
TMS dans les administrations et les collectivités : quels gestes usent dans une commune suisse ?
Un relevé fait dans chaque service, sur la tournée, pas au bureau
8,2 jours. C’est l’absence moyenne pour raisons de santé par emploi salarié à plein temps, relevée par l’Office fédéral de la statistique pour 2025.
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En bref : dans les administrations et les collectivités, une commune n’a pas un métier : elle en a quatre sous un seul budget. Ripeur, cantonnier, jardinier, concierge d’école : rien de commun sauf l’employeur. NovaFree relève service par service, poste par poste, jamais en bloc.
Dans une commune suisse, les troubles musculo-squelettiques d’un service technique se lisent service par service, pas en bloc.
Une commune paie ces quatre métiers sur la même ligne. Vous lirez ici ce qui use dans chacun de ces quatre services, à partir de quel effectif l’organisation de la sécurité doit être justifiée, et par où commencer avant le prochain budget. La démarche d’ensemble se lit sur la prévention des TMS en entreprise.

Quels TMS dans ce métier : collecte, voirie, espaces verts ou conciergerie scolaire ?
Les troubles musculo-squelettiques sont les atteintes des muscles, des tendons et des nerfs entretenues par le travail. Des facteurs individuels s’y ajoutent, détaillés sur les facteurs de risque des troubles musculo-squelettiques. Dans une commune, ces troubles prennent quatre visages, un par service.
À la collecte et à la voirie, l’effort n’est pas commandé par la charge. Le conteneur se tire, se bascule, se repousse, et le marchepied se monte à chaque arrêt : la cadence vient de l’itinéraire à la collecte, et de la météo à la voirie, souvent de nuit, sur des muscles qui n’ont pas chauffé.
Aux espaces verts et à la conciergerie scolaire, c’est le calendrier qui commande. Tailler bras levés et débroussailler tiennent en six mois. L’effectif, lui, est celui de l’année entière. Le mobilier de classe, lui, se déplace quand les salles sont vides, donc seul, sans personne pour aider à porter.
| Service communal | Le geste qui revient | Ce qui se plaint | La contrainte propre au service |
|---|---|---|---|
| Collecte des déchets | Tirer, basculer et repousser des conteneurs ; monter et descendre du marchepied | Épaules, lombaires, genoux | La cadence vient de l’itinéraire, pas de la charge |
| Voirie et déneigement | Pelleter, porter des barrières, tenir un outil percutant | Lombaires, poignets, coudes | L’intervention est déclenchée par la météo, souvent de nuit |
| Espaces verts | Tailler bras levés, débroussailler, planter accroupi | Épaules, nuque, poignets | Six mois de saison avec l’effectif de toute l’année |
| Conciergerie scolaire | Déplacer du mobilier, laver en hauteur, remonter des tables | Épaules, dos, genoux | Le bâtiment n’est libre qu’hors présence des élèves |
Aucun chiffre par service n’est avancé ici : aucune statistique suisse ne les compte service communal par service communal. Ce tableau dit des contraintes, pas des fréquences.
Quelles solutions dans cet environnement de travail ?
L’ordre est celui de la hiérarchie STOP des mesures, appliqué quatre fois plutôt qu’une.
Une commune ne peut presque jamais supprimer la tâche. Les déchets se ramassent, la neige se pousse, les haies se taillent : le service rendu est décidé ailleurs. Le levier suivant, l’organisation du travail, est ici plus accessible qu’ailleurs : les équipes sont petites, elles sont polyvalentes, et le planning se refait au dépôt.
Faire tourner les équipes entre deux services fait plus qu’un achat. Un jardinier qui passe deux semaines en atelier, un ripeur qui prend une tournée de déchetterie : le geste change, et les mêmes tendons cessent d’être sollicités au même endroit.
Vient ensuite le matériel. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande d’éviter le déplacement manuel de charges quand il peut l’être, et de fournir des moyens appropriés quand il reste manuel (OLT 3, art. 25).
