
Équation NIOSH : quel poids peut-on lever à un poste, en Suisse ?
Notre travail au poste raconté par Blick · Agri Hebdo · Les Echos
Aucune loi ne fixe ici de poids maximal. La question, elle, revient chaque semaine.
✓ Chaque chiffre publié porte sa source et sa date · ✓ Le calcul part de vos mesures au poste, jamais d’un catalogue · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : l’équation NIOSH multiplie une charge de référence par six facteurs relevés au poste : distance, hauteur, déplacement, torsion, fréquence, prise. NovaFree relève ces six facteurs, puis lit le résultat avec le seuil de dépistage du SECO. Elle porte sur le levage, et sur lui seul.
Quel poids peut-on soulever au travail ? La question arrive toujours de la même façon : un dos qui lâche, un poste que personne n’ose changer, et un chiffre que chacun cite sans savoir d’où il sort.
Les valeurs limites américaines ou françaises ne valent pas ici. Cette page dit ce que l’équation NIOSH calcule, la réponse que le SECO lui oppose pour un poste suisse, et où le calcul s’arrête. Elle prolonge le choix d’une méthode d’évaluation ergonomique pour un poste de manutention exposé aux troubles musculo-squelettiques (TMS).
Sur cette page :
Qu’est-ce que l’équation NIOSH ?
Un calcul de levage, et rien d’autre. Il part d’une charge de référence et la corrige par six facteurs mesurés sur le geste réel : distance horizontale, hauteur de prise, déplacement vertical, torsion du tronc, fréquence, qualité de la prise.
Ce qu’il rend n’est pas un poids autorisé, mais un repère de comparaison entre deux façons d’organiser le même geste. Avancez la palette de vingt centimètres : le repère bouge, et la caisse pèse toujours autant.
Son origine est nord-américaine, et c’est la première chose à savoir. Ni la Suva ni le SECO ne publient l’équation NIOSH. Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, met à disposition son propre instrument d’évaluation des risques biomécaniques et l’application Ergo-Test, pour les postures et les mouvements sur cinq zones du corps.
Que change chaque facteur au poids admissible ?
Chacun retranche, et ils se composent. C’est le point que les tableaux de coefficients font perdre de vue : deux conditions seulement moyennes ne s’additionnent pas, elles se multiplient, et le repère tombe plus vite qu’on ne l’imagine.
- La distance horizontale. Plus la charge s’éloigne du corps à la prise, plus le dos travaille. C’est le plus pénalisant des six.
- La hauteur de prise. Une caisse au sol, ou au-dessus des épaules, coûte davantage qu’à hauteur de bassin.
- Le déplacement vertical. La hauteur dont la charge monte ou descend entre la prise et la dépose.
- La torsion du tronc. Pivoter au lieu de déplacer les pieds : l’angle se paie.
- La fréquence. Dix gestes par heure et deux par minute ne sont pas le même travail.
- La qualité de la prise. Poignée franche, bord lisse, gants mouillés : la main décide du reste.
Aucun des six ne parle de la personne. Ni l’âge, ni la fatigue de la veille, ni une douleur ancienne n’entrent dans le compte. C’est une description du travail, pas un examen de qui le fait.
Comment se lit le résultat du calcul ?
On le lit en rapport, pas en kilos. Le calcul rend un repère, que l’on compare à la charge réellement soulevée. Les pages anglophones appellent ce repère le Recommended Weight Limit, le RWL, et nomment ce rapport le lifting index, l’indice de levage.
Les seuils de lecture qui circulent avec cet indice viennent de ses auteurs, et ni la Suva ni le SECO ne les reprennent. Nous ne les publions donc pas. Un seuil sans autorité suisse derrière lui n’aide personne à décider, et il expose celui qui s’en sert.
Ce à quoi le résultat sert, c’est la comparaison. Refaites le calcul avec la palette remontée à hauteur de bassin, puis avec le même geste sans torsion : l’écart entre les deux repères dit quelle modification paie, et laquelle ne change presque rien.
C’est là que la méthode devient utile à un préventeur. Elle ne dit pas si un poste est bon : elle dit par quel bout le prendre.

Quel poids peut-on soulever à un poste en Suisse ?
Aucune charge maximale n’est fixée par la loi. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail impose un ordre, pas un poids : éviter le déplacement manuel par l’organisation et des équipements adéquats, puis, s’il reste manuel, mettre à disposition les moyens appropriés.
C’est l’article 25 de l’OLT 3, qui ajoute deux obligations d’information : sur les risques et les techniques de travail, et sur le poids des charges et leur répartition. Qui ne pèse rien ne peut pas informer.
La Suva donne la mesure du problème : « En Suisse, environ 30 % de la population active déplacent chaque jour des charges lourdes » (Suva, Contraintes corporelles et ergonomie).
Ce qui existe, c’est un seuil de dépistage. Le SECO publie, pour des charges tenues près du corps, des valeurs par tranche d’âge : moins de 25 kg pour un homme de 20 à 35 ans et moins de 15 kg pour une femme du même âge.
