Deux collaborateurs penchés l'un vers l'autre pour se parler à côté d'une machine en marche

Bruit et vibrations dans l’environnement de travail : norme et conformité suffisent-elles en Suisse ?

Ateliers suivis par Canal 9 · Blick

Votre atelier respecte la valeur limite de bruit : restent le geste que le bruit déforme et l’outil qui vibre dans la main.

✓ Le conseil peut conclure qu’il n’y a rien à acheter · ✓ Le document reste chez vous, critères compris · ✓ L’analyse du poste précède toute proposition

En bref : bruit et vibrations au travail relèvent entre autres de l’article 22 de l’OLT 3. Pour l’oreille, la Suva fixe 85 dB(A) sur huit heures ; elle compte environ 20 000 personnes exposées à des vibrations dangereuses. La conformité ne suffit pas : NovaFree regarde aussi le geste que le bruit déforme.

« On est aux normes, non ? » La question tombe à chaque visite d’atelier, et pour l’oreille la réponse est oui. Reste ce que la valeur limite ne regarde pas : la main qui tient la meuleuse des heures durant, le dos que l’engin secoue.

D’abord, de quel bruit on parle : celui du travail, pas celui du voisinage. Puis la valeur suisse du bruit, ce que la loi demande contre les vibrations transmises à la main et au corps entier, ce que le bruit fait au geste et l’ordre des mesures. Les troubles musculo-squelettiques, les TMS, s’y invitent. Les trois autres composantes se lisent sur l’ambiance physique au travail.

De quel bruit parle-t-on : celui du travail ou celui du voisinage ?

Du bruit produit par le travail, dans l’entreprise. La distinction paraît évidente, elle ne l’est pas : une part des questions sur la norme de bruit porte en réalité sur les heures de tranquillité d’un immeuble.

Ce sont deux droits différents. Les horaires de silence relèvent du règlement communal. Le bruit au poste de travail, lui, relève de la loi sur le travail et de l’assurance-accidents, et il se mesure en exposition, pas en horaire.

Un atelier de Bulle ou une menuiserie d’Yverdon relèvent de la Suva et de l’inspection cantonale du travail ; un voisin qui perce le dimanche relève de sa commune. Les deux questions sonores se ressemblent, les deux droits ne se ressemblent pas.

Quelle est la valeur limite d’exposition au bruit en Suisse ?

85 dB(A) sur une journée de huit heures. C’est la valeur d’action fixée par la Suva en vertu de l’article 50, alinéa 3, de l’ordonnance sur la prévention des accidents (Suva, bruit au poste de travail). Dès ce niveau, l’employeur doit agir, et la protection de l’ouïe devient obligatoire. Sur une année de travail, l’exposition doit rester sous 85 dB(A) : c’est la valeur limite.

L’ordre de grandeur du problème est large : environ 200 000 personnes sont exposées à un niveau sonore supérieur aux limites, et environ 20 000 à des vibrations dangereuses (Suva, bruit au poste de travail).

Deux précisions que la valeur seule ne donne pas. Elle s’applique à une exposition moyenne, pas à un pic isolé, que la Suva encadre par des seuils propres. Et pour une femme enceinte, l’affectation à un poste atteignant cette intensité est interdite. Le détail des tables et des feuillets appartient à la Suva : nous la citons, nous ne la réécrivons pas.

Et les vibrations des outils et des engins, que demande la loi ?

Les éviter ou les combattre, comme le bruit. L’article 22 de l’OLT 3 les range sous le même titre, « Bruit et vibrations ». Elles entrent par deux voies : le système main-bras, avec les outils vibrants ou à percussion, et l’ensemble du corps, avec la conduite d’engins et de véhicules, sur les chantiers notamment.

Côté mains et bras, ce sont les personnes qui tiennent une meuleuse, un marteau-piqueur, une ponceuse ou une tronçonneuse une bonne partie de la journée. Côté corps entier, ce sont les conducteurs d’engins de chantier, de chargeuses, de tracteurs, de chariots élévateurs ou de camions, dont le siège transmet les secousses au dos. La Suva le note : de fortes vibrations vont en principe avec un bruit important.

Des quatre familles de mesures de l’article 22, une seule nomme le bruit : l’isolation acoustique ou l’isolement de ses sources. Les trois autres, le bâtiment, les installations d’exploitation et l’organisation du travail, ne nomment ni l’un ni l’autre : elles valent pour les deux. On regarde donc l’outil et l’engin avant la personne, comme pour le bruit, et chaque risque se mesure avec ses propres appareils.

Pour chacune des deux voies, la Suva fixe une valeur d’action et une valeur limite, sur l’exposition d’une journée ramenée à huit heures, notée A(8) et exprimée en mètres par seconde au carré. Main et bras : 2,5 m/s² et 5 m/s². Corps entier : 0,5 m/s² et 1,15 m/s² (Suva, valeurs limites d’exposition, 2026, p. 51).

