Trois personnes autour d'un poste de travail, l'une portant une structure dorsale, une autre montrant un point de réglage

Formation à l’exosquelette en Suisse : que faut-il apprendre ?

Aucune certification officielle n’existe : ce que disent le SECO et la directive CFST 6508

Il n’existe aucun diplôme d’exosquelette. Ce qui s’apprend malgré tout, qui doit l’apprendre, et ce qui remplace un certificat.

✓ Nous restons jusqu’à la décision de l’entreprise · ✓ La mise en main se fait au poste, pas en salle · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : une formation exosquelette n’est pas un parcours certifiant, parce qu’aucune certification officielle n’existe. C’est une mise en main au poste, avec les porteurs et avec l’encadrement, pendant les semaines de port. NovaFree la conduit pendant l’essai, sur les créneaux de production, jamais en salle.

Aucune certification officielle ne sanctionne l’usage d’un exosquelette. C’est pourtant la première chose qu’un acheteur devrait savoir avant de signer.

Reste alors la vraie question : qu’est-ce qui remplace un certificat ? Voici ce qui s’apprend, qui doit l’apprendre, combien de temps cela prend, et sur quoi juger un intervenant. Le cadre général est sur le guide de l’exosquelette professionnel.

Existe-t-il une certification officielle pour les exosquelettes ?

Non. Aucun titre, aucun diplôme, aucun agrément ne sanctionne l’usage d’un exosquelette, ni ici ni ailleurs. Un organisme peut délivrer une attestation de participation ; elle atteste d’une présence, pas d’une compétence reconnue.

La raison est en amont. Aucun régime juridique fédéral ne vise nommément l’exosquelette, et le Secrétariat d’État à l’économie écrit que le potentiel de protection des exosquelettes n’est pas suffisamment démontré, ce qui les exclut des équipements de protection individuelle (SECO, brochure exosquelettes, 2025, p. 5). Sans statut réglementaire, pas de formation réglementée.

Ce qui existe, en revanche, c’est une obligation générale. La directive de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, adoptée le 14 décembre 2006, « concrétise l’obligation qui incombe à l’employeur de faire appel à des spécialistes » de la sécurité au travail (directive CFST 6508). Le statut de l’équipement, lui, est détaillé sur la norme exosquelette et ce qu’elle n’oblige pas.

Conséquence pratique : jugez l’intervenant, pas son papier. Combien de postes a-t-il observés, avec quels métiers, et peut-il vous dire dans quels cas il a déconseillé l’équipement ?

Que doit apprendre une équipe, concrètement ?

Six choses, dans cet ordre, et aucune ne se traite en salle. Une formation sur site reste le facteur de réussite le plus souvent cité, et la séquence ci-dessous est celle que nous suivons pendant l’essai : Nicolas Wüst la conduit avec un physiothérapeute, sur une durée d’un mois.

La formation s’adresse aux porteurs, sans aucun prérequis. Son objectif et son contenu : comprendre le dispositif, l’expérimenter au geste réel, puis l’intégrer à l’organisation du poste.

Les méthodes pédagogiques tiennent en deux temps : on montre, puis on pratique, au poste et jamais en exposé. C’est à cette intégration que se vérifient les bénéfices annoncés, et c’est pourquoi vous accompagner pendant un mois vaut mieux que vous former pendant une journée.

  1. Comprendre ce que la machine fait, et ce qu’elle ne fait pas. Quinze minutes, en cercle, devant le poste concerné. Ce qui se mesure : chacun sait dire quel effort est repris et lequel ne l’est pas.
  2. Régler le dispositif sur chaque corps, une personne après l’autre, avec le physiothérapeute. Ce qui se mesure : l’appui repose sur l’os, les sangles sont tendues, les épaules restent basses.
  3. Mettre et retirer seul, cinq fois de suite, en moins d’une minute. Ce qui se mesure : personne n’a besoin d’un collègue pour s’équiper au début de son poste.
  4. Travailler avec, une demi-journée, sur le geste réel et à la cadence réelle. Ce qui se mesure : le nombre de fois où le dispositif a été retiré, et pourquoi. L’usage approprié est à la charge de l’employeur et des travailleurs, dit l’article 23 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3.
  5. Reprendre le réglage à trois semaines, quand les sangles ont pris du jeu et que les premières gênes se déclarent. Ce qui se mesure : ce que les porteurs disent une fois la nouveauté passée.
  6. Former l’encadrement à contrôler ces mêmes points sans nous. Ce qui se mesure : un chef d’équipe sait reconnaître un mauvais port et sait quoi en faire. L’ordonnance sur la prévention des accidents, l’OPA, le met à la charge de l’employeur, à son article 6.

