
Exosquelette actif ou passif : comment choisir, poste par poste, en Suisse ?
Essais au poste vus par RTS · Canal 9 · La Télé
Deux technologies, une même question : le choix se tranche au poste, geste par geste.
✓ Les deux familles essayées au même poste · ✓ Un mois d’essai au poste réel · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
Des entreprises suisses accompagnées par NovaFree








En bref : un exosquelette actif ou passif ne se choisit pas au moteur : le passif restitue une part de l’énergie du geste, l’actif en ajoute. Le geste, la cadence et le poids tranchent. NovaFree les fait essayer au poste ; il complète la prévention, il ne la remplace pas (SECO).
Un chef d’équipe rentre avec le nom d’un exosquelette à moteur ; le même jour, votre fournisseur propose un modèle à ressorts. Personne ne vous a donné les éléments qui les départagent. Le cadre d’ensemble est posé par le guide de l’exosquelette professionnel.
Voici la question que tout le monde vous retourne : quel geste appelle plutôt l’une, quel geste appelle plutôt l’autre, ce que chacune coûte en logistique et en entretien, et les trois cas où la question n’a pas d’objet.
Sur cette page :
- Quelle est la différence entre un exosquelette actif et un exosquelette passif ?
- Qu’est-ce qui sépare l’actif du passif, concrètement ?
- Quels gestes appellent plutôt un exosquelette passif ?
- À quels gestes un exosquelette actif répond-il ?
- Dans quels cas la question ne se pose-t-elle même pas ?
- Que dit le droit suisse du travail sur ce choix ?
- Comment vérifier au poste lequel des deux types tient ?
Quelles sont les trois étapes pour choisir ?
- Le tableau comparatif. Huit critères pour faire son choix dans l’environnement de travail.
- Partir du geste, pas de la fiche technique pour sélectionner l’un ou l’autre. Les gestes du passif. Les gestes de l’actif.
- La question se pose-t-elle ? Trois situations où l’arbitrage n’a pas encore d’objet : le poste n’a pas été mesuré, la contrainte n’est pas là où le dispositif agit, aucun geste ne domine.
Quelle est la différence entre un exosquelette actif et un exosquelette passif ?
Un exosquelette passif n’embarque aucune source d’énergie : des ressorts ou des élastiques emmagasinent une part de l’énergie de votre mouvement, puis la restituent. Un exosquelette actif embarque une source d’énergie : un moteur alimenté par une batterie fournit une assistance électrique qui ne vient pas de vous. On dit aussi « motorisé ».
La mécanique ne décide de rien : le même dispositif, à deux postes voisins, ne rend pas le même service. Les deux familles ont leurs fabricants, sans moteur (Auxivo, Laevo) comme avec (Ironhand, ExoIQ) : le choix se fait entre les deux familles, au poste.

Qu’est-ce qui sépare l’actif du passif, concrètement ?
Un comparatif ne couronne personne : il montre ce qui change au poste. Passif ou actif, chaque famille a ses avantages et ses contraintes : ce comparatif vous aide à décider laquelle mérite d’être testée sur le terrain.
Une fois la famille arrêtée, les 6 critères pour choisir un exosquelette affinent le modèle.
| Ce qui change au poste | Passif | Actif |
|---|---|---|
| D’où vient l’assistance | Du mouvement du porteur, stocké puis rendu. | D’un moteur alimenté par une batterie. |
| Pour la déclencher | Amorcer le geste soi-même. | Rien : elle arrive sans mouvement préalable. |
| Réglage du niveau d’assistance | Mécanique, refait à la personne. comprendre le niveau d’assistance | Modifiable en cours de tâche. |
| Poids porté | Se juge sur une journée entière. combien pèse un exosquelette | Plus élevé, batterie comprise. |
| Logistique quotidienne | Rien à charger. | Charge, autonomie et batteries à gérer sur une équipe. |
| Entretien et pièces d’usure | Pièces mécaniques, élastiques à contrôler. | Électronique, mises à jour, service après-vente. |
| Compatibilité avec les EPI (les équipements de protection individuelle : casque, harnais, gilet) | Se vérifie au poste. | Se vérifie au poste, câbles et batterie compris. |
| Ordre de grandeur budgétaire | Les deux familles sont chiffrées sur le budget d’un exosquelette professionnel. | |
Quels gestes appellent plutôt un exosquelette passif ?
Ceux qui fournissent eux-mêmes l’énergie à stocker. La flexion répétée avec redressement complet, le port de charge proche du sol, le maintien des bras levés, la posture tenue longtemps : le porteur amorce, le dispositif encaisse une part de l’effort et la rend au retour.
