Rangée de postes à écran identiques dans un bureau suisse, occupés par des personnes de gabarits différents

Ergonomie bureau : comment traiter tous vos postes à écran, en Suisse ?

Démarche relayée par RTS · 24 heures · Les Echos

Soixante postes, un budget, une direction à convaincre : on classe avant de régler.

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En bref : l’ergonomie bureau ne se joue pas bureau par bureau quand une entreprise en compte soixante. On relève, on classe, on traite dans l’ordre. NovaFree relève avant tout achat de mobilier. Et la bonne posture n’existe pas : c’est le changement de position qui protège.

« Par quel bureau commencer ? » La question revient dès qu’une entreprise dépasse vingt postes à écran. Tout ce qui se trouve en ligne règle une chaise, pour une personne. Vous, vous avez un parc, un budget et une direction.

Cette page traite l’ergonomie au bureau à l’échelle d’une entreprise suisse : ce qu’exige l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3 ; pourquoi la posture unique n’existe pas ; comment classer soixante postes sans les visiter tous ; qui décide d’un aménagement et qui le paie. Le geste et les troubles musculo-squelettiques, les TMS, se lisent sur l’ergonomie du poste de travail.

Qu’est-ce qu’un poste à écran ergonomique, au sens de la loi suisse ?

Le droit fédéral ne décrit aucun bureau. Il fixe un principe : « Les postes de travail et les équipements doivent être conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie » (OLT 3, art. 23, texte officiel sur Fedlex). L’article 24 ajoute l’espace libre, la position naturelle du corps, le siège adapté et la vue sur l’extérieur.

Ce que le texte ne dit nulle part : un modèle de siège, une hauteur de plan, une distance d’écran. Un objet vendu comme ergonomique ne rend pas un poste ergonomique.

Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, va plus loin dans son commentaire du même article : « Lorsqu’un risque ne peut être réduit de façon simple », il faut faire appel à une personne formée en ergonomie (SECO, ergonomie et contraintes physiques).

La conséquence est pratique. Votre obligation porte sur la conception du poste et sur la preuve que vous l’avez examinée, pas sur une facture de mobilier. Les mêmes exigences valent pour les locaux de travail, l’éclairage et la sécurité des équipements. Le cadre entier se lit sur le cadre légal de l’ergonomie et la directive MSST.

Existe-t-il une bonne posture devant un écran ?

Non. Aucune posture tenue huit heures n’est bonne, fût-elle parfaite sur le papier. Ce qui protège un dos devant un écran n’est pas le réglage du jour : c’est le nombre de changements de position dans la journée. Le reste est une querelle de catalogues.

L’OLT 3 le dit déjà à sa façon. Son article 24 prévoit le travail assis, ou alternativement assis et debout, et impose des sièges à disposition quand le travail se fait debout. Le texte pense en alternance, pas en réglage unique.

Pour vos équipes, cela déplace la dépense. Un plan réglable en hauteur ne vaut que s’il est réglé deux fois par jour ; acheté et jamais bougé, il coûte le prix d’un plan fixe. Et le siège le mieux réglé du plateau ne rattrape pas un plan trop haut : la contrainte remonte vers l’épaule, et elle y reste.

Deux bureaux voisins de même hauteur et de même siège, l'un occupé toute la journée, l'autre partagé
La durée d’occupation classe les postes avant le mobilier.

Par quel poste commencer quand l’entreprise en compte soixante ?

Par ceux où la durée d’exposition est la plus longue et la marge de réglage la plus faible. Un poste occupé huit heures par la même personne, sur un mobilier fixe, passe avant un poste partagé deux heures par jour. Le classement se fait sur documents. L’observation vient après.

Trois temps, et le premier ne coûte que du temps de bureau : un relevé de ce qui existe (qui travaille où, combien d’heures, sur quel matériel), un classement par exposition, puis l’analyse fine des postes de tête. Il faut veiller à ce que le classement porte sur des types de situations, pas sur des personnes.

On ne visite pas soixante postes : on en visite six, choisis. Les autres se raccrochent aux situations relevées, parce qu’un plateau de bureaux compte peu de configurations différentes. La méthode complète est celle de l’audit ergonomique du poste de travail.

Reste à poser le sujet devant une direction. Un ordre de grandeur vaut mieux qu’une intuition :

Combien de journées d’absence votre parc de postes pèse-t-il ?