Un lève-conteneur qui fonctionne, un chariot à hauteur réglable, un taille-haie plus léger : ce sont des lignes de budget d’entretien, pas des projets.
L’équipement porté vient en dernier, et il ne remplace rien. Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, écrit que les exosquelettes ne constituent qu’une mesure complémentaire (SECO, brochure exosquelettes 2025, p. 9).
Pour un service technique, cela veut dire : d’abord le planning et le matériel, et l’équipement porté seulement sur le geste qui résiste. Le versant équipement se lit sur l’exosquelette dans les administrations et les collectivités.
À partir de quel effectif une commune doit-elle justifier son organisation ?
La réponse décide de ce qu’un exécutif doit pouvoir montrer.
L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande à l’employeur d’assurer et d’améliorer la protection de la santé physique et psychique, à son article 2.
La directive de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, la CFST, fixe ensuite deux régimes. Les deux conditions qui ouvrent le premier régime sont cumulatives : il faut des dangers particuliers au sens de l’annexe 1, et dix travailleurs et plus.
La commune apporte alors la preuve des mesures prises et justifie son organisation de la sécurité (directive CFST 6508). En dessous de dix travailleurs, la justification est due par des moyens simples.
Et sans dangers particuliers, dès cinquante travailleurs, l’appel à un spécialiste devient facultatif mais la justification reste due. Autrement dit, face à des dangers particuliers, aucun effectif ne dispense d’un écrit.
Une commune n’est pas obligée de construire cela seule. Des solutions par branche existent, conçues pour être reprises telles quelles par des employeurs de même métier (CFST, solutions MSST interentreprises). C’est la voie la plus rapide à présenter à un exécutif, et le cadre complet se lit sur la directive MSST et les obligations de l’employeur.
Par où commencer avant le prochain budget ?
Par un service, pas par les quatre. Un relevé sur une équipe donne un dossier en trois semaines.
- Choisir le service qui se plaint le plus et faire relever une journée entière de travail réel, de la prise de poste au retour au dépôt.
- Écrire ce qui a été constaté, geste par geste, avec les postures et les charges : c’est cette pièce qui tiendra devant l’exécutif, pas un devis.
- Séparer ce qui se règle d’un planning de ce qui demande du matériel. La première liste part tout de suite, la seconde entre au budget.
- Vérifier la voie de financement auprès du secrétariat communal : le passage par un crédit voté ou par l’entretien courant dépend du règlement de chaque commune.
Nicolas Wüst vient sur la tournée et au dépôt, pendant le travail, sans immobiliser le service. Ce qui en sort, c’est un document que la commune garde, qu’elle peut produire devant l’inspection cantonale du travail et reprendre l’année suivante.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Vos questions
Quelles sont les atteintes reconnues comme TMS ?
Celles des muscles, des tendons, des nerfs et des articulations entretenues par le travail. Les TMS les plus connus sont la tendinopathie de l’épaule, la lombalgie, le syndrome du canal carpien et l’épicondylite. La reconnaissance en maladie professionnelle reste rare.
Quel est le TMS le plus fréquent dans un service technique ?
Aucune statistique ne répond par service communal. Ce qui se constate sur le terrain, c’est l’épaule aux espaces verts, le bas du dos à la collecte et à la voirie.
Une commune de moins de dix travailleurs est-elle concernée ?
Oui : les obligations générales de sécurité s’appliquent. Si elle présente des dangers particuliers, la directive CFST demande de justifier les mesures prises par des moyens simples. Ce n’est pas une dispense, c’est une forme allégée.
Un exosquelette peut-il s’acheter sur un budget communal ?
Cela dépend du règlement de votre commune, selon que la dépense passe par un crédit voté ou par l’entretien courant. Mais le SECO rappelle qu’un exosquelette est une mesure complémentaire : un planning revu agit souvent plus vite.