
Glossaire de l’ergonomie au travail en Suisse : les mots du terrain
Termes définis d’après : LTr · OLT 3 · directive CFST 6508 · Suva · SECO · LAI
Votre rapport d’analyse dit « OLT 3 art. 25 », « niveau P », « moyens auxiliaires ». Trente-trois termes, définis une fois, avec leur source.
✓ Chaque terme porte sa source et sa date · ✓ Le vocabulaire suisse, pas sa traduction française · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : ce glossaire de l’ergonomie définit trente-trois termes que rencontre une entreprise suisse, du sigle légal à la méthode de cotation. Chaque entrée donne une définition, une source, un lien. NovaFree les emploie au poste. Aucune ne remplace un avis médical.
Un rapport d’analyse arrive sur votre bureau. Il dit « OLT 3 art. 25 », « niveau P », « moyens auxiliaires », et personne ne vous a jamais défini ces mots.
Les voici, un par un, dans le vocabulaire d’ici : celui du droit fédéral, des outils de la Suva et du SECO, et des troubles musculo-squelettiques, les TMS. Chaque terme renvoie à la page qui le développe, et l’ergonomie au travail, en pratique reste le point de départ. Un mot mal compris coûte une décision.
Que veulent dire les mots de base ?
Sept mots reviennent dans tout rapport d’ergonomie. On les confond souvent, et chacun engage autre chose.
Ergonomie
Discipline scientifique qui étudie l’interaction entre les personnes et leur travail, puis adapte le travail à l’humain plutôt que l’inverse. Son étymologie est grecque : ergon, le travail, et nomos, les règles. On en distingue trois types, physique, cognitive et organisationnelle ; ses principes se lisent sur la définition de l’ergonomie et son histoire.
Ergonome
Personne qui exerce l’ergonomie. En Suisse, ce n’est pas une profession de la santé réglementée : ni titre protégé, ni autorisation de pratiquer. Le SECO renvoie à la société suisse pour l’ergonomie, SwissErgo, membre du Centre for Registration of European Ergonomists.
Ergothérapeute
Profession de la santé réglementée, elle : bachelor en haute école obligatoire, trois écoles en Suisse, prestations sur prescription médicale. L’ergothérapeute accompagne une personne ; l’ergonome analyse un environnement de travail. Voir ergonome, ergothérapeute, médecin du travail et nos partenaires, et la frontière des rôles.
Analyse de poste
Relevé structuré de ce qu’un travail demande au corps : gestes, charges, cadences, hauteurs, appuis, durées. Elle se conduit devant le poste, pendant le travail réel, jamais sur plan. Son déroulé est décrit sur la démarche ergonomique, étape par étape.
Environnement de travail
Tout ce qui entoure le geste : le sol, la lumière, le bruit, la température, l’outillage, l’organisation, la cadence. Le poste de travail est un meuble ; l’environnement de travail est ce que l’ergonome mesure. Détail sur l’ergonomie du poste de travail.
TMS, troubles musculo-squelettiques
Atteintes des muscles, tendons, nerfs et articulations liées au travail, dos, épaules et poignets en tête. Définition complète sur ce qu’est un trouble musculo-squelettique.
DAP, dispositif d’assistance physique
Famille d’équipements qui assistent le geste sans le remplacer : exosquelettes, bras manipulateurs, sièges assis-debout. Le terme est celui des normes, il est plus large que le mot exosquelette, et il ne préjuge d’aucune efficacité.
Quels sont les mots de la loi suisse ?
Sept références, et deux institutions les portent : le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, qui commente les ordonnances, et la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, la CFST, qui édicte les directives.
LTr, loi sur le travail
Loi fédérale du 13 mars 1964, RS 822.11. Son article 6 alinéa 1 demande les mesures dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées aux conditions d’exploitation. Trois critères cumulatifs, pas un résultat (loi sur le travail sur Fedlex).
