Table élévatrice amenant la charge à hauteur de prise dans un atelier suisse romand

Mesures techniques de prévention des TMS : équiper la tâche, en Suisse

Essais suivis par RTS · Canal 9 · La Gruyère

Quand la contrainte reste, le dispositif se met entre le corps et la charge. Les quatre familles, et leurs limites.

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En bref : contre les troubles musculo-squelettiques, les TMS, des mesures techniques de prévention agissent sur la tâche, quand on n’a pas pu la supprimer. Lever, rouler, incliner, approcher : quatre familles, aucun catalogue. Ce n’est ni de l’organisation, ni un équipement porté. NovaFree relève le geste avant tout devis. L’exosquelette vient après.

En Suisse, environ 30 % de la population active déplacent chaque jour des charges lourdes, et une part développe des affections de l’appareil locomoteur, les troubles musculo-squelettiques (Suva, contraintes corporelles et ergonomie). Trois personnes sur dix, tous les jours.

Quand le geste ne peut pas disparaître, il reste le deuxième niveau : un palan, une table élévatrice, un convoyeur. Rien de spectaculaire, et c’est précisément ce qui le rend efficace. Cette page dit quelles familles réduisent l’effort, ce que la loi exige quand la charge reste manuelle, et où la technique s’arrête. Avant lui vient la substitution de la tâche ; l’ordre complet se lit sur la hiérarchie STOP.

Qu’est-ce qu’une mesure technique, et qu’est-ce qui n’en est pas une ?

Une mesure technique agit sur le travail, pas sur la personne. Elle place un dispositif entre le corps et la charge, et elle y reste, que l’équipe change ou non.

Ce n’est pas une mesure d’organisation : changer l’ordre des tournées ou la durée d’une rotation ne demande aucun équipement. Ce n’est pas une mesure personnelle : une ceinture, une genouillère, un exosquelette se portent, s’enlèvent et suivent la personne.

L’exosquelette est de ce dernier niveau. Il redistribue l’effort au lieu de le retirer, et il complète les mesures techniques et organisationnelles : il ne les remplace pas (SECO, Les exosquelettes et la prévention des atteintes à la santé au travail, 2025). Le confondre avec un palan, c’est équiper un corps là où il fallait équiper une tâche.

AvantOpératrice penchée au-dessus d'un bac profond posé à plat, le bras entier engagé pour atteindre le fond
Le bac est profond et posé à plat : le geste va chercher au fond, des dizaines de fois par heure.
AprèsLe même bac posé sur un support basculeur qui l'incline vers l'opératrice, le contenu vient à hauteur de main
Le support incline le bac. La famille « incliner » rend le fond accessible sans épaule.
AvantOpérateur portant un bac à bras sur quelques mètres entre deux postes d'un atelier
Trois mètres portés, deux cents fois par jour : c’est la répétition qui use, pas la charge.
AprèsRail à rouleaux gravitaire reliant deux postes d'atelier, le bac glisse d'un poste à l'autre sans être porté
Le rail relie les deux postes. La famille « rouler » supprime le port, pas le travail.
Transpalette et convoyeur en usage dans un environnement de travail logistique
La répétition use plus que la charge ponctuelle : c'est elle qu'on équipe en premier.

Quelles familles d'équipement réduisent réellement l'effort ?

Quatre familles d'équipement répondent à quatre problématiques différentes.

Lever. Palans, potences, tables élévatrices, hayons. La charge monte sans que le dos monte avec elle. C'est la famille la plus ancienne et la plus documentée.

Rouler. Transpalettes, chariots, convoyeurs, rails. On ne porte plus, on déplace. Le gain est moins visible qu'au levage, mais il porte sur la répétition, et c'est la répétition qui use.

Incliner. Basculeurs de bac, plans inclinés, retourneurs. Le geste cesse d'aller chercher au fond. Peu connue, cette famille règle beaucoup de gestes de conditionnement.

Approcher. Établis mobiles, tables à hauteur variable, rayonnages remontés. On rapproche le travail du corps au lieu de tendre le corps vers le travail.

Le détail des équipements, marque par marque et usage par usage, se lit sur les aides à la manutention manuelle. Ici, on choisit une famille ; là-bas, on choisit un modèle.

Existe-t-il un poids maximum autorisé en Suisse ?

La réponse surprend : aucune limite de poids légale pour un adulte en bonne santé.

Ce que beaucoup prennent pour une limite légale vient d'ailleurs : de recommandations, de normes étrangères, ou d'un chiffre entendu en formation et jamais vérifié. Aucune ordonnance ne dit « pas plus de X kilos ». L'OLT 3 demande que la manutention manuelle ne mette pas la santé en danger, et laisse à l'employeur le soin d'établir à partir de quand c'est le cas.

Des valeurs indicatives existent pourtant, hors du droit : l'instrument d'évaluation des risques biomécaniques du SECO situe les charges tenues près du corps sous 25 kg entre 20 et 35 ans, sous 21 kg entre 35 et 50 ans et sous 16 kg au-delà pour les hommes, sous 15, 13 et 10 kg pour les femmes (SECO, révision 2024, p. 6).

