
TMS du genou au travail : que change-t-on pour les jambes, en Suisse ?
Nos essais au champ racontés par Terre & Nature · Agri · La Télé
Un genou ne s’use pas au geste. Il s’use à l’appui, et à la durée.
✓ Un physiothérapeute règle l’équipement à la personne, pas au catalogue · ✓ Arrêter un essai en cours se consigne comme un résultat, pas comme un échec · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : un TMS du genou au travail est une atteinte des tissus qui entourent l’articulation, produite par l’appui prolongé au sol ou par la station debout sans variation. NovaFree relève l’appui et la durée avant tout équipement. Un genou déjà gonflé relève du soin.
Sur une chape de béton, un poseur avance à genoux toute la matinée. Le soir, la peau est rouge et le genou chaud.
Cette scène appartient aux troubles musculo-squelettiques, les TMS, au même titre que le dos. Cette page dit ce qui use, ce que le droit reconnaît et ce qui se change. Elle prolonge les TMS rangés par zone du corps.
Qu’appelle-t-on un TMS des membres inférieurs ?
Une atteinte des tissus mous autour du genou ou de la hanche, entretenue par l’appui ou par l’immobilité. Les tendons, les bourses séreuses et les ménisques encaissent ; ce sont eux qui cèdent, rarement l’os. L’article 2 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, demande d’éviter les efforts excessifs ou trop répétitifs.
Deux mécanismes, et ils sont opposés. L’appui direct écrase la bourse séreuse située devant la rotule : elle s’enflamme et gonfle, c’est l’hygroma, que les chantiers appellent le genou du carreleur. La station debout sans variation, elle, n’écrase rien : elle empêche le sang de remonter et fatigue les jambes entières.
La hanche suit le même raisonnement. Ce qui la fatigue, c’est la position tenue, accroupie ou debout, bien plus que le poids déplacé. Une charge portée use d’abord le dos : c’est la lombalgie professionnelle qui traite ce cas.
Quels métiers travaillent à genoux ou debout toute la journée ?
Ceux du bâtiment et ceux de la terre, et la règle fédérale les nomme. La Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail range parmi les dangers particuliers les « travaux prolongés ou répétitifs, exécutés en position penchée, inclinée sur le côté, accroupie ou couchée, en torsion ou à genoux » (directive CFST 6508, annexe).
La pose de sol et le carrelage, à genoux des journées entières. Le second œuvre, plinthes et socles. La viticulture, où la taille basse se fait accroupi. Le maraîchage et les cultures spéciales, penchés sur le rang. L’élevage, où le soin aux bêtes se donne à genoux dans la paille. Cinq métiers, un même appui.
À côté, un tout autre monde : la caisse, l’établi, la ligne de conditionnement, le poste de contrôle. Debout, sans un pas, des heures durant. Les jambes n’y encaissent pas un choc, elles encaissent une absence de mouvement. L’article 24, alinéa 3, de l’OLT 3 demande des postes qui permettent de travailler, si possible, assis ou alternativement assis et debout.
Un genou abîmé est-il reconnu comme maladie professionnelle ?
Parfois, et la réponse dépend de l’atteinte. C’est la question la plus posée. L’article 3, alinéa 1bis, de l’ordonnance sur la prévention des accidents, l’OPA, demande qu’une enquête relevant de la médecine du travail soit menée dès que des éléments font apparaître qu’une activité porte atteinte à la santé d’un travailleur.
L’hygroma entre dans la catégorie des bursites chroniques par pression constante, qui figurent à l’annexe 1 de l’ordonnance sur l’assurance-accidents. Pour ces affections, les facteurs professionnels doivent représenter plus de la moitié de l’éventail des causes. Une arthrose de genou, elle, passe par la voie hors liste, au seuil bien plus élevé.
Ce que nous ne publions pas : une durée d’arrêt de travail, un taux d’incapacité. Ces valeurs viennent du régime français et ne se transposent pas. Le détail du mécanisme de reconnaissance est traité sur la page de la lombalgie professionnelle.
Quelles contraintes le SECO mesure-t-il, et dans quelles branches ?
Les positions douloureuses ou fatigantes, branche par branche. C’est l’indicateur du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) qui approche le mieux le travail à genoux et la station debout.
Deux lectures, et la seconde est la bonne. La construction est onze points au-dessus de la moyenne pour les positions douloureuses. Mais l’agriculture, elle, n’est pas dans ce tableau : l’enquête porte sur les salariés, agriculture exclue. Les exploitants les plus exposés du pays sont donc hors mesure.
Que change-t-on, et dans quel ordre ?
On supprime l’appui avant de le rembourrer. Un plan surélevé, un chariot bas, un poste monté à hauteur d’établi : chaque solution qui remonte le travail retire des heures de genou au sol. L’article 25 de l’OLT 3 demande d’abord d’éviter que les travailleurs doivent déplacer des charges manuellement. Un genou se traite dans le même ordre.
Quand l’appui reste, il se traite : tapis, protection intégrée au vêtement, roulette d’assise basse. Et sur les postes debout, l’ordre est le même : un tapis anti-fatigue, un repose-pied, un siège assis-debout, avant toute structure portée. L’ordre complet se lit sur la hiérarchie STOP, du plus efficace au dernier recours.
Une exploitation n’est pas une usine, et l’objection est saine : la technologie y coûte cher et tombe en panne au mauvais moment. C’est pourquoi les trois premières réponses ci-dessus ne demandent ni batterie ni entretien. Viennent ensuite seulement la chaise exosquelette et l’appui des jambes, que le SECO range au niveau P : ils complètent les mesures techniques et organisationnelles, ils ne les remplacent pas.
Nicolas Wüst vient voir le poste, et un physiothérapeute règle ce qui se porte, à la personne. Nous contacter au sujet d’un poste à genoux : si l’essai ne convient pas, l’arrêter se consigne comme un résultat. Le relevé s’appuie sur le feuillet 66128 de la Suva.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Parlons de vos postes de travail
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur les genoux au travail
Quels TMS touchent le genou au travail ?
Trois surtout. L’hygroma, une bourse séreuse enflammée par l’appui direct. Les tendinopathies autour de la rotule, entretenues par les montées et descentes répétées. Et l’usure du cartilage chez ceux qui cumulent les années de travail accroupi. Le diagnostic appartient au médecin ; la cause se lit au poste.
Les genouillères suffisent-elles ?
Elles réduisent la pression, elles ne réduisent pas la durée. Une protection bien choisie vaut mieux que rien, et elle arrive au dernier rang de l’ordre des mesures. La question qui compte avant elle : combien d’heures par jour le genou touche-t-il le sol, et peut-on remonter le travail ?
Rester debout toute la journée est-il un risque ?
Oui, et c’est le risque le plus banalisé des postes fixes. Une station debout sans variation fatigue les jambes et la circulation. Un siège assis-debout, un repose-pied et une alternance des tâches changent la situation davantage qu’un sol neuf.
Une exploitation agricole peut-elle s’équiper simplement ?
Oui, et les premières réponses n’ont ni batterie ni électronique. Un chariot bas, un plan surélevé, un tapis, une assise roulante : rien à recharger, rien à entretenir. Si un équipement porté est ensuite essayé, il l’est sur vos travaux, à la saison où les genoux souffrent, et l’arrêter reste possible.