Chargé de sécurité debout au bord d'un poste, planchette à la main, l'opérateur travaille à côté

Feuillet Suva 66128 : comment s’en servir à vos postes, en Suisse ?

Reportages : RTS · La Gruyère · Agri Hebdo

L’outil officiel d’appréciation des contraintes physiques existe, il se télécharge chez la Suva et il est en français. Son mode d’emploi manquait.

✓ L’instrument employé et la date sont écrits noir sur blanc · ✓ Chaque chiffre porte sa source ; sinon, nous l’écrivons · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : le feuillet Suva 66128 est une grille de dépistage qui balaie quatre groupes de contraintes à un poste, puis rend un résultat en trois couleurs. NovaFree le remplit avec vous, sur place. Il dit où regarder de plus près ; il ne dit pas quoi faire.

Ses instructions posent la règle : « Les mesures d’amélioration ne doivent être établies et mises en oeuvre que sur la base des analyses approfondies ». Autrement dit, ce document ouvre un travail, il ne le referme pas.

Cette page dit qui le remplit, comment lire son résultat, et quoi faire au rouge. Elle prolonge les méthodes d’évaluation ergonomique et ce qu’elles rendent, contre les TMS, les troubles musculo-squelettiques.

Qu’est-ce que le feuillet Suva 66128 ?

Une liste de contrôle de six pages, en français. Son intitulé exact est « Appréciation des contraintes physiques au poste de travail » ; sa description circule aussi sous le nom de contrôle des contraintes physiques.

Deux documents sur la même page de téléchargements : la fiche de travail 66128 et ses instructions 66128-1 (Suva, appréciation des contraintes physiques au poste de travail). On prend souvent la première sans la seconde. C’est là que commencent les ennuis.

Elle balaie quatre groupes : postures forcées, gestes répétitifs, efforts physiques, facteurs d’ambiance. Le dernier ne se remplit qu’en cas de problème manifeste.

Qui remplit la grille, et avec qui ?

Quelqu’un qui regarde de l’extérieur. Les instructions sont explicites : « L’appréciation est effectuée par une tierce personne qui observe ».

Elles ajoutent une précision rare : « Aucun autre outil ni connaissance technique particulière ne sont requis ». Une entreprise peut donc le faire elle-même. En cas d’incertitude, la Suva recommande un spécialiste qui connaît les instruments.

La personne observée est associée et interrogée : en cas de doute, elle « sera une source d’informations et une aide à la décision importante ». C’est la différence entre une grille remplie et une grille utile.

La grille ne réserve rien à un métier. Elle se remplit dans les professions et les activités où les risques physiques sont particulièrement élevés, celles qui demandent de porter, de pousser ou de tenir longtemps la même posture ; c’est l’entreprise qui désigne ces postes-là, pas le document.

Comment se remplit-elle, étape par étape ?

Trois gestes par caractéristique, puis une synthèse. L’ordre compte : on classe avant de chronométrer, jamais l’inverse. C’est la marche que décrit le dépliant de la Suva, daté du 25.04.2024.

  1. Classer la caractéristique. Elle se range dans l’une des trois zones de couleur, selon sa forme la plus marquée sur une journée ordinaire.
  2. Définir le temps d’exposition. Moins de deux heures, de deux à quatre, plus de quatre par jour. Pauses et temps d’attente déduits.
  3. Cocher le cumul dans la grille. Le croisement de l’intensité et de la durée donne une case verte, jaune ou rouge : voir plus bas la lecture du résultat.
  4. Faire la synthèse. On compte les verts, les jaunes et les rouges, groupe par groupe, puis pour le poste entier.

Deux pièges. Chaque caractéristique se remplit indépendamment des autres. Et le temps d’exposition n’est pas le temps de présence : c’est la durée pendant laquelle la contrainte agit.

Deux personnes penchées sur une feuille vierge posée sur un établi, machine à l'arrêt derrière
Le résultat se lit à deux, au bord du poste : c’est là qu’on sait ce qu’il vaut.

Que faire quand l’appréciation sort au rouge, en Suisse ?

Une analyse approfondie, recommandée noir sur blanc. La règle tient en une ligne : un classement rouge, ou trois jaunes et davantage, et l’analyse approfondie est recommandée.

Le vert ne veut pas dire « rien à faire ». Les instructions prévoient d’agir malgré un vert en cas d’indices : plaintes, troubles connus, absences. La grille ne remplace jamais ce que l’équipe raconte.

Ensuite, l’ordre des mesures est écrit : supprimer, mécaniser, réorganiser, et seulement à la fin équiper la personne. Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) range l’exosquelette parmi les mesures Personnelles au sens du principe S-T-O-P. Le détail se lit sur la hiérarchie STOP et sur prévenir les TMS : la démarche.

Reste la question que tout le monde pose autrement : quand un problème de santé devient-il un problème de travail ? Le jour où quelqu’un change sa façon de faire pour tenir la journée. Une appréciation au rouge arrive, elle, avant ce jour-là.

Le cadre entier se lit sur vos obligations MSST d’employeur. Nicolas Wüst relit les grilles remplies et dit, poste par poste, ce qui manque. Nous contacter pour relire une grille : nous dirons ce qu’elle dit et ce qu’elle tait.

Où le feuillet s’arrête-t-il, et qui prend le relais ?

Il s’arrête au dépistage, et il le dit lui-même. Son chapitre 6.3 renvoie à des instruments spécifiques, groupe par groupe.

Sur les postures forcées, il renvoie à l’instrument d’évaluation des risques pour l’appareil locomoteur du SECO. Les gestes répétitifs le conduisent à nommer la méthode RULA. Les efforts physiques, à son propre outil sur le levage et le transport manuels de charges.

Quatre chemins complémentaires existent, que le feuillet ne nomme pas : la méthode REBA pour le corps entier, la méthode OWAS retenue par le SECO pour un poste qui change, le questionnaire nordique pour le ressenti, et la mesure instrumentale de l’effort quand l’œil ne suffit plus.

Enfin, une mise en garde : il ne mentionne pas les exosquelettes.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur le feuillet Suva 66128

Le feuillet Suva 66128 est-il obligatoire ?

Non. Ce qui est dû, c’est la détermination des dangers et l’appréciation du risque, cinquième des dix éléments du système de sécurité de la directive 6508 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST). Le feuillet est un moyen d’y répondre, parmi d’autres.

Faut-il une grille par poste ou une pour l’atelier ?

Le document ne tranche pas, et nous ne trancherons pas à sa place. Il parle d’examiner « un poste de travail ou une activité ». En pratique, deux postes aux gestes différents demandent deux grilles : sinon la moyenne efface ce qu’on cherchait.

Le feuillet parle-t-il des exosquelettes ?

Non, à aucun endroit. Il apprécie des contraintes physiques et renvoie à des instruments d’analyse. Toute page qui lui fait dire autre chose se trompe de document.