
Démarche ergonomique en Suisse : quelles étapes traverse votre entreprise ?
Nos démarches suivies par la RTS · Canal 9 · Les Echos
Du matériel acheté l’an dernier et les mêmes arrêts qui reviennent : cinq étapes remettent les décisions dans l’ordre, et l’équipement passe en dernier.
✓ Cinq étapes, dans cet ordre : l’équipement en dernier · ✓ Conseil sans exclusivité fournisseur · ✓ Vous décidez à chaque étape si la suivante a lieu
Des entreprises suisses accompagnées par NovaFree








En bref : dans une entreprise suisse, la démarche ergonomique tient en cinq temps, et l’équipement individuel n’arrive qu’au dernier. NovaFree les conduit au poste réel, avec un physiothérapeute. Aucun texte fédéral ne fixe ces cinq étapes : ce sont les nôtres.
Dans un atelier de conditionnement fribourgeois, les ceintures achetées l’an dernier dorment dans un casier, et les mêmes arrêts reviennent au même poste.
La situation de départ est courante : environ 30 % de la population active déplacent chaque jour des charges lourdes (Suva, contraintes corporelles et ergonomie). Une dépense engagée avant d’avoir regardé le poste est presque toujours à refaire.
Une intervention ergonomique se juge donc à l’ordre dans lequel elle avance : voici cet ordre en cinq étapes, ce qui déclenche chacune et où elle s’arrête. L’ergonomie en entreprise pose le cadre d’ensemble.
Sur cette page :
- Quelles étapes votre entreprise traverse-t-elle ?
- Étape 1 : qu’est-ce qui déclenche une démarche ?
- Étape 2 : que regarde-t-on à vos postes ?
- Étape 3 : dans quel ordre les mesures arrivent-elles ?
- Étape 4 : que se passe-t-il pendant le mois sur le terrain ?
- Étape 5 : comment sait-on qu’une démarche a servi ?
- Une démarche se déroule-t-elle pareil dans tous les secteurs ?
- Comment une démarche se déroule-t-elle sur plusieurs sites ?
- Faut-il une méthode française pour une entreprise suisse ?
- Quand une démarche s’arrête-t-elle avant la fin ?
Quelles étapes votre entreprise traverse-t-elle ?
Cinq : le cadrage, l’observation des postes, les mesures classées, le mois sur le terrain, la vérification un an après. Aucune autorité fédérale ne publie de liste officielle : celles-ci sont les nôtres, adossées aux obligations que le droit du travail impose déjà à l’employeur.
- Vous dites ce qui vous amène. Des arrêts qui reviennent, une plainte, un projet de ligne : le cadrage part des indicateurs que vous avez déjà. Cadrer la demande.
- Vos postes sont observés pendant le travail. Gestes, charges, cadences, environnement : relevés sur des instruments nommés et datés. L’observation des postes.
- Vous recevez des mesures classées, pas un catalogue. Supprimer, aménager, réorganiser ; l’équipement individuel arrive en dernier, et le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) recommande de privilégier d’abord les autres mesures d’amélioration des conditions de travail. Lire les mesures dans l’ordre.
- Ce qui reste se teste un mois, sur le terrain. Avec les personnes qui tiennent le poste et un physiothérapeute, aux heures où le travail est difficile. Le mois sur le terrain.
- Vous vérifiez ce qui a tenu. Un an plus tard, ce qui est resté en place en dit plus long qu’un rapport. Vérifier un an après.
Étape 1 : qu’est-ce qui déclenche une démarche ?
Un fait qui se répète suffit. Trois arrêts en un an sur le même poste de palettisation, une plainte remontée deux fois au même chef d’équipe, une ligne qu’on réaménage, un retour au travail après un accident : chacun de ces signaux ouvre le cadrage, et vous en possédez déjà la matière. Rien de neuf n’est à produire pour commencer.
Le cadrage fixe trois choses : les postes concernés, les personnes qui doivent être dans la salle et le résultat attendu, écrit noir sur blanc. C’est la seule étape qui se discute en interne avant d’engager quoi que ce soit ; la suivante ne s’ouvre qu’à votre décision.

Étape 2 : que regarde-t-on à vos postes ?
Le travail réel, jamais le travail prescrit. Vos postes sont observés en marche, avec celles et ceux qui les tiennent : gestes, charges, hauteurs de prise, cadences, chaleur, éclairage, et les arrangements inventés pour tenir la journée.
Les contraintes se cotent ensuite sur des instruments publics et datés, la liste de contrôle Suva 66128 et l’instrument d’évaluation des risques biomécaniques du SECO. Le détail du relevé : l’analyse ergonomique de vos postes les nomme et les date un par un.
Étape 3 : dans quel ordre les mesures arrivent-elles ?
