Observatrice notant la posture d'un opérateur à intervalle régulier dans un atelier, carnet et chronomètre à la main

Méthode OWAS : comment observer les postures d’un poste en Suisse ?

Nos interventions filmées par La Télé · Canal 9 · RTS

Une grille qui échantillonne une durée, là où les autres cotent un instant choisi.

✓ L’équipement porté ne passe jamais avant la technique et l’organisation · ✓ Ce que nous avons relevé, et pourquoi nous le lisons ainsi, vous reste · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : la méthode OWAS relève la posture à intervalle fixe pendant toute la durée du travail, puis rend une répartition du temps plutôt qu’une note. Le SECO l’a placée au fondement de son instrument d’évaluation. NovaFree la passe au poste ; elle décrit, elle ne soigne pas.

« Les postes de travail et les équipements doivent être conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie » : l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail le demande, sans nommer aucune grille. Reste à savoir laquelle tenir devant un poste mobile.

Cette page dit ce que cette méthode d’observation regarde, comment un relevé se construit sur la durée d’un poste, et où elle s’arrête. Elle prolonge les méthodes d’évaluation ergonomique, mises en regard, et elle sert la même fin : prévenir les troubles musculo-squelettiques, les TMS, avant l’arrêt de travail.

Qu’est-ce que la méthode OWAS ?

Une méthode d’observation, pas un examen. Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) l’écrit sous son nom complet, Ovako Working Posture Analysing System. Elle regarde comment le corps se tient pendant que le travail se fait, et elle le regarde plusieurs fois.

Le guide de l’instrument fédéral d’évaluation des risques biomécaniques la nomme aux côtés du Quick Exposure Check : ce sont les deux méthodes sur lesquelles l’instrument a été bâti (SECO, instrument d’évaluation et application Ergo-Test). Ce n’est donc pas une curiosité de laboratoire.

Ce qu’un relevé note, à chaque passage : la position du tronc, celle des bras, celle des jambes, et la charge manipulée. Rien d’autre. La grille de notation, elle, appartient à ses auteurs : cette page ne la reproduit pas, elle dit ce qu’on en fait.

Comment se construit un relevé, minute après minute ?

Par répétition. Au lieu de choisir un geste et de le coter, l’observateur note la posture à intervalle fixe, aussi longtemps que dure le travail réel.

Les étapes d’une analyse tiennent en trois décisions, et aucune n’est technique. Le pas de temps : plus le poste varie, plus l’intervalle se resserre. La durée observée : un cycle complet de travail, avec ses pointes et ses temps morts.

Et la troisième, qui décide du reste : la personne observée est prévenue, associée et interrogée. La Suva pose la même exigence pour sa propre appréciation des contraintes physiques : en cas de doute, la personne au poste « sera une source d’informations et une aide à la décision importante » (Suva, appréciation des contraintes physiques au poste de travail, feuillet 66128).

Quand vaut-elle mieux qu’une cotation ponctuelle ?

Quand le poste ne tient pas en place. Une cotation ponctuelle fige un instant. L’échantillonnage, lui, couvre une durée. Tout le choix est là.

Trois environnements de travail où l’écart se voit tout de suite : la vigne, où le geste change entre la taille, l’attache et la vendange ; le chantier, où l’on passe de la tranchée au portage en trois minutes ; l’entrepôt, où la posture dépend de l’étage du rack qu’on sert. Coter un seul geste sur ces postes-là, c’est tirer au sort.

L’inverse est vrai aussi, et il faut le dire. Sur un poste stable et cyclique, un établi, une ligne d’emballage, une cotation posturale répond plus vite. C’est le domaine de coter le haut du corps avec la méthode RULA, que la Suva nomme parmi les instruments d’analyse approfondie pour les gestes répétitifs, et de la méthode REBA, corps entier.

Une objection revient à chaque fois : on ne peut pas arrêter la production pour ça. On ne l’arrête pas. Le relevé se fait pendant que le travail se fait, sur les créneaux que vous nous donnez, sans démonstration.

Carnet de relevé posé sur un établi, l'opérateur travaille au second plan sans interruption
Le relevé se fait pendant le travail : c’est la condition pour qu’il décrive le travail.

Que faire du relevé dans un atelier suisse ?

Le relevé ne décide rien. Il ouvre une discussion, et il la date. C’est déjà beaucoup : en 2024, 46 % des entreprises suisses seulement effectuaient régulièrement des évaluations des risques, le taux le plus bas de tous les pays européens, contre 77 % dans l’UE-27 (SECO, rapport ESENER-4, 2025).

Le résultat se lit en niveaux d’action : rien à changer, à surveiller, à corriger. Les seuils appartiennent à la grille de ses auteurs. La décision qui suit, elle, vous appartient.

Une répartition qui montre le dos penché pendant une grande part du poste appelle d’abord une mesure technique ou d’organisation : la hauteur du plan, la place du stock, la rotation des tâches. L’équipement porté vient en dernier, et ce n’est pas nous qui le disons : le SECO range l’exosquelette parmi les mesures Personnelles au sens du principe S-T-O-P et recommande de privilégier d’autres mesures avant d’y recourir.

L’ordre complet se lit sur la hiérarchie STOP, l’ordre des mesures, le cadre légal sur ce que la LTr exige en ergonomie, et la démarche entière sur la prévention des TMS, par où commencer.

Nicolas Wüst choisit l’intervalle devant le poste, avec les personnes qui y travaillent, et note lequel a servi. Nous contacter au sujet de ce poste : nous vous dirons ce qu’il faudrait observer, et pendant combien de temps.

Où la méthode OWAS s’arrête-t-elle ?

Elle voit la posture. Elle ne voit pas l’effort. Un relevé dit que le dos est penché ; il ne dit pas ce que les muscles encaissent pendant qu’il l’est.

Trois compléments existent, et chacun répond à une autre question. Pour l’effort réellement produit, il faut la mesure instrumentale de l’effort. Pour ce que les personnes ressentent, il faut faire passer un questionnaire nordique. Et pour balayer l’ensemble des contraintes avant de creuser, il y a le feuillet Suva 66128, mode d’emploi.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur la méthode OWAS

La méthode OWAS est-elle obligatoire en Suisse ?

Non. Aucun texte fédéral ne nomme cette grille ni aucune autre. La Suva recommande d’employer des méthodes d’évaluation reconnues, sans jamais en imposer une. Le choix de l’instrument reste à l’employeur, et la trace du relevé avec lui.

Combien de temps faut-il observer un poste ?

Le temps d’un cycle réel de travail, et pas une durée standard. Sur un poste saisonnier, cela veut dire revenir à la saison où le corps encaisse. Ni la Suva ni le SECO ne fixent de durée : qui vous en annonce une invente une règle.

OWAS ou RULA : laquelle choisir pour mon atelier ?

C’est le poste qui choisit. Si la posture change sans arrêt, l’échantillonnage couvre la durée. Si le geste est stable et cyclique, la cotation que la Suva cite pour les gestes répétitifs répond plus vite. Un poste mixte demande parfois les deux, à deux moments différents.