
Exosquelette de manutention en Suisse : à quelles conditions est-ce la bonne mesure ?
Cadre suisse : SECO, brochure exosquelettes 2025 · OLT 3, art. 25
Le matériel vient en dernier. Ce qu’un exosquelette de manutention soulage, ce qu’il déplace, et le moment exact où il devient défendable.
✓ L’analyse du geste avant tout matériel · ✓ Le conseil peut conclure : pas d’exosquelette · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : un exosquelette de manutention reprend une part de l’effort au levage, sans la supprimer. Il vise les 29,0 % de salariés qui portent ou déplacent des charges lourdes au moins un quart du temps (SECO, 2024). NovaFree ne l’envisage qu’après l’analyse, jamais à sa place.
Est-ce que ça tient chez nous ? La question revient à chaque visite d’atelier. Les catalogues répondent par des fiches produit ; votre poste de reprise de charges, lui, n’y figure pas.
Prenons le problème dans l’autre sens : d’abord à quelles conditions un exosquelette de manutention tient sur le terrain, ensuite son coût réel en gêne, enfin comment le choix se décide dans une entreprise suisse. Le cadre général est sur le guide de l’exosquelette professionnel.
Comment fonctionne un exosquelette de manutention ?
Une structure portée sur le corps, qui reprend une part de l’effort au moment où la charge quitte le sol. Dans sa forme la plus répandue, elle ne motorise rien : des ressorts ou des élastiques emmagasinent de l’énergie quand le tronc se penche, puis la restituent quand il se redresse.
Les familles se distinguent d’abord par la zone assistée. Le dos pour la reprise d’une charge lourde au sol, les épaules pour le travail bras levés, les jambes pour la position accroupie, et des dispositifs qui couvrent plusieurs segments à la fois. Le détail lombaire est traité sur l’exosquelette pour soulager le dos.
Deuxième ligne de partage : la motorisation. Un modèle passif n’a ni batterie ni moteur, un modèle actif en a, et les deux ne se portent pas de la même manière. La comparaison complète est sur exosquelette actif ou passif.
Le Secrétariat d’État à l’économie les regroupe tous sous un même nom, dispositifs d’assistance physique portés. Trois caractéristiques les séparent en pratique : la zone assistée, le mode d’assistance et le poids ajouté. Le reste ne se compare pas utilement.
À quelles conditions est-ce la bonne mesure ?
Quand le reste a été tenté, et pas avant. Le SECO range l’exosquelette parmi les mesures Personnelles au sens du principe S-T-O-P, et recommande de privilégier d’autres mesures visant à améliorer les conditions de travail avant d’y recourir (SECO, brochure exosquelettes, 2025, p. 5).
Où l’équipement porté entre dans la chaîne de décision
Cet ordre n’est pas une politesse, c’est du droit. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande d’abord des mesures d’organisation et des équipements adéquats pour éviter le déplacement manuel de charges, puis des moyens appropriés seulement lorsque ce déplacement reste manuel (OLT 3, art. 25). L’équipement porté arrive après.
Trois questions suffisent à trancher sur un poste. Le geste peut-il disparaître ? La charge peut-elle remonter à hauteur de coudes ? La rotation peut-elle réduire le temps d’exposition ? Si les trois réponses sont non, le risque qui demeure est réel, et l’exosquelette devient une option défendable.
Le SECO le dit lui-même dans cette brochure : « Les exosquelettes ne constituent qu’une mesure complémentaire et restent limités dans leur portée » (p. 9). Le raisonnement complet est sur la hiérarchie STOP, et l’observation du geste sur l’audit ergonomique, étape par étape.
Quels sont les inconvénients d’un exosquelette de manutention ?
La voici de face.
Il déplace la contrainte, il ne la supprime pas. Le SECO note, dans la même brochure, qu’un exosquelette « peut également augmenter l’effort musculaire d’autres muscles (notamment les muscles antagonistes) ».
L’institut français de recherche en prévention recense le même faisceau de risques pour l’usage professionnel : contraintes posturales, gêne mécanique, collisions, perte d’équilibre, charge cardiovasculaire, inconfort, surcharge attentionnelle (INRS, exosquelettes, France).
S’y ajoutent trois coûts que les fiches produit passent sous silence. Le poids ajouté, porté toute la journée. Le temps d’enfilage et de retrait, à chaque pause et à chaque changement de tâche. L’hygiène d’un équipement partagé entre plusieurs porteurs, dans un atelier où l’on transpire.
Une précision de méthode, enfin, et elle décide souvent du résultat : un exosquelette ne se juge pas sur une démonstration de quelques minutes, il se juge après plusieurs semaines de travail réel, quand la nouveauté est retombée et que le corps a repris ses habitudes.
Comment bien intégrer un exosquelette, dans le canton de Vaud comme en Valais ?
En quatre temps, et le matériel n’arrive qu’au troisième. Observation du geste réel, sur place, aux horaires où il se fait. Sélection d’un ou deux modèles parmi plusieurs marques. Essai au poste, avec les personnes concernées. Décision de l’entreprise : achat, location, ou rien du tout.
L’essai n’est pas une formalité commerciale. Il dure un mois sur le terrain, selon un plan d’occupation défini à l’avance, avec un physiothérapeute en accompagnement et un questionnaire rempli avant puis après par chaque porteur. Nous ne tenons aucun stock et n’avons d’exclusivité avec aucune marque : ce que nous vendons, c’est le temps passé au poste, pas un modèle.
Nicolas Wüst conduit ces essais avec un physiothérapeute, et le conseil peut conclure qu’aucun modèle ne convient à votre environnement de travail. Les postes de coût sont détaillés sur le prix d’un exosquelette, et les pistes de prise en charge sur le financement d’un exosquelette.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur l’exosquelette de manutention
Quel est le prix d’un exosquelette de manutention ?
Il dépend de la zone assistée, de la motorisation et du volume commandé. Nous ne publions pas de tarif unitaire tant qu’un modèle n’est pas rattaché à un poste réel : ce serait un chiffre sans objet, et il vous ferait comparer deux dispositifs qui ne font pas le même travail. Les postes de coût, location comprise, sont détaillés sur notre page consacrée au prix d’un exosquelette.
L’exosquelette peut-il aider à la manutention ?
Oui, sur une part de l’effort, et à une condition. Il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas, écrit le SECO. Sur un poste où la charge peut encore remonter, où le geste peut encore disparaître, c’est cette mesure-là qui vient d’abord, et elle coûte souvent moins cher.
Quels sont les différents types d’exosquelettes ?
On les range par zone assistée et par motorisation. Dos, épaules, membres inférieurs ou corps entier d’un côté ; passif ou actif de l’autre. Un modèle de dos n’apporte rien à un travail bras levés : ce classement n’est pas décoratif, il commande le choix.
Un exosquelette remplace-t-il les bonnes pratiques de prévention ?
Non, et aucune autorité suisse ne le laisse entendre. Formation au geste, rotation des tâches, réglage des hauteurs de prise : rien de tout cela ne disparaît parce qu’un équipement arrive dans l’atelier. L’exosquelette se pose sur ce qui reste une fois ces mesures prises.