Conseiller NovaFree et responsable de production observant une opératrice équipée d'un exosquelette à son poste, dans un atelier suisse

Exosquelette professionnel en Suisse : à quoi il sert, et où il s’arrête

Notre pratique décrite par Agri Hebdo · La Gruyère · RTS · Les Echos

Un nom de modèle circule dans l’entreprise et personne ne sait s’il correspond à vos postes : voici le cadre avant le catalogue.

✓ Nous ne vendons aucun exosquelette · ✓ Toutes les zones du corps, tous les métiers physiques · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : un exosquelette professionnel est une structure portée qui reprend une part de l’effort. Il se vérifie au poste avant tout achat : c’est la méthode NovaFree, qui n’en vend aucun. Le SECO le range en dernier recours : il complète les autres mesures, il ne les remplace pas.

Une crèche le matin, un service de pompes funèbres l’après-midi : Nicolas Wüst racontait cette journée aux Echos, dans leur espace partenaires (2 juillet 2026), pour dire une chose simple. Tous les métiers portent, plient et se penchent, y compris le vôtre.

Les catalogues n’aident pas : un nom de modèle ne dit rien de vos postes, et personne ne veut porter seul un achat qui finirait au vestiaire. Cette page pose le cadre en dix minutes : la définition, les familles, où l’exosquelette soulage, où il s’arrête, et par quoi commencer chez vous, en Suisse. Elle prolonge l’essentiel de l’ergonomie en entreprise.

Qu’est-ce qu’un exosquelette professionnel ?

Une structure portée sur le corps, qui reprend une part de l’effort pendant le geste. Des ressorts, des élastiques ou des vérins la traversent : ils se chargent quand vous descendez, ils rendent quand vous vous redressez. Vous faites le geste, la structure en encaisse une part.

Les préventeurs disent dispositif d’assistance physique, abrégé en DAP. Dans une cave d’affinage ou sur un chantier, on dit « l’exo », et tout le monde suit. Les deux nomment le même objet ; le vocabulaire de l’exosquelette range les termes que vous croiserez dans les offres.

Trois confusions coûtent du temps. Un exosquelette n’augmente pas la force : il redistribue un effort qui existait déjà.

Il n’est pas, à ce jour, considéré comme un équipement de protection individuelle : pour le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), leur potentiel de protection n’est pas suffisamment démontré.

Et il n’est pas qualifié de dispositif médical : la brochure fédérale n’emploie pas ce terme. Le détail juridique se lit sur exosquelette : ce que disent les textes.

Quatre questions décident du reste, dans cet ordre.

  1. Avec moteur, ou sans ? Deux mécaniques, deux entretiens, deux poids. La frontière entre les deux familles.
  2. Quelle zone du corps ? Un dispositif en assiste une, jamais toutes. Choisir par la zone qui souffre.
  3. À quel rang de la prévention ? L’équipement vient après ce qui se supprime et ce qui se mécanise. La place réelle de l’exosquelette.
  4. Tient-il à vos postes ? Un mois de port répond mieux qu’une fiche technique. Un mois d’essai, et la réponse arrive.
Responsable de production et conseiller NovaFree observant un opérateur équipé à son poste, avant de trancher entre deux familles d'exosquelettes
Le moteur ne se choisit pas en salle de réunion : il se justifie, ou non, devant le geste.

Avec ou sans moteur : quelles familles existent ?

Deux mécaniques. La frontière est nette. Le passif n’a ni moteur ni batterie : un ressort ou un élastique emmagasine l’énergie de la descente et la restitue au redressement. L’actif embarque un moteur, des capteurs et une source d’énergie, et accompagne le mouvement pendant qu’il se fait.

Le passif domine le terrain : plus léger, plus simple, rien à recharger en fin de poste. L’actif se défend sur des efforts soutenus et des cadences longues, contre un poids supérieur et un entretien à prévoir. Moteur ou ressorts : la première question déroule le critère qui tranche, et quelle assistance attendre d’un exosquelette explique pourquoi deux modèles d’une même famille ne soutiennent pas pareil.

Vous ne trouverez ici aucun nom de fabricant, et ce n’est pas une omission. Les gammes se recomposent d’une année sur l’autre ; les familles techniques, elles, tiennent. Le paysage des marques se met donc à jour sur sa propre page, plus bas.

Quelle zone du corps faut-il soulager ?

Un exosquelette assiste une zone, jamais un corps entier. La question se tranche en regardant le geste qui fait mal, à l’heure où il fait mal. Un dos qui plie et se redresse toute la journée et une épaule tenue en l’air le temps d’un vissage n’appellent ni la même structure, ni le même réglage.

Une zone assistée en soulage rarement une autre ; il arrive qu’elle en charge une troisième. Le cas le plus fréquent, la manutention, est traité sur porter des charges avec assistance.

Opérateur équipé d'un exosquelette d'épaules, vissant au plafond sur un chantier de second œuvre
Le métier ne désigne pas un modèle : il désigne une posture et une fréquence.