Puis moins de 21 et moins de 13 kg de 35 à 50 ans ; moins de 16 et moins de 10 kg au-delà (SECO, Instrument d’évaluation des risques biomécaniques pour la santé, réf. 710.069.f, 2009, révisé en 2016 et 2024, p. 6).
Le document ajoute la phrase qui change tout : « Si ces limites ne sont pas respectées, des mesures particulières sont en général nécessaires. » Ce n’est pas une limite sûre. C’est le point où l’on arrête d’en discuter et où l’on va voir le poste.
Votre charge est-elle au-dessus du seuil de dépistage ?
Trois réponses suffisent. Le résultat compare votre charge au seuil du SECO, pour une charge tenue près du corps.
kg
Le seuil de dépistage est dépassé de 3 kg. Des mesures particulières sont en général nécessaires : on regarde le poste, on ne juge pas la personne.
Ces valeurs sont celles par défaut. Modifiez les trois champs pour obtenir votre propre comparaison.
- Seuils SECO, 25 / 15, 21 / 13 et 16 / 10 kg selon l’âge
Ce calcul ne juge personne. Il compare une situation de travail à un seuil publié par le SECO, et montre l’effet de l’âge sur ce seuil.
Quand le calcul ne répond-il pas à la question posée ?
Il ne couvre qu’un levage à deux mains, par une personne debout. Tout le reste est hors champ, et c’est sa limite la plus utile : la méthode dit franchement ce qu’elle ne sait pas faire.
Restent dehors le port sur une distance, la poussée d’un chariot, le levage à deux, le travail à genoux, la posture tenue sans charge. Un magasinier qui marche douze kilomètres par jour ne lève presque rien.
D’autres grilles couvrent ces cas, chacune sur sa page. Le balayage d’ensemble commence par le feuillet Suva 66128, du relevé à l’appréciation. Un poste qui change sans arrêt appelle la méthode OWAS et son échantillonnage de postures ; quand l’oeil ne suffit plus, la mesure instrumentale de l’effort au poste prend le relais.
Dernière limite, et elle vaut pour toutes : aucune grille ne décrit une personne. Une douleur installée appelle un thérapeute, pas un coefficient.
Que faire quand le repère est dépassé, dans un atelier suisse ?
On remonte l’ordre écrit dans la loi, pas celui du catalogue. L’OLT 3 demande d’abord d’éviter le déplacement manuel. Une palette qui monte à hauteur de bassin, une caisse moins remplie, deux mètres de convoyeur : ce sont des réponses entières, et souvent les moins chères.
Le même instrument du SECO en fait un critère de protection de la santé : « Des moyens auxiliaires sont à disposition ». Viennent donc les aides à la manutention manuelle de charges, avant tout équipement porté, puis les mesures techniques de prévention des contraintes.
L’équipement porté arrive en dernier, au niveau P de l’ordre des mesures, la hiérarchie STOP : il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas (SECO, recommandations 2025).
Une objection revient : la Suva n’exige rien de tout cela.
L’obligation existe, mais elle porte sur des mesures, pas sur un équipement nommé : celles que l’expérience a montrées nécessaires, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées à votre exploitation. C’est pour cela qu’elle ne se solde pas par un achat. Nous la posons en entier dans l’audit ergonomique et ce qu’il relève.
Nicolas Wüst se déplace, relève les six facteurs sur vos gestes réels et vous laisse le relevé. Prendre contact pour faire évaluer un poste : réponse sous 48 h ouvrées.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Vos questions sur l’équation NIOSH
Comment calculer le poids limite recommandé ?
En mesurant six choses au poste, pas en cherchant un nombre. La distance de la charge au corps, la hauteur des mains, la montée ou la descente, l’angle de torsion, le nombre de gestes par minute, la qualité des poignées. L’arithmétique est la partie facile ; le relevé est le travail.
Quel outil employer pour appliquer la méthode ?
Le SECO en propose un, et il ne porte pas le même nom. Son instrument d’évaluation des risques biomécaniques et son application Ergo-Test examinent les postures et les mouvements sur cinq zones du corps. C’est la porte d’entrée que nous conseillons, avant les outils et les tableurs disponibles en ligne.
Et si la charge est portée à deux ?
Le calcul ne s’applique plus. Il décrit un levage à deux mains par une seule personne. À deux, la répartition réelle n’est jamais celle qu’on croit, et elle change au premier déséquilibre. La Suva traite ces situations par l’organisation du travail.
Le calcul couvre-t-il le port sur une distance ?
Non. Il s’arrête à l’instant où la charge quitte le sol et arrive à sa dépose. Marcher vingt mètres avec un sac de ciment, pousser un chariot plein, tenir une caisse en attendant une place : trois contraintes, et aucune n’est un levage.
Un poste sous le seuil est-il un poste sans risque ?
Non, et le document du SECO le dit à sa façon. Ses valeurs sont un seuil de dépistage : au-dessus, des mesures particulières sont en général nécessaires. Au-dessous, rien ne garantit qu’un geste répété huit heures par jour soit tenable.