C'est un seuil de dépistage, pas une limite sûre. Le document le dit : « Si ces limites ne sont pas respectées, des mesures particulières sont en général nécessaires. »

Ce vide est une bonne nouvelle, pas un manque. Un kilo unique serait faux partout : soulever quinze kilos une fois par jour à hauteur de hanche n'a rien à voir avec soulever huit kilos deux cents fois, bras tendus, au fond d'un bac. C'est la combinaison qui fait le risque, pas le poids seul : masse, hauteur de prise, distance au corps, fréquence, durée, torsion.

Concrètement, pour vous : un chiffre affiché en atelier ne vous protège pas, ni vos équipes ni juridiquement. Un relevé daté, lui, vaut à la fois comme prévention et comme trace d'évaluation. La liste de contrôle Suva 66128, qui apprécie les contraintes physiques d'un poste, donne le cadre de ce relevé.

Que demande la loi suisse quand la charge reste manuelle ?

Elle n'impose aucun équipement précis. Elle impose des mesures, et un ordre.

L'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande à son article 23 que les postes et les équipements soient conçus selon les principes de l'ergonomie. Son article 25 va plus loin sur les charges, et c'est lui qui fonde cette page.

À l'alinéa 1, « l'employeur prend les mesures d'organisation appropriées et met à disposition les équipements adéquats, notamment les dispositifs mécaniques, pour éviter que les travailleurs ne doivent déplacer des charges manuellement ». L'ordonnance sur la prévention des accidents pose le même principe sur les équipements de travail, que détaille la directive CFST 6512, de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail.

Autrement dit : la loi ne vous dit pas d'acheter un palan. Elle vous demande d'avoir évalué le risque, et d'avoir agi en conséquence. Une mesure technique choisie après relevé se justifie ; la même choisie sur catalogue ne se justifie pas mieux qu'une absence de mesure. Le cadre complet : normes et obligations légales (LTr, OLT 3).

Et les cobots, faut-il y venir ?

Rarement, et pas d'abord.

Un robot collaboratif prend en charge un geste répétitif dans un espace partagé avec des humains. C'est un vrai levier sur les lignes à cadence élevée et à geste stable. Sur un travail varié, il coûte plus qu'il ne rend, parce qu'il faut lui garantir un environnement constant que la plupart des ateliers n'ont pas.

La question se pose surtout dans l'industrie de série. Ailleurs, les quatre familles ci-dessus règlent l'essentiel, pour une fraction du budget.

Comment savoir quelle mesure technique convient à votre environnement ?

Pas par le catalogue. Par le geste.

  1. Relever le geste réel, dans l'environnement de travail, à la cadence réelle, pas en salle de réunion. Ce qu'on regarde : le poids, la hauteur de prise, la distance au corps, la fréquence, la durée.
  2. Chercher d'abord la substitution. Si la tâche peut changer, aucun équipement n'est nécessaire, et c'est toujours moins cher.
  3. Choisir la famille avant le modèle. Lever, rouler, incliner, approcher : la famille découle du relevé, pas de l'offre du fournisseur.
  4. Vérifier ce qui reste. Une mesure technique laisse toujours un résidu de contrainte. C'est ce résidu, et lui seul, qui justifie éventuellement un équipement porté.

L'ergonome de notre partenaire assureur pose l'ordre dans les mêmes termes : « On mettra toujours l'accent sur des mesures de prévention collective, comme l'aménagement des postes », dit Claire Bauduin, ergonome au Groupe Mutuel, dans un entretien filmé publié le 2 juillet 2026 dans l'espace partenaires des Echos. Une mesure technique sert un poste entier ; un équipement porté ne sert que celui qui le porte.

NovaFree fait ce relevé avec vous, dans votre environnement, avant tout devis. Nicolas Wüst ou Nadja Broquet se déplacent partout en Suisse. Et le conseil peut conclure qu'aucun équipement n'est nécessaire.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu'une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C'est ma conviction depuis mes années d'industrie, et c'est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C'est ma conviction, et elle guide chaque poste que j'analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Que faut-il encore savoir sur les mesures techniques de prévention ?

Une mesure technique coûte-t-elle plus cher qu'un exosquelette ?

Souvent moins, et elle dure plus longtemps. Un établi mobile ou un rayonnage remonté se paient une fois et servent toute l'équipe, quand un équipement porté se règle par personne.

Faut-il tout équiper d'un coup ?

Non : le relevé hiérarchise, et on commence par le geste le plus fréquent. Pas par le plus spectaculaire. La répétition use plus que la charge ponctuelle.

Les mesures techniques suffisent-elles à supprimer les TMS ?

Non, et personne ne devrait l'affirmer : elles réduisent la contrainte. Ce qui reste relève de l'organisation, puis, en dernier recours, de la protection individuelle.

Que dit la Suva sur l'aide mécanisée ?

Elle renvoie à l'appréciation du poste avant l'équipement. Sa liste de contrôle 66128 apprécie les contraintes physiques d'un poste de travail, en accès libre. Le cadre est le même que celui de l'OLT 3 : évaluer, puis agir.