Il ne supprime pas la contrainte : il la redistribue vers une zone d’appui : bassin, cuisses, jambes. C’est cette zone-là qu’il faut regarder ensuite.
Ce sont les postes de la logistique, de la construction, des caves d’affinage et de la viticulture, et de l’industrie alimentaire.
Le soin fait exception, et il faut le dire : la FAQ exosquelettes de l’INRS (France) répond non à la question de la mobilisation des personnes : la plupart des modèles du marché ont été conçus pour l’industrie, la logistique et le bâtiment et les travaux publics (BTP), et aucune étude en situation de travail n’y est documentée pour ce secteur.
Sur ces postes, l’arbitrage actif ou passif n’est pas la bonne question.
Nous voyons les autres à Bulle, à Grolley et sur des chantiers valaisans : partout en Suisse où l’on plie et où l’on porte.
Pour approfondir cette famille, consultez le panorama des exosquelettes passifs.
Un étancheur valaisan équipé sur un chantier le décrit à sa manière : « Il y a des ressorts, on dirait derrière c’est quand même un peu bizarre », avant d’ajouter aussitôt que c’est bien, que c’est pour le dos, et qu’il s’y sent bien (un étancheur, au micro de Canal 9, 30 octobre 2025). C’est un objet mécanique, pas une armure. L’image du robot vient de l’autre famille.
À quels gestes un exosquelette actif répond-il ?
Ceux où l’énergie ne peut pas venir du porteur. Un passif n’a rien à restituer tant que le geste n’a pas été amorcé : quand l’assistance doit arriver sans mouvement préalable, son principe même ne l’aide pas.
Trois autres situations tiennent au principe, pas à un modèle : l’assistance qui doit changer de niveau en cours de tâche, les gestes non répétitifs, où la mise en tension ne se fait jamais, et le port de charge en rotation, où l’axe utile change à chaque prise.
Chaque modèle s’écarte de son principe à sa manière : cela se vérifie au poste, jamais sur une fiche. Une pathologie installée, elle, appelle d’abord un avis de santé.
La contrepartie se paie tous les jours, et les comparatifs l’écrivent rarement. Un actif porte son moteur, sa batterie et son après-vente : charger, suivre l’autonomie sur une équipe, prévoir des pièces électroniques et un délai de réparation.
Le poids lui-même est une charge. Sur un exosquelette de bras d’environ 9 kilos, la même FAQ de l’INRS rapporte une hausse du coût cardiaque de 15 %, l’effort supplémentaire demandé au cœur pour la même tâche, d’après Desbrosses et coll., 2017. C’est une mesure sur un dispositif de neuf kilos, pas un verdict sur une famille.
Pour approfondir cette famille, consultez le panorama des exosquelettes motorisés.
Dans quels cas la question ne se pose-t-elle même pas ?
Il y a trois cas où nous vous dirons de refermer les deux catalogues.
Le poste n’a pas été mesuré. Tant que la manutention peut être supprimée, mécanisée ou réorganisée, l’arbitrage entre deux familles est une question sans objet : ce sont les niveaux S, T et O de la hiérarchie STOP, et ils passent avant le P.
En 2024, 46 % des entreprises du pays effectuaient régulièrement des évaluations des risques, contre 77 % dans l’Union européenne (SECO, Rapport sur la gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé, 2025, PDF).
Plus d’une entreprise sur deux n’évalue pas régulièrement ses risques : c’est dans cet angle mort que l’arbitrage actif ou passif arrive, avant qu’on ait de quoi le trancher.
La position officielle est nette : « Avant de recourir à cette solution, il est recommandé de privilégier d’autres mesures visant à améliorer les conditions de travail. » (SECO, brochure fédérale sur les exosquelettes, 2025).
La contrainte n’est pas là où le dispositif agit. Un exosquelette assiste une articulation, dans un axe ; si la douleur vient d’ailleurs, aucun des deux ne la touche.
Le poste change tous les jours, et aucune tâche ne domine. Un dispositif se règle pour un geste : sans geste dominant, il n’y a rien à régler.
Ce n’est pas la technologie qui est en cause, c’est l’ordre des questions. Un dispositif choisi sur un tableau se porte trois jours, puis il attend dans une armoire ; le poste, lui, n’a pas bougé.
Que dit le droit suisse du travail sur ce choix ?
Il ne nomme ni l’une ni l’autre famille d’exosquelettes, et il n’a pas à le faire : il exige des mesures. Des postes conçus selon les principes de l’ergonomie (OLT 3, art. 23), une santé protégée (LTr, art. 6 al. 1 ; art. 328 CO), l’état de la technique comme repère.