Dans quels métiers l’exosquelette a-t-il sa place en Suisse ?

Partout où le corps sert d’outil. Une estimation publiée en 2009 par La Vie économique, la revue de politique économique de la Confédération, chiffrait à 670 000 les cas de maladies de l’appareil locomoteur que le travail engendre ou aggrave en Suisse, et à 1,6 million les jours d’absence qu’ils coûtent chaque année.

Le chiffre date de 2009, et il reste le seul ordre de grandeur national.

D’un canton à l’autre, la question ne change pas de nature : seule change la répétition.

Six pages partent du métier plutôt que du matériel : exosquelette de chantier, l’exosquelette pour les travaux agricoles, quel exosquelette pour l’entrepôt et la livraison, l’assistance physique dans l’industrie, exosquelettes dans l’industrie alimentaire et exosquelettes en santé et soins.

Six autres pages partent d’un métier moins attendu : l’exosquelette dans les métiers de l’énergie, l’exosquelette dans les transports de personnes, exosquelette en nettoyage et maintenance d’immeuble, l’exosquelette pour les pompiers, l’exosquelette pour un artisan indépendant et l’exosquelette dans une commune. Si votre métier n’est pas dans la liste, il n’est pas hors sujet : la méthode reste la même.

Un exosquelette remplace-t-il les autres mesures de prévention ?

Non, et la Confédération l’écrit noir sur blanc. Le SECO range les mesures en quatre temps, le principe S-T-O-P : la substitution d’abord, les mesures techniques ensuite, les mesures organisationnelles puis, en dernier recours seulement, les mesures personnelles (SECO, Les exosquelettes et la prévention des atteintes à la santé au travail, 2025, PDF). L’exosquelette est au dernier rang, celui du P.

Dans un atelier, cela tient en trois passages. Une manutention qui peut disparaître doit disparaître. Toute charge qui peut être présentée à hauteur doit l’être. Une tâche qui peut tourner entre trois personnes doit tourner.

Ce qui subsiste après ces trois passages, et seulement lui, se discute en équipement. Le SECO le dit aussi : avant de recourir à un exosquelette, il recommande de privilégier d’autres mesures visant à améliorer les conditions de travail.

Notre règle est donc posée avant même de vous rencontrer : on regarde le poste, puis le catalogue, et parfois le catalogue ne s’ouvre jamais. La méthode complète se lit sur la prévention des troubles musculo-squelettiques, et la place exacte de l’équipement dans cette échelle sur protéger la personne : le P de STOP.

Un exosquelette peut-il déplacer la contrainte ailleurs ?

Oui, et les préventeurs l’écrivent avant les vendeurs. La limite la mieux documentée tient en une ligne, et elle vient de l’INRS : la contrainte retirée à une zone peut se reporter sur une autre, ou sur une autre tâche.

En France, l’INRS documente ce report et recense d’autres effets : postures contraignantes induites, gêne mécanique, perte d’équilibre, sollicitations cardiovasculaires accrues, surcharge attentionnelle (INRS, Exosquelettes : ce qu’il faut retenir, France). Aucun de ces effets ne se lit sur une fiche technique. Ils se voient au poste, sur la personne qui porte, et pas en cinq minutes.

C’est aussi pourquoi le réglage se fait sur la personne, gabarit par gabarit : l’exosquelette est-il adapté à tous (morphologie, genre, âge) reprend cette question en entier.

À qui cette page ne s’adresse-t-elle pas ?

Elle parle de travail, pas de soin. Quatre familles voisines portent le même nom et répondent à d’autres besoins. Chacune a sa page.

Une frontière compte plus que les autres, et nous la tenons. Quand la question devient individuelle, une douleur installée, un retour après un arrêt long, elle relève du soin et non de l’ergonomie de poste. NovaFree fait du conseil en ergonomie ; l’accompagnement thérapeutique appartient à nos partenaires de santé, dont Holentis, à Lausanne. Qui fait quoi se lit sur nos partenaires institutionnels.

Quelle marque, quel modèle ?

La marque arrive en dernier, et cela surprend toujours. Deux modèles d’une même famille, portés par deux personnes de gabarits différents sur le même poste, donnent deux résultats différents. La réputation d’un fabricant ne dit rien de ce couple-là.

Trois pages prennent le relais, dans l’ordre où l’on s’en sert : les fabricants d’exosquelettes donne le paysage, quel exosquelette pour vos postes pose les six critères d’arbitrage, et le comparateur d’exosquelettes garde la trace de chaque essai, ressentis et réglages compris.

Nous ne distribuons aucune marque et nous n’en écartons aucune d’avance. C’est une contrainte que nous nous imposons : elle nous prive d’un catalogue, elle vous laisse le choix.

Combien faut-il engager, et qui peut participer ?

Le matériel n’est pas toute la dépense, et c’est la surprise la plus fréquente. L’analyse des postes, le réglage à la personne, l’essai encadré et le suivi sont des lignes distinctes ; elles pèsent souvent plus, dans la décision, que l’écart de prix entre deux modèles.