La valeur d’action est le seuil à partir duquel il faut prendre des mesures et approfondir l’évaluation du risque ; la valeur limite, elle, ne doit pas être dépassée. La mesure des vibrations suit deux normes : ISO 5349 pour la main et le bras, ISO 2631 pour le corps entier (même publication, p. 50).

Pour situer un poste sans tout mesurer, la Suva publie des tableaux de vibrations par branche. Le guide de la CFST sur le bruit et les vibrations range les parades : d’abord la technique, désolidariser la source du bâtiment et les poignées de la source, poser des sièges spéciaux dans les véhicules ; ensuite l’organisation, limiter la durée d’utilisation, laisser les mains se réchauffer, répartir le travail entre plusieurs personnes.

Les gants dits antivibrations n’amortissent presque rien en dessous de 150 Hz, la plage des outils à percussion, mais ils protègent du froid, qui aggrave les troubles. Un siège amortissant mal réglé sur le poids du conducteur peut même se comporter plus mal (Suva, Les vibrations, un facteur de risque).

Pendant la grossesse, et jusqu’à la 16e semaine après l’accouchement, la loi range chocs, secousses et vibrations parmi les travaux dangereux ou pénibles (OLT 1, article 62 ; ordonnance sur la protection de la maternité, article 9). Une femme enceinte ou une accouchée n’y est affectée que si une analyse de risques confiée à un spécialiste écarte toute menace, ou si des mesures de protection y parent.

Les vibrations pèsent aussi sur l’organisation de la sécurité. La directive 6508 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, la CFST, range ces deux voies parmi les contraintes physiques particulières de son annexe 1, et cette liste est déterminante pour l’obligation de faire appel à des spécialistes de la sécurité au travail.

Ce que ces vibrations font à la main et au dos, des « doigts blancs » aux douleurs lombaires, la Suva le décrit, et nous le résumons avec ses sources sur l’ambiance physique de travail et ses vibrations. Au volant d’un bus ou d’un camion, le sujet change d’échelle : vibrations et TMS chez les conducteurs.

Que fait le bruit au geste, et pourquoi personne ne le mesure-t-il ?

Il déplace les corps. C’est l’effet que ni la valeur limite ni les protecteurs d’ouïe ne traitent, parce qu’il n’appartient pas à l’audition : dans un atelier bruyant, on se rapproche, on force la voix, on répète, et on prend des positions qu’on n’aurait pas prises.

L’article 22 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, ne vise pas ce détour : il demande que le bruit et les vibrations soient évités ou combattus.

  1. 1. Le bruit monteLa machine tourne, la ventilation s’y ajoute.
  2. 2. On se rapprochePour s’entendre, et pour entendre la machine.
  3. 3. Le geste s’allongeOn tend le bras depuis une position qu’on n’aurait pas prise.
  4. 4. L’erreur devient possibleUne consigne mal entendue, un signal manqué.
Quatre étapes, visibles à l’arrêt comme en mouvement : le bruit coûte en gestes avant de coûter en audition.

S’y ajoute ce que les préventeurs connaissent sans le chiffrer : la fatigue. Toute une journée passée à soutenir son attention dans le bruit coûte de l’énergie qui ne va plus dans la précision du geste, en fin de poste surtout.

C’est pour cela que le bruit entre dans une analyse de poste, et pas seulement dans un contrôle d’exposition. La prévention d’ensemble se lit sur agir contre les TMS au travail.

Dans quel ordre traite-t-on un poste bruyant ?

La machine avant l’oreille. Ce n’est pas une opinion : l’ordonnance sur la prévention des accidents impose les mesures techniques et organisationnelles avant l’équipement de protection individuelle (OPA, texte officiel sur Fedlex). La même ordonnance pose que des équipements de travail « ne peuvent être employés dans les entreprises » qu’à certaines conditions, et la protection contre le bruit en fait partie.

Concrètement, dans cet ordre : supprimer la source quand c’est possible, capoter ou encoffrer la machine, éloigner le poste, traiter le local, organiser les rotations, et seulement ensuite protéger la personne.

L’article 34 de l’OPA, intitulé « Bruit et vibrations », vise trois niveaux : les bâtiments, les équipements de travail, les procédés de travail et de production. Les bâtiments doivent être aménagés, les équipements conçus, les procédés conçus et appliqués de telle sorte que « le bruit ou les vibrations ne portent pas atteinte à la sécurité ou à la santé des travailleurs ».

Beaucoup d’offres inversent cet ordre : elles viennent de vendeurs de panneaux acoustiques. Un panneau corrige une salle, il ne corrige pas une machine, et sur un poste industriel c’est la machine qui fait le niveau.

