lieu de compenser l’effort. 46 % seulement des entreprises suisses évaluent régulièrement les risques (SECO, 2025). NovaFree part du geste réel. Un exosquelette ne substitue rien.

« On a déjà des mesures de prévention. » C’est la phrase qui revient le plus souvent dans les ateliers. Elle est vraie, et elle ne suffit pas : on agit contre les troubles musculo-squelettiques sans avoir regardé le geste.

En trois ans, 9 entreprises sur 10 ont pris au moins une mesure contre les TMS ; 46 % seulement évaluent régulièrement les risques, contre 77 % dans l’UE-27 (SECO, 2025). La substitution revient à la tâche et demande si on peut la changer. Cette page dit ce que ce premier niveau recouvre, et où il s’arrête. Le détail se lit sur l’ordre complet des quatre niveaux STOP.

Qu’est-ce que substituer, dans la prévention des TMS ?

Substituer, c’est retirer la contrainte de la tâche, pas la rendre plus supportable. On ne change pas la personne, on change le travail.

Trois formes, et elles ne coûtent pas la même chose. Substituer le produit : un sac de 25 kilos devient deux sacs de 12,5. Substituer l’outil : une visseuse d’angle remplace le poignet en torsion. La tâche enfin : la palette arrive déjà montée, et personne ne la monte.

Le mot vient de la hiérarchie des mesures de prévention, celle que le SECO et la Suva emploient. Il désigne le niveau S, le premier. Ce qui vient après compense ; lui seul supprime.

Pourquoi la substitution passe-t-elle avant tout le reste ?

Parce qu’une contrainte supprimée ne revient pas. Un équipement se règle mal, s’oublie, se range dans un placard en juillet. Une tâche qui n’existe plus n’a besoin ni de réglage ni d’adhésion.

C’est aussi le niveau le moins cher, et le plus souvent sauté. Le rapport SECO sur la gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé le montre en creux : les entreprises agissent massivement, mais moins d’une sur deux évalue les risques de façon régulière.

Or on ne substitue que ce qu’on a vu. Sans diagnostic, la substitution est invisible : on ne peut pas remplacer un geste qu’on n’a pas regardé faire. C’est le premier temps de toute démarche ergonomique : regarder le travail réel avant de vouloir le changer.

L’autorité fédérale le dit dans ces mots. Au 19h30 de la RTS, une spécialiste du SECO, le Secrétariat d’État à l’économie, mettait en garde les entreprises tentées d’équiper avant d’avoir regardé la tâche :

« essayez d’abord de voir comment est-ce qu’on peut substituer finalement cette manutention des charges »

Une spécialiste du SECO · RTS, 19h30, 12 novembre 2025
Cartons livrés déjà formés sur une ligne de conditionnement, le montage manuel a été supprimé
Le geste le moins coûteux est celui qu’on n’a plus à faire.

À quoi ressemble une substitution dans un atelier suisse ?

À trois fois rien, et c’est bien le problème : ça ne ressemble pas à un investissement, donc personne n’en parle.

Prenez un stock de charges lourdes rangé au sol, repris plusieurs centaines de fois par jour. Substituer, ici, ce n’est pas acheter un exosquelette. C’est remonter le rayonnage de vingt centimètres, ou changer l’ordre des tournées pour que la reprise ne tombe plus en fin de journée, quand le dos est déjà chaud et que le geste se dégrade sans que personne ne le remarque.

Sur une ligne de conditionnement, c’est le carton livré déjà formé. Dans une menuiserie, c’est la pièce serrée dans un établi mobile plutôt que tenue à bout de bras.

Aucun de ces changements ne se voit sur une facture. Tous se voient sur un dos.

Quand la substitution n’est-elle pas possible ?

Souvent. Et le dire fait partie du travail.

Un geste ne se substitue pas quand il EST le métier. Un soignant qui mobilise un patient, un vigneron qui taille, un carreleur au sol : la contrainte est dans la tâche, et la tâche est la raison d’être du métier. On peut l’alléger, la répartir, l’espacer. On ne peut pas la retirer.

Elle bute aussi sur trois murs concrets : l’espace, quand un atelier ne se redessine pas ; le process, quand un cahier des charges client fige un format de carton ; le temps, parce qu’une substitution se prépare et ne s’improvise pas en cours de saison.

C’est ce tri que Nicolas Wüst fait avec vous dans l’atelier : ce qui peut changer, ce qui devra être équipé, ce qui restera.

Une substitution se conduit, elle ne se décrète pas. Changer une tâche, c’est aussi un changement dans l’organisation du travail : son adoption dépend autant de sa conduite que de sa pertinence technique.

C’est là que les niveaux suivants prennent le relais, et dans cet ordre : une mesure technique équipe la tâche sans la remplacer, l’organisation répartit la charge, et la protection individuelle, dont l’exosquelette, arrive en dernier. Il complète les mesures techniques et organisationnelles ; il ne les remplace pas (SECO, recommandations 2025).

Que demande la loi suisse quand la contrainte demeure ?

La loi nomme la substitution, mais pas là où on l’attend.

La Confédération, elle, nomme l’ordre. Dans sa brochure consacrée aux exosquelettes, le SECO écrit : « il est recommandé de privilégier d’autres mesures visant à améliorer les conditions de travail » (SECO, Les exosquelettes et la prévention des atteintes à la santé au travail, 12 juin 2025). C’est la substitution, écrite par le régulateur.

Depuis septembre 2024, l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail écrit le principe STOP à son article 24a, et son premier terme est « substituer ». Cet article ne vaut toutefois que pour les produits chimiques.

Pour les contraintes corporelles, c’est l’article 25 qui porte la même logique sans le sigle : à son alinéa 1, « l’employeur prend les mesures d’organisation appropriées et met à disposition les équipements adéquats, notamment les dispositifs mécaniques, pour éviter que les travailleurs ne doivent déplacer des charges manuellement ». L’organisation du travail est nommée la première, avant l’équipement.

Aucun texte n’exige un dispositif précis. Tous exigent que le risque soit évalué, puis réduit.

Ce que ça change pour vous : une substitution documentée vaut mieux qu’un équipement non justifié. Le cadre complet se lit sur vos obligations d’employeur en ergonomie.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
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Que faut-il encore savoir sur la substitution en ergonomie ?

La substitution, est-ce que ça veut dire remplacer les gens par des machines ?

Non : la substitution porte sur la tâche, pas sur la personne. On change ce qui est manipulé, avec quel outil, dans quel ordre. Le métier reste, le geste change.

Un exosquelette est-il une substitution ?

Non : un exosquelette redistribue l’effort, il ne le supprime pas. C’est une confusion fréquente. Il relève du dernier niveau de la hiérarchie STOP, la protection individuelle, et il complète les mesures techniques et organisationnelles sans les remplacer (SECO, 2025).

Par quoi commencer si rien n’a jamais été évalué ?

Par le geste, pas par le catalogue. Une analyse dans l’environnement de travail réel dit quelles tâches peuvent changer et lesquelles devront être équipées. Sans cette étape, on achète avant de savoir.