Les montants relevés en francs se lisent sur combien coûte un exosquelette, et l’arbitrage entre les formules sur location, achat : que choisir.

Personne ne finance « un exosquelette » : plusieurs dispositifs financent une situation de travail. Il n’existe pas de reconnaissance générale des exosquelettes dans la liste des moyens auxiliaires de l’assurance-invalidité ; un financement reste possible au cas par cas, au titre des moyens auxiliaires du poste (art. 21 LAI), de l’intervention précoce ou de la procédure d’examen des nouveaux produits, sur décision de l’office AI cantonal.

Les quatre voies sont détaillées sur achat, location, aides : le financement.

Reste la question que le tableur ne pose pas. L’entreprise pharmaceutique Siegfried, à Évionnaz, la posait autrement devant Canal 9 (13 décembre 2024) : « On a des opérateurs qui sont là depuis des années. Et clairement il faut les préserver si on veut qu’ils restent encore aussi longtemps avec nous. »

Physiothérapeute ajustant un exosquelette dorsal sur un opérateur volontaire à son poste de travail, lors d'un essai encadré en Suisse
La réponse arrive quand l’équipement devient banal, pas le premier jour.

Comment savoir s’il tient à vos postes ?

Une démonstration de quelques minutes ne prouve rien. Le corps s’habitue en jours, pas en gestes : il faut laisser passer la surprise du premier port, les raideurs possibles de la première semaine, et le moment où l’équipement cesse d’être un événement. La réponse arrive là. Pas avant.

Se mesurent alors les gestes réellement modifiés, les tâches où le dispositif gêne, les réglages repris au fil des semaines et l’avis de chaque porteur, y compris de celui qui l’enlève. Un porteur qui abandonne est une donnée, pas un échec à cacher : c’est même souvent la plus utile.

Concrètement : le déroulement d’un essai encadré se lit sur organiser un essai dans votre entreprise. L’étape qui le précède, quand les postes n’ont jamais été relevés, consiste à demander un audit ergonomique. Celle qui décide de l’adoption, une fois le choix fait, consiste à former vos équipes à l’exosquelette. La décision reste la vôtre : acheter, louer, ou traiter le poste autrement.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Et si vos équipes l’essayaient au poste ?

Sélection multi-marques, un mois d’essai encadré, bilan objectivé, avant toute décision.

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur l’exosquelette professionnel

Un exosquelette professionnel et un exosquelette de rééducation, est-ce la même chose ?

Non : deux objets différents portent le même nom. L’exosquelette professionnel assiste un geste de travail répété, il se porte par choix et relève de la prévention en entreprise. L’exosquelette de rééducation est un appareil clinique, prescrit et utilisé sous encadrement médical pour restaurer une fonction. Les circuits d’achat et les régimes de prise en charge n’ont rien de commun, et confondre les deux fait perdre du temps aux deux bouts.

Exosquelette, DAP, dispositif d’assistance physique : parle-t-on de la même chose ?

Oui, ce sont trois façons de nommer le même objet. « Dispositif d’assistance physique » est le terme des préventeurs, « DAP » son abréviation, « exosquelette » le mot qu’emploient les équipes sur le terrain. Un quatrième circule dans les offres, « exosquelette de travail » : il désigne la même famille. Les quatre se valent, à condition de savoir qu’ils parlent d’assistance et non de protection.

Un exosquelette permet-il de travailler plus vite ?

Ce n’est pas son objet, et le viser se retourne contre l’entreprise. Un exosquelette se range parmi les mesures de protection de la santé, en dernier recours du principe S-T-O-P ; rien dans ce cadre ne le présente comme un levier de cadence. Un dispositif employé pour accélérer un geste déjà pénible ajoute une contrainte au lieu d’en retirer une, et le port s’arrête vite. La question utile porte sur la fin de journée, pas sur le chronomètre.

Des entreprises suisses ont-elles déjà équipé leurs collaborateurs ?

Oui, et depuis plusieurs années. Des caves d’affinage fribourgeoises, un site pharmaceutique valaisan, des chantiers d’étanchéité, un atelier de transports publics : la presse documente ces déploiements depuis 2023, avec leurs réussites et leurs abandons. Ce sont ces retours, plus que les catalogues, qui ont formé notre prudence sur les limites de l’équipement.

Faut-il déjà avoir des cas de troubles musculo-squelettiques déclarés pour s’y intéresser ?

Non, et attendre coûte plus cher que regarder tôt. Les troubles musculo-squelettiques s’installent bien avant d’être déclarés : un poste se relève avant qu’une douleur devienne un dossier, et les contraintes se mesurent, se datent et se comparent d’une année sur l’autre. Beaucoup d’entreprises nous appellent après un arrêt long ; celles qui appellent avant gardent un choix plus large, l’exosquelette n’étant alors qu’une option parmi d’autres.