Les solutions de correction d’un lieu et celles de réduction à la source ne visent pas le même risque. Combattre le bruit des machines coûte plus cher à l’achat et moins cher dans la durée, parce que la mesure reste en place quand l’équipe change. L’article 3 de l’OPA demande par ailleurs que l’employeur contrôle ses mesures et installations de protection à intervalles appropriés.

Comment mesure-t-on le bruit d’un poste sans se tromper ?

Avec un appareil étalonné, au poste, pendant un cycle réel. Trois erreurs reviennent et rendent la mesure inutilisable : mesurer trop court, mesurer au mauvais endroit, ou mesurer avec un téléphone.

  • La durée : l’exposition se juge sur une journée type, pas sur trois minutes choisies.
  • Le point : la mesure se prend à hauteur d’oreille de la personne, à sa place de travail réelle.
  • L’appareil : les applications de téléphone ne sont pas fiables. La Suva prête des appareils de mesure pendant dix jours à ses assurés.

Et un point qu’on oublie : les lésions auditives sont irréversibles. Une mesure faite trop tard ne répare rien, elle documente. C’est aussi pour cela que le protocole compte autant que le résultat.

Que change-t-on dans votre atelier, et dans quel ordre ?

D’abord ce qui produit le niveau, poste par poste, avec les personnes qui y travaillent. Souvent, quelques machines expliquent à elles seules le relevé d’un atelier entier. Le feuillet 66128 de la Suva donne la trame du relevé.

Ensuite seulement viennent les décisions, et le conseil peut conclure qu’il n’y a rien à acheter : déplacer un poste de trois mètres ou décaler une tâche bruyante hors des heures de forte activité coûte moins qu’un capotage, et se décide en une visite.

Nicolas Wüst relève vos postes bruyants sur site et vous remet ce qu’il a mesuré, avec les critères de chaque recommandation. La lumière, le climat et l’air se regardent dans la même visite : bien éclairer un poste de travail, chaleur et froid au poste de travail, ventiler les locaux de travail. Et sur une ligne : l’ergonomie en atelier et en production.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur le bruit et les vibrations au travail

Quel est le niveau de bruit maximum autorisé au travail en Suisse ?

85 dB(A) en exposition moyenne sur huit heures. C’est la valeur d’action fixée par la Suva en vertu de l’ordonnance sur la prévention des accidents ; sur une année de travail, l’exposition doit rester en dessous, c’est la valeur limite. Dès la valeur d’action, l’employeur doit agir : d’abord sur la source, ensuite sur la personne.

Les bouchons d’oreille suffisent-ils ?

Ils sont le dernier niveau, pas le premier. L’ordonnance impose les mesures techniques et organisationnelles avant l’équipement de protection individuelle. Un protecteur d’ouïe protège l’audition et laisse intact tout ce que le bruit fait au geste.

Une application de téléphone permet-elle de mesurer le bruit d’un poste ?

Non, ces applications ne sont pas fiables. La Suva prête des appareils de mesure pendant dix jours à ses assurés. Une valeur issue d’un téléphone ne vaut ni comme constat, ni comme preuve.

Le bruit d’un espace de bureaux relève-t-il de la même règle qu’un atelier ?

De la même loi, pas du même problème. Un plateau de bureaux atteint rarement la valeur d’action : ce qui s’y joue est la gêne à la concentration. La démarche reste la même : on agit sur la source avant d’équiper les personnes.

Un outil qui vibre relève-t-il de la même règle que le bruit ?

Oui, du même article. L’article 22 de l’OLT 3 demande que le bruit et les vibrations soient évités ou combattus. La valeur de 85 dB(A), elle, ne concerne que le bruit. Les deux se traitent ensemble, mais chacun se mesure avec ses propres appareils, et on agit sur l’outil avant d’équiper la personne.

Existe-t-il une valeur limite pour les vibrations au travail ?

Oui, la Suva en fixe pour la main et pour le corps entier. Elle distingue une valeur d’action, le seuil à partir duquel on agit, et une valeur limite, sur l’exposition d’une journée ramenée à huit heures, notée A(8) : 2,5 et 5 m/s² pour la main et le bras, 0,5 et 1,15 m/s² pour le corps entier. Si les valeurs limites ne sont pas respectées, des mesures de protection s’imposent.

Une femme enceinte peut-elle travailler avec un outil qui vibre ?

Pas sans une analyse de risques préalable. Pendant la grossesse, et jusqu’à la 16e semaine après la naissance, un travail qui l’expose à des vibrations est réputé dangereux ou pénible. Il n’est admis que si le spécialiste chargé de l’analyse écarte toute menace pour elle et pour l’enfant, ou si des mesures de protection y parent.