OLT 3
Ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (Protection de la santé), RS 822.113. C’est elle qui nomme l’ergonomie dans le texte : article 23 pour les postes et les équipements, article 25 pour les charges. Elle se lit sur l’OLT 3 et l’ergonomie, article par article.
OPA
Ordonnance sur la prévention des accidents, RS 832.30. Son article 11b pose une règle utile : qui se conforme à la directive CFST 6508 est présumé avoir satisfait à son obligation de faire appel à des spécialistes ; qui fait autrement doit le prouver.
Article 328 CO
Disposition du Code des obligations intitulée Protection de la personnalité du travailleur. La santé y est un objet parmi d’autres, et l’obligation y est calibrée par les mêmes critères qu’à la loi sur le travail (Code des obligations, RS 220).
MSST
Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail. Le sigle désigne autant l’obligation que le système qui l’organise, dix éléments au total. Le cadre entier est décrit sur la MSST et l’organisation de la sécurité.
Directive CFST 6508
Adoptée le 14 décembre 2006 (état au 23 octobre 2025). Elle concrétise l’obligation de faire appel à des spécialistes et fixe les seuils selon les dangers et l’effectif (directive CFST 6508, PDF).
Détermination des dangers et appréciation du risque
Cinquième des dix éléments du système de sécurité de la directive. C’est le point d’entrée de toute démarche : on liste ce qui peut nuire, puis on estime la gravité et la probabilité. Les contraintes pour l’appareil locomoteur en font partie.
Quels sont les outils d’évaluation, et qui les édite ?
Neuf instruments, aucun diagnostic : l’outil du SECO et son application, et sept méthodes, du feuillet de la Suva aux mesures instrumentales.
Feuillet Suva 66128
Dépliant de six pages daté du 25 avril 2024, intitulé Le contrôle des contraintes physiques au poste de travail pour un meilleur bien-être. Il balaie quatre groupes de contraintes et rend un résultat en trois couleurs. Il ne mentionne pas les exosquelettes. Voir le feuillet Suva 66128, mode d’emploi.
Instrument SECO d’évaluation des risques biomécaniques
Outil publié par le SECO pour apprécier les risques pour l’appareil locomoteur, actualisé en octobre 2024. Il est bâti sur des méthodes d’observation existantes et s’adresse aux entreprises (SECO, ergonomie et contraintes physiques).
SECO Ergo-Test
Application du SECO qui porte le même instrument sur un téléphone, pour un relevé au poste. Elle sert à situer une contrainte, pas à la traiter (application SECO Ergo-Test).
RULA
Grille d’observation qui cote les postures du haut du corps : nuque, tronc, bras, poignets. La Suva la nomme parmi les outils d’analyse. Elle s’arrête à la ceinture. Détail sur coter les postures avec RULA.
REBA
Même famille, mais le corps entier, jambes et appuis compris. Le SECO la range parmi les listes de contrôle peu coûteuses à mettre en oeuvre, donc faciles à refaire. Détail sur évaluer les postures avec REBA.
OWAS
Relevé de la posture à intervalles réguliers sur toute la durée du travail. Elle rend une répartition du temps plutôt qu’une note. Le SECO l’a placée au fondement de son propre instrument. Détail sur observer les postures avec OWAS.
Équation du NIOSH
Calcul qui porte sur le levage, et sur lui seul : position de la charge, fréquence du geste, qualité de la prise. Elle rend un poids de référence. Ce n’est pas un seuil légal : la Suva rappelle qu’aucun poids maximal n’est fixé avec précision par la loi.
Questionnaire nordique
Dépistage déclaratif, zone du corps par zone du corps : ce que les personnes ressentent, pas ce qu’un observateur voit. Il rend une carte, pas un diagnostic. Détail sur le questionnaire nordique, mode d’emploi.