Rien de tout cela ne demande un support de cours. Tout se fait au poste, sur les créneaux de production, avec les personnes concernées. L’article 6, alinéa 4, de l’OPA précise que cette instruction se déroule pendant les heures de travail et n’est pas à la charge des travailleurs. Le réglage lui-même est détaillé sur l’exosquelette adapté à la morphologie.

Qui doit être formé, et combien de temps ?

Trois cercles, et ils ne demandent pas la même chose. Les porteurs ont besoin du geste, du réglage et du droit de dire non. Pour l’encadrement, l’enjeu est de savoir contrôler. Quant à la direction, elle a besoin de savoir ce que la mesure vaut et ce qu’elle ne vaut pas.

Le temps, lui, ne se compte pas en heures de cours mais en semaines de port. Un protocole décrit par la presse agricole prévoit un à deux mois de mise à disposition selon un plan d’occupation prédéfini, avec un physiothérapeute ou un médecin en accompagnement et un questionnaire rempli avant puis après par chaque testeur, selon Agri du 14 avril 2023. Nous travaillons sur un mois, au poste.

Et une chose ne s’apprend pas : l’adhésion. Elle se constate. Si les porteurs ne veulent pas du dispositif après trois semaines, la formation n’y changera rien, et c’est une information, pas un échec. Les modalités de mise à disposition sont sur la prévention des troubles musculo-squelettiques.

Comment cela s’organise, de Fribourg à Neuchâtel ?

En même temps que l’essai, jamais avant. Nicolas Wüst intervient avec un physiothérapeute, sur vos horaires, et la production ne s’arrête pas.

Le premier rendez-vous dure une demi-journée et il concerne le poste, pas le matériel. Viennent ensuite la mise en main, puis la reprise de réglage. Entre les deux, nous ne sommes pas sur place, et c’est voulu : c’est l’équipe qui doit travailler, pas nous.

La question du financement revient souvent, et elle mérite sa propre page : les voies existantes sont décrites sur le financement d’un exosquelette en Suisse. La méthode d’ensemble, elle, est sur la démarche ergonomique de NovaFree.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur la formation à l’exosquelette

Faut-il une habilitation pour porter un exosquelette au travail ?

Non, aucune habilitation n’est exigée en Suisse. L’employeur reste tenu de l’obligation générale de protection de la santé, et de faire appel à des spécialistes de la sécurité au travail quand un doute existe. Une mise en main sérieuse relève donc du bon sens et du droit du travail, pas d’un régime spécifique.

Quels sont les inconvénients d’un exosquelette, du point de vue de la formation ?

Le principal est le temps d’adaptation, et il se sous-estime toujours. Un geste automatisé depuis des années résiste plusieurs jours à un dispositif porté. S’y ajoutent le temps d’enfilage à chaque reprise de poste, et le réglage qui se perd dès que l’équipement passe d’une personne à une autre.

Combien de temps dure une mise en main ?

Une demi-journée pour la séquence initiale, puis un mois de port accompagné. La séquence initiale se fait au poste, par petits groupes, pendant la production. La reprise de réglage intervient à trois semaines, quand les premières gênes se sont déclarées et que la nouveauté est retombée.

Comment se faire financer un exosquelette ?

Plusieurs voies existent en Suisse, et aucune n’est automatique. Pour un poste individuel, la demande passe par l’assurance-invalidité et la décision appartient à l’office AI cantonal. D’autres soutiens existent selon la situation. Le détail, voie par voie, est sur notre page consacrée au financement.