Peintre vu de profil, tête renversée en arrière, appliquant un rouleau sur un plafond

Cervicalgie professionnelle : d’où vient la nuque raide au travail, en Suisse ?

Nos postes analysés devant RTS · Les Echos · 24 Heures

Une nuque ne se redresse pas sur commande. Elle se décharge, ou elle tient.

✓ Trente minutes de conseil sans engagement, en français ou en allemand · ✓ Le conseil peut conclure qu’aucun équipement n’est utile · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : une cervicalgie professionnelle se traite en trois gestes, dans cet ordre. On baisse l’ouvrage, on coupe le courant d’air, on rend de la lumière. La posture vient après, jamais avant. NovaFree relève ces trois-là au poste. Une douleur installée relève du soin, pas du réglage.

Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) range, parmi les contraintes à surveiller, les « positions de travail avec bras levés, la rotation latérale de la tête » (SECO, brochure Ergonomie). Deux contraintes de nuque, et aucune ne vient d’un écran.

Le marché francophone n’a qu’une nuque : celle du bureau. Cette page traite l’autre, celle des troubles musculo-squelettiques, les TMS, quand la tête part en arrière. Elle prolonge les TMS rangés par zone du corps.

Qu’appelle-t-on une cervicalgie professionnelle ?

Une douleur du rachis cervical que le travail déclenche ou entretient. Les sept vertèbres du cou portent la tête ; les muscles qui les tiennent travaillent en continu dès que le regard quitte l’axe.

Une distinction change la conduite à tenir. La cervicalgie commune reste dans le cou et les trapèzes. La névralgie cervico-brachiale, elle, descend dans le bras, avec fourmillements ou perte de force : un nerf est en cause, et le traitement sort du champ de l’ergonomie.

Retenez la ligne de partage. Ce qui descend dans le bras se fait examiner ; ce qui reste dans le cou se regarde au poste. Les douleurs cervicales chroniques peuvent relever des deux : l’une n’excuse pas d’ignorer l’autre.

L’article 3, alinéa 1bis, de l’ordonnance sur la prévention des accidents, l’OPA, demande qu’une enquête relevant de la médecine du travail soit menée dès que des éléments font apparaître qu’une activité porte atteinte à la santé d’un travailleur.

Qu’est-ce qui agit sur une nuque au travail ?

Quatre familles, et la posture n’est que l’une d’elles. Les trois autres passent inaperçues parce qu’elles ne se voient pas sur une photo.

  • Posture imposée par la hauteur de l’ouvrage : plafond, dalle, pergola, cime. La tête suit l’ouvrage.
  • Ambiances physiques : un courant d’air froid dans le dos, un local mal chauffé, un éclairage insuffisant qui fait avancer le cou pour voir. Le détail se lit sur l’ambiance physique d’un poste de travail. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, les traite à ses articles 15, 16 et 17 : l’éclairage, le climat des locaux, la ventilation.
  • Organisation : une cadence qui interdit de reposer la tête, l’absence de rotation entre les tâches hautes et les tâches basses.
  • Poste à écran : l’ordinateur portable posé à plat, sans support ni clavier séparé, qui oblige la tête à tomber toute la journée.

Deux réglages se vérifient sans instrument : le haut de l’écran au niveau des yeux, et un appui pour les avant-bras. Un portable posé à plat ne remplit ni l’un ni l’autre. L’article 24 de l’OLT 3 demande que les postes de travail permanents permettent d’adopter une position naturelle du corps. Au besoin, ajoute-t-il, des accoudoirs et des repose-pieds seront installés.

Pourquoi la nuque de chantier n’est-elle pas la nuque de bureau ?

Parce qu’elle travaille en extension, pas en flexion. Devant un écran, la tête tombe vers l’avant. Sous une dalle, elle part en arrière et y reste, mâchoire relevée, regard au plafond. Ce sont deux contraintes opposées et deux corrections opposées.

Les métiers concernés sont ceux du pays : peinture et plâtre au plafond, électricité et ventilation sous dalle, montage en hauteur, viticulture en pergola, élagage.

Aucun conseil de posture ne règle cela. La tête est en extension parce que l’ouvrage est en hauteur. Même raisonnement que sur le TMS de l’épaule au travail : les deux vont ensemble.

Et quand la douleur dure ?

Elle sort de notre champ, et nous le disons. La durée d’une cervicalgie chronique, son traitement, la cervicarthrose, l’arrêt de travail et la possibilité d’obtenir une invalidité sont des questions médicales et assurantielles. Nous ne publions ni durée moyenne ni taux : aucune source suisse n’en donne.

Sur la reconnaissance en maladie professionnelle, la règle est la même que pour le dos, et elle est stricte : le détail de la voie hors liste est traité sur la page de la lombalgie professionnelle. Le cadre français, lui, ne s’applique pas ici.

Ce qui reste à l’entreprise est entier : le poste sur lequel la personne revient. Même plafond, même cadence, même douleur. C’est là que notre travail commence, et il n’arrête pas la production.

Que change-t-on sur le poste, et dans quel ordre ?

On descend l’ouvrage avant de monter la personne. Plateforme, échafaudage réglable, préassemblage au sol, perche : chaque centimètre gagné retire de l’extension cervicale. Ensuite seulement viennent l’organisation, puis la personne.

Cet ordre a un nom : la hiérarchie STOP, de la suppression à la personne. Les EPI déjà portés en font partie : un casque mal réglé pèse sur la même nuque. L’article 27 de l’OLT 3 ne place l’équipement individuel de protection qu’après les mesures d’ordre technique ou organisationnel, et seulement si celles-ci ne suffisent pas.

Reste le cas où rien ne descend : l’exosquelette de nuque en décrit alors les limites. Le SECO le classe au niveau P : il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas.

Nicolas Wüst regarde le poste avant de proposer quoi que ce soit, et il arrive que sa conclusion soit qu’aucun équipement n’est utile. La visite tient en une heure, sur vos créneaux. Nous contacter au sujet d’une nuque qui tient : trente minutes de conseil sans engagement, en français ou en allemand.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur la nuque au travail

Quelle est la cause de la tension musculaire dans la nuque ?

Un muscle qui ne revient jamais au repos. Tête en extension sous un plafond, penchée sur un portable, ou cou avancé dans une lumière insuffisante : les muscles cervicaux tiennent en continu. Le froid aggrave la contracture.

Une cervicalgie peut-elle être reconnue comme maladie professionnelle en Suisse ?

Rarement. Les atteintes cervicales ne sont pas reconnues par la liste de l’annexe 1 de l’ordonnance sur l’assurance-accidents : la reconnaissance passe par la voie hors liste, dont le seuil de preuve est élevé. Le tableau français des maladies professionnelles n’a aucun équivalent ici.

Faut-il changer de siège ou changer d’écran ?

Ni l’un ni l’autre avant d’avoir regardé le poste entier. Un siège neuf sous un écran trop bas ne change rien. Commencez par la hauteur de l’écran, l’appui des avant-bras et le support du portable : trois corrections qui ne coûtent presque rien et se vérifient à l’œil.

Un exosquelette soulage-t-il la nuque ?

Parfois, et seulement quand rien ne peut descendre. Un appui cervical reprend une part du poids de la tête. Le SECO le classe au dernier niveau : il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas. L’essai au poste dit s’il tient chez vous.