Deux nombres que vous connaissez déjà. Le résultat est un ordre de grandeur, pas un diagnostic.

personnes

jours

492 jours Environ 492 jours d’absence par an sur ce périmètre, toutes causes confondues. Aucune n’est attribuée au poste à écran, aucune n’est annoncée comme évitable : c’est l’ordre de grandeur du temps qui manque.

Ces valeurs sont celles par défaut. Modifiez les deux champs pour obtenir votre propre ordre de grandeur.

Constante employée : 8,2 jours d’absence pour raisons de santé par emploi salarié à plein temps, 2025 (Office fédéral de la statistique, statistique du volume du travail)

Qui décide d’un aménagement de poste, et qui le paie ?

L’employeur décide, parce que l’obligation est la sienne. Le médecin traitant motive, l’assureur peut participer, le collaborateur demande. Aucun des trois ne peut imposer un aménagement à la place de l’employeur, et aucun ne le finance à sa place par défaut.

Le financement suisse existe pourtant, et il reste peu connu. Pour un poste aménagé à des fins de réinsertion professionnelle, la Suva peut verser une indemnité forfaitaire de 20 000 francs à l’entreprise si les conditions sont remplies (Suva, prestations de réinsertion).

Ce dispositif-là vise le poste aménagé après un accident ou une maladie, et non l’équipement courant. La Suva précise que ce soutien financier n’a aucune influence sur les primes d’assurance.

Un employeur peut-il refuser une demande ? Oui, s’il établit qu’une autre mesure protège aussi bien, ou que la demande est disproportionnée. Il ne peut pas refuser d’examiner. C’est l’examen, daté et écrit, qui tient devant un inspecteur du travail comme devant un juge.

Que change-t-on sur un poste à écran, et dans quel ordre ?

La tâche, puis l’organisation, puis le poste, puis la personne. Changer le plan avant d’avoir regardé la journée revient à payer du mobilier pour un problème de planning. Cet ordre est celui de la prévention des TMS en entreprise ; il n’a rien de propre au bureau.

Ce qui entoure le poste compte autant que le poste. Lumière, bruit, climat et qualité de l’air se mesurent au même endroit et relèvent des mêmes articles de l’OLT 3 : les quatre composantes de l’ambiance physique les traitent une par une.

Deux situations voisines ne se règlent pas ici. Le poste installé au domicile pose sa propre question de responsabilité : l’ergonomie en télétravail. Et l’atelier ne répond pas aux mêmes leviers que le plateau : l’ergonomie d’un poste industriel.

Nicolas Wüst relève vos postes à écran sur place, à Lausanne, à Nyon ou à Fribourg, et vous remet ce qu’il a mesuré. Le document porte les critères de chaque recommandation, et il vous reste, même sans suite.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur l’ergonomie au bureau

Le plan de travail réglable en hauteur est-il obligatoire en Suisse ?

Aucun texte fédéral ne le nomme. L’OLT 3 exige un poste conçu selon les principes de l’ergonomie (art. 23) et prévoit le travail alternativement assis et debout (art. 24). Quand l’alternance ne s’obtient pas autrement, le plan réglable devient le moyen de tenir l’exigence. Les aménagements possibles ne se réduisent d’ailleurs pas au mobilier.

Est-ce que l’employeur peut refuser un aménagement de poste ?

Il peut refuser une demande précise, pas l’examen. S’il établit qu’une autre mesure protège aussi bien, le refus se défend. Un refus sans examen écrit et daté ne se défend pas.

Quelles sont les normes ergonomiques pour un bureau ?

Il n’existe pas de cote chiffrée opposable. Le cadre est l’OLT 3, articles 23 et 24, complété par les listes de contrôle de la Suva. Les centimètres qui circulent viennent de recommandations étrangères ou de catalogues de mobilier. Les règles de base et les conseils pratiques qui circulent en ligne restent utiles à une personne ; ils ne suffisent pas à définir la démarche d’une entreprise, ni à adapter un poste à une situation de santé particulière.

Combien de temps faut-il pour analyser les postes à écran d’une PME ?

Le relevé de parc se fait sur documents, l’analyse fine sur les postes de tête seulement. Sur cinquante à cent postes, moins de dix configurations différentes apparaissent en général. Choisir lesquelles observer, c’est déjà l’essentiel du travail. Réponse à votre demande sous 48 h ouvrées.