Mesures instrumentales
Capteurs posés au poste pendant le travail : électromyographie pour l’activité du muscle, goniométrie pour l’angle. Elles remplacent une estimation par une valeur. Elles objectivent une contrainte ; elles ne démontrent aucune efficacité. Détail sur la mesure instrumentale de l’effort.
Les sept méthodes ensemble
Aucune ne se suffit. Le feuillet Suva et le questionnaire nordique ouvrent presque toujours le travail ; les cinq autres creusent là où ces deux-là ont pointé. Leur comparaison tient sur les méthodes d’évaluation ergonomique.
Quels sont les mots de l’équipement ?
Cinq mots, et un ordre : celui dans lequel les mesures se prennent.
Hiérarchie STOP
Ordre dans lequel les mesures se prennent : substitution, technique, organisation, protection de la personne. On ne descend d’un cran qu’après l’échec du précédent. L’ordre entier est déroulé sur la hiérarchie STOP.
Niveau P
Le dernier cran, celui de l’équipement porté par la personne. Un exosquelette y est toujours. Le SECO l’écrit sans détour dans ses recommandations de 2025 : il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas.
Exosquelette passif
Dispositif sans moteur ni batterie : ressorts, élastiques ou gaz stockent l’énergie du mouvement et la restituent. Il ne décide rien : il accompagne. La comparaison complète est sur actif ou passif : ce qui les sépare.
Exosquelette actif
Dispositif motorisé, qui produit de la force à partir d’une source d’énergie embarquée. Il demande une recharge, un entretien et une formation. Le catalogue de cette famille se lit sur les marques d’exosquelettes actifs.
EPI
Équipement de protection individuelle. Un exosquelette n’en est pas un : le SECO écrit que leur potentiel de protection n’étant pas suffisamment démontré, ils ne sont pas considérés comme des EPI (SECO, exosquelettes et prévention, juin 2025, PDF). Le statut réglementaire est détaillé sur la norme et l’exosquelette.
Quels sont les mots du financement ?
Six mots de l’assurance-invalidité. Aucun n’ouvre un droit automatique.
Moyens auxiliaires
Catégorie de l’assurance-invalidité. L’article 21 de la loi sur l’assurance-invalidité ouvre le droit d’après une liste que dresse le Conseil fédéral, et l’assurance prend en charge un modèle simple et adéquat : deux adjectifs seulement (LAI, RS 831.20).
OMAI
Ordonnance concernant la remise de moyens auxiliaires par l’assurance-invalidité. C’est elle qui porte la liste à laquelle l’article 21 renvoie. Le guichet et les pièces sont décrits sur la page Moyens auxiliaires de l’OFAS.
Détection précoce
Signalement d’une incapacité de travail qui dure, avant que l’emploi soit perdu. Elle ouvre un dossier, elle n’accorde rien. Elle se distingue de la mesure qui suit, et la mécanique entière est sur le financement d’un exosquelette en Suisse.
Intervention précoce
Ensemble de mesures rapides, dont l’adaptation du poste de travail, décidées par l’office AI. La loi est explicite : « Nul ne peut se prévaloir d’un droit aux mesures d’intervention précoce ». Un plafond de 20 000 francs par assuré lui est propre (règlement sur l’assurance-invalidité, RS 831.201, art. 1octies).
Office AI cantonal
L’autorité qui instruit et qui décide, au cas par cas. Le financement d’un équipement est possible à ce titre, jamais acquis d’avance. Le détail du dossier est sur le financement par l’assurance-invalidité ; la liste des offices est publiée par l’AVS et l’AI.
Procédure des produits nouveaux
Voie par laquelle un fabricant ou un importateur, et non l’entreprise, demande à l’assurance-invalidité d’examiner la prise en charge d’un produit nouveau ou amélioré. La demande s’adresse à l’Office fédéral des assurances sociales.
Un terme de votre rapport manque à cette liste ? Nicolas Wüst le reprend avec vous, au téléphone, avant toute analyse.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
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Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
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