Et pour les charges, l’ordre est écrit : l’employeur prend d’abord les mesures d’organisation appropriées et met à disposition les dispositifs mécaniques pour éviter que les travailleurs ne doivent déplacer des charges manuellement (OLT 3, art. 25 al. 1). Le port assisté vient après cette phrase-là, jamais avant.
Lorsqu’un doute subsiste, l’employeur doit faire appel à des spécialistes. NovaFree n’est ni organisme MSST (médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail), ni chargé de sécurité : elle conduit l’analyse ergonomique du poste, à côté de votre spécialiste MSST lorsque vous en avez un.
Un outil fédéral existe pour cela. Le SECO, Secrétariat d’État à l’économie, met à disposition un instrument d’évaluation des risques biomécaniques, mis à jour le 31 octobre 2024, doublé de l’application SECO Ergo-Test : ils évaluent postures et mouvements sur cinq zones du corps : le dos, la nuque, les épaules et les bras, les mains, les hanches et les jambes.
Et il y a une phrase que ni l’une ni l’autre famille n’aime lire.
Dans la brochure fédérale qui leur est consacrée, le SECO écrit que les exosquelettes « ne sont actuellement pas considérés comme des équipements de protection individuelle (EPI) », leur potentiel de protection n’étant pas suffisamment démontré (SECO, « Les exosquelettes et la prévention des atteintes à la santé au travail », 12 juin 2025, publication 710.081.f).
Cela ne dit pas de renoncer : cela dit de mesurer avant et de vérifier après. C’est l’argument qui départage un essai d’un achat.
C’est la question qu’on vous retourne quand vous demandez « actif ou passif ? » : quel geste, quelle zone, quelle charge.
C’est Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree, qui mène ces analyses de poste : le geste d’abord, le modèle ensuite, et parfois pas de modèle du tout.
La page Mesurer les contraintes : les outils fait le tri entre les méthodes, selon le geste dominant du poste.
Comment vérifier au poste lequel des deux types tient ?
L’arbitrage se règle dans le geste réel, en quatre temps : ① l’analyse du poste, gestes et charges relevés ; ② un mois d’essai en conditions réelles, avec des modèles candidats pris dans les deux familles ; ③ un physiothérapeute règle à la personne et recueille les ressentis ; ④ puis le bilan.
C’est là que se vérifient les points qu’aucune fiche technique ne donne : la compatibilité avec les EPI portés, les jours d’adaptation, et le fait qu’un porteur peut renoncer en cours de route. Ce renoncement est un résultat d’essai. Planifier un essai comparatif au poste décrit le déroulé.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Et si vos équipes l’essayaient au poste ?
Sélection multi-marques, un mois d’essai encadré, bilan objectivé, avant toute décision.
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Quelles sont vos questions sur les exosquelettes actifs ou passifs ?
Un exosquelette actif soulève-t-il la charge à ma place ?
Non : il apporte une assistance au mouvement, il ne fait pas le geste : la charge reste dans vos mains. L’assistance accompagne le mouvement que vous amorcez ; elle ne dispense d’aucune des mesures qui allègent le poste en amont.
Un exosquelette actif est-il forcément plus lourd qu’un passif ?
Plus lourd en général, oui : un moteur et une batterie se portent. Mais la répartition compte autant que la masse : un dispositif bien appuyé sur le bassin se supporte mieux qu’un modèle plus léger mal réglé. Cela se juge sur une journée entière. La page Le poids, critère de choix traite la question.
Un exosquelette actif tombe-t-il en panne, et qui le répare ?
Chaque famille a sa propre chaîne de service. Elles ne se ressemblent pas. Le mécanique s’entretient par ses pièces d’usure et le contrôle de ses élastiques ; l’électronique demande des pièces détachées, des mises à jour, parfois un retour chez le fabricant. La question utile porte ailleurs : combien de temps un porteur reste-t-il sans son équipement ? Elle se pose au fournisseur avant de signer.
Faut-il équiper toute une équipe avec la même famille ?
Non : le port reste volontaire et les morphologies diffèrent. Dans les caves du Vacherin fribourgeois, La Gruyère (2 avril 2024) rapportait qu’un employé ne se passait plus du sien quand un autre n’avait jamais voulu l’utiliser, et il s’agissait là de modèles d’une même famille. À plus forte raison entre deux familles, qui ne visent pas les mêmes postes. L’essai équipe des volontaires avec plusieurs modèles ; chacun garde celui qui tient à son poste.