
Troubles musculo-squelettiques chez les artisans : quels gestes usent quand on travaille seul, en Suisse ?
Un relevé fait à l’atelier, pendant le travail, sans fermer une journée
La Suva le dit : la plupart des troubles du dos ne sont pas reconnus comme maladie professionnelle.
✓ Relevé à l’atelier, sans fermer · ✓ Toutes marques, aucun stock · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : les troubles musculo-squelettiques chez les artisans ne se traitent pas comme dans une usine. Quand on est seul, un arrêt n’est pas une absence, c’est une fermeture. La hauteur de travail décide avant tout achat. NovaFree relève à l’atelier, sans fermer.
Un atelier suisse d’une à trois personnes n’a ni service du personnel ni budget de prévention.
Vous lirez ici quels gestes usent dans votre métier, ce qui se passe si vous devez vous arrêter, et quatre questions qui suffisent à décider seul de la mesure à prendre. La démarche d’ensemble se lit sur la prévention des TMS en entreprise.

Quels TMS dans ce métier : coiffure, boulangerie, installation ou mécanique ?
Quatre métiers, un point commun : l’équipement de l’atelier a été installé une fois, souvent par quelqu’un d’autre, et il impose la hauteur depuis.
En coiffure, les bras restent en l’air. La coupe se fait à hauteur de tête, le brushing au-dessus de l’épaule, et la journée n’a pas de pause longue. L’épaule travaille dans sa position la moins favorable, plusieurs heures d’affilée, et personne ne prend le relais.
Au fournil, la hauteur vient du four. L’enfournement se fait bras tendus devant soi, le pétrin se vide penché, les sacs se prennent au sol. Le tout commence à quatre heures du matin, muscles froids.
Chez le client, le corps entre dans l’espace disponible. Sous un évier, dans un vide sanitaire, à genoux sur un carrelage : la posture est dictée par le bâtiment. Ce qui se plaint : les genoux, les épaules, la nuque.
En mécanique, la contrainte est au-dessus. Travailler bras levés sous un véhicule, tenir une visseuse à bout de bras, forcer sur une clé bloquée : la force et la position se cumulent, et l’outil vibrant ajoute sa part au poignet.
Une dernière particularité complique tout : création, fabrication, réparation, pose chez le client et livraison sur une zone d’intervention parfois large. Les outils changent, les hauteurs changent, et aucune de ces activités ne dure assez pour qu’on l’aménage.
Les situations décrites viennent de relevés en atelier.
Que se passe-t-il si vous devez vous arrêter ?
C’est la question que personne ne pose à un indépendant, et c’est la seule qui compte. Un salarié s’arrête et l’entreprise continue. Vous, vous fermez.
À cela s’ajoute une réalité de couverture mal connue. La Suva écrit que la plupart des troubles musculo-squelettiques ne figurent pas à la liste des affections reconnues, et qu’ils ne peuvent l’être que par une voie qui exige que les facteurs professionnels représentent au moins 75 % du spectre des causes total (Suva, appareil locomoteur).
Ce seuil est très rarement atteint pour un dos ou une épaule, et presque jamais pour une atteinte qui s’est construite sur quinze ans d’atelier. Concrètement, ce qui n’a pas été prévenu reste à votre charge, en jours non facturés que personne ne vous remboursera. Votre couverture exacte dépend de votre statut et de vos contrats : elle se vérifie auprès de votre assureur, pas ici.
C’est pourquoi la prévention d’un artisan ne se juge pas en francs investis, mais en journées d’ouverture préservées. Le calcul est différent de celui d’une PME.
Quelles solutions dans cet environnement de travail ?
Dans l’ordre de la hiérarchie STOP des mesures, ramené à ce qu’un atelier de trois personnes peut décider un mardi matin.
Les deux premières questions règlent la majorité des cas. Supprimer un geste inutile et remonter un plan de travail ne coûtent presque rien, et ils agissent sur toutes les heures de l’année. Le premier niveau se lit sur la substitution en ergonomie, supprimer avant d’équiper.
La troisième question est celle qu’on oublie. Un outil mal entretenu demande plus de force qu’un outil neuf, et cette dégradation est progressive : personne ne la remarque. Une lame affûtée, un roulement changé, une visseuse au bon couple valent un aménagement.
L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande d’éviter le déplacement manuel quand il peut l’être et de fournir des moyens appropriés quand il reste manuel (OLT 3, art. 25). Elle vise l’employeur : si vous avez un apprenti ou un employé, elle vous vise.
L’équipement porté vient en quatrième position, jamais avant. Les modèles passifs n’ont ni batterie ni électronique à entretenir. Mais le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, rappelle qu’ils ne constituent qu’une mesure complémentaire (SECO, brochure exosquelettes 2025, p. 9). Le versant équipement se lit sur l’exosquelette pour les artisans.
Par où commencer quand on est seul ?
Par le geste que vous faites le plus, pas par celui qui fait le plus mal.
- Compter, sur une journée ordinaire, combien de fois vous travaillez au-dessus de l’épaule ou en dessous du genou. Le nombre décide de tout le reste.
- Régler ce qui se règle : hauteur du fauteuil, du plan, de la grille, du poste. L’article 24 de l’OLT 3 parle de position naturelle du corps.
- Passer l’outillage en revue une fois par an, sur l’effort demandé et non sur l’usure visible, parce qu’un outil qui durcit ne se voit pas.
- Ne regarder un équipement porté qu’après, et l’essayer sur vos propres travaux avant de l’acheter. L’article 27 de l’OLT 3 pose le même ordre pour l’équipement individuel.
Nicolas Wüst vient à l’atelier pendant le travail, sans fermeture ni journée perdue, et il repart avec un document que vous gardez. Et le relevé peut conclure qu’un réglage et un outil changé règlent le principal : c’est la conclusion la plus fréquente dans les petites structures.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Parlons de vos postes de travail
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions
Que signifie l’abréviation TMS pour un artisan ?
Troubles musculo-squelettiques. Il s’agit ici des atteintes des muscles, des tendons et des nerfs entretenues par le travail.
Un indépendant est-il couvert en cas de trouble du dos ?
Cela dépend de son statut et de ses contrats, et la reconnaissance est rare. La plupart des troubles musculo-squelettiques ne figurent pas à la liste des affections reconnues, et l’autre voie exige une part professionnelle très élevée. La question se vérifie auprès de votre assureur.
Un exosquelette a-t-il un sens dans un atelier d’une personne ?
Parfois, et seulement en quatrième position. Les modèles passifs n’ont ni batterie ni électronique à entretenir. Mais un réglage de hauteur ou un outil changé agissent sur toutes les heures de l’année, et coûtent moins cher.