L’ordre porte un nom, et il ne varie pas : la hiérarchie STOP, pour Substitution, mesures Techniques, mesures Organisationnelles, Protection individuelle. Supprimer d’abord, quand le levage disparaît parce que la palette monte sur un élévateur. Aménager le poste, la hauteur de prise, l’accès, l’éclairage. Réorganiser le travail, la rotation, le rythme. Équiper la personne en dernier.
Ce dernier rang n’est pas une préférence de méthode : on cherche d’abord à améliorer les conditions de travail, et l’on n’équipe une personne qu’ensuite. Une part des contraintes se règle à ces trois premiers rangs, sans rien acheter.
Cette étape n’arrête pas votre production. L’observation a eu lieu pendant le travail, les mesures se planifient sur vos créneaux, et rien ne s’enchaîne d’un bloc : à chaque passage, l’entreprise décide si elle continue. Les outils de l’analyse ergonomique donnent les grilles de ce classement, et la hiérarchie STOP déplie ses quatre niveaux.

Étape 4 : que se passe-t-il pendant le mois sur le terrain ?
Vos équipes essaient les mesures retenues à leur poste, un mois durant. Elles les installent dans le travail réel, et un physiothérapeute vient régler, observer et écouter. Les réglages se reprennent d’une semaine à l’autre, et les objections sortent : la chaleur, le temps d’enfilage, le regard des collègues.
Le mois sert à trier : une mesure que le poste rejette ne protège personne. Un aménagement abandonné parce qu’il gêne un autre geste est une information, et elle se note. Notre accompagnement terrain d’un mois déroule ce rythme semaine par semaine.
Une contrainte qui subsiste au dernier rang, à ce moment-là seulement, ouvre la discussion sur l’essai encadré au poste réel d’un exosquelette, un mois durant. Rien n’y conduit mécaniquement : c’est une bifurcation, et l’exosquelette complète les mesures prises sans les remplacer.

Étape 5 : comment sait-on qu’une démarche a servi ?
On revient au poste un an plus tard, et on regarde ce qui est resté. Les aménagements tiennent-ils encore ? Les rotations survivent-elles à une équipe incomplète ? L’équipement se trouve-t-il au poste ou au vestiaire ? Un dispositif introuvable au poste au bout d’un an reste une information : le geste a changé, la personne a trouvé mieux, ou le réglage n’a jamais convenu.
Le critère qui tranche se lit au poste, et il se lit tôt. Sur les chantiers de l’entreprise Bornet, après six semaines d’essai, le patron ramenait la décision à une seule condition, au 19h30 de la RTS (12 novembre 2025) : « Du moment que l’employé trouve du bénéfice, vu qu’il a pu le tester ». La personne qui tient le poste tranche ; l’entreprise en tire sa décision.
Le gain est concret : vous savez lesquelles de vos mesures ont tenu, vous disposez d’un dossier daté pour votre assureur ou l’inspection du travail, et la décision suivante ne repart pas de zéro. L’effort de votre côté tient en une demi-journée de retour aux postes. Chiffrer la valeur d’une démarche ergonomique prolonge ce bilan, et des interventions en situation réelle montrent à quoi il ressemble.
Une démarche se déroule-t-elle pareil dans tous les secteurs ?
Non : l’ordre tient, le contenu de chaque étape change. Une cave d’affinage impose l’humidité, le froid et des meules reprises à bout de bras ; un quai de charge, la cadence des camions et des hauteurs dictées par le véhicule ; un atelier de conditionnement, la répétition, plusieurs centaines de fois par jour.
Les mesures qui sortent de l’étape 3 n’ont donc rien de commun. Le rang de l’équipement, lui, ne bouge pas. L’ergonomie appliquée à votre secteur reprend ces situations métier par métier.
Comment une démarche se déroule-t-elle sur plusieurs sites ?
Site par site. Deux sites d’un même groupe ne traversent pas les étapes au même rythme : l’un a déjà mécanisé sa manutention et arrive vite au mois de terrain, l’autre découvre son étape 2. La démarche se conduit en séquence, avec un cadrage commun pour que les relevés se comparent et une restitution par site.
Deux points d’appui servent cette géographie : Saillon, en Valais, d’où Nicolas Wüst couvre l’ouest du pays, Fribourg et Neuchâtel compris ; et, depuis août 2026, NovaFree NB Sàrl, société sœur basée à Malleray (Valbirse, dans le Jura bernois) et dirigée par Nadja Broquet, pour l’arc jurassien et la partie alémanique du pays.
Les visites se font sur place, à Lausanne, Yverdon, Bulle, Sion ou Martigny comme ailleurs dans le pays. Nos prestations, de l’audit au suivi, détaillent le contenu de chaque intervention.
Faut-il une méthode française pour une entreprise suisse ?
Non. Le malentendu est pourtant courant. Les méthodes françaises décrivent un cadre qui n’a pas cours ici : un intervenant agréé, un fonds national de prévention, une commission obligatoire, un document d’évaluation des risques imposé par la loi. Voici leurs équivalents ici, quand ils existent.
L’IPRP, l’intervenant en prévention des risques professionnels (France), n’a aucun statut équivalent ici : le SECO renvoie à la faîtière SwissErgo, membre du CREE. Le FIPU, fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (France), n’a pas davantage de pendant fédéral : le financement se traite au cas par cas.
La CSSCT, commission santé, sécurité et conditions de travail (France), trouve son pendant dans la directive CFST 6508, dite MSST, qui organise le recours aux médecins du travail et aux spécialistes de la sécurité.
Le COPIL, comité de pilotage (France), ne correspond à aucune instance imposée : le cadrage désigne qui arbitre et qui parle du poste. Quant au document unique d’évaluation des risques (France), aucun document réglementaire ne porte ce nom en Suisse ; les obligations vivent dans la loi sur le travail, l’OLT 3 et l’OPA.
Ici, l’obligation porte sur la santé des personnes : la protéger par toutes les mesures que l’expérience a montrées nécessaires et que l’état de la technique permet d’appliquer (loi sur le travail, art. 6) et concevoir les postes selon les principes de l’ergonomie (ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, OLT 3, art. 23 à 25).
L’ordonnance sur la prévention des accidents, l’OPA, y ajoute l’identification des dangers. Cette page nomme ces textes et dit à quelle étape ils mordent ; la page le droit du travail et l’ergonomie les explique article par article.
Quand une démarche s’arrête-t-elle avant la fin ?
Souvent : c’est même une bonne nouvelle. Trois situations reviennent ; autant les dire avant le cadrage.
La contrainte disparaît à l’étape 3. Si supprimer un levage ou mécaniser une reprise règle le problème, il n’y a ni mois de terrain ni équipement : la démarche se referme là. C’est la position du SECO, et nous la tenons même quand nous conseillons des exosquelettes.
Personne ne veut porter ce qui reste. Le potentiel de protection des exosquelettes n’étant pas suffisamment démontré, le SECO ne les considère pas, à ce jour, comme des équipements de protection individuelle (SECO, 2025). Si les personnes au poste n’en veulent pas, on ne force pas : on retourne aux mesures collectives.
La douleur est individuelle et médicale. Une personne qui a mal n’est pas un poste qui contraint. NovaFree fait de l’ergonomie-conseil, l’adaptation du système de travail. L’ergothérapie agit sur la personne, sur prescription médicale : ce métier n’est pas le nôtre, et le soin individuel s’oriente vers nos partenaires de santé.
Une démarche qui s’arrête tôt est une démarche qui a fonctionné. L’entreprise décide ensuite en connaissance de cause.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Parlons de vos postes de travail
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur la démarche ergonomique
Quelles sont les 5 étapes d’une démarche ergonomique ?
Le cadrage, l’observation des postes, les mesures classées, le mois sur le terrain, la vérification un an après. Aucune autorité fédérale ne publie de liste officielle sous ce nom. Celles-ci sont les nôtres, adossées aux obligations que la loi sur le travail et l’OLT 3 imposent déjà à l’employeur.
Faut-il un ergonome certifié IPRP pour mener une démarche ergonomique ?
Non : l’IPRP est un statut français, celui d’intervenant en prévention des risques professionnels, enregistré auprès d’une administration française. Il n’a aucune existence en droit fédéral. Ici, la directive CFST 6508, dite MSST, organise le recours aux spécialistes de la sécurité au travail, et le SECO renvoie à la faîtière SwissErgo, membre du CREE. La question utile porte sur l’instrument : sur quoi les contraintes sont-elles relevées, et qui relit le relevé ?
Le FIPU peut-il financer une démarche ergonomique ?
Non : le FIPU est un fonds français, le fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle. Il ne finance rien ici, et aucun fonds fédéral équivalent n’existe. Pour l’équipement lui-même, les options de financement font le tour des pistes existantes.
Une démarche ergonomique s’arrête-t-elle au rapport ?
Non, et c’est pourtant là que beaucoup s’arrêtent. Un rapport classe des mesures. L’étape 4 les installe au poste avec les équipes pendant un mois, l’étape 5 revient au bout d’un an. Sans ces deux temps, personne ne sait si le geste a changé.
Qui doit participer à une démarche ergonomique, côté entreprise ?
Trois rôles, et le troisième pèse le plus lourd. La direction arbitre et libère les moyens. L’encadrement organise les créneaux et les remplacements. Les personnes qui tiennent le poste racontent le travail réel, les douleurs et les bricolages inventés pour tenir. Une démarche menée sans elles produit des mesures que personne n’applique.