
Exosquelette adapté à la morphologie : à qui va-t-il, en Suisse ?
Le réglage avant la gamme
Le même modèle va à l’un et pas à l’autre. Ce qui se règle sur un exosquelette, ce qui ne se règle pas, et pourquoi la gamme ne répond pas.
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En bref : un exosquelette adapté à la morphologie n’est pas un modèle de gamme, c’est un modèle réglé. On mesure le corps, on pose les appuis sur le bassin, on reprend le réglage à trois semaines. NovaFree vérifie ce réglage au poste, avec le porteur.
88 % des personnes interrogées en Suisse ont souffert de douleurs dorsales ou de contractures au cours des 12 derniers mois (Ligue suisse contre le rhumatisme, Rapport sur le dos 2020). Le dos ne choisit personne.
Et pourtant le même équipement va à l’un et reste au vestiaire chez l’autre. Souvent, la cause n’est pas la gamme, c’est le réglage. Voici ce qui s’ajuste sur un dispositif porté, ce qui ne s’ajuste pas, et comment équiper une équipe entière. Le cadre général est sur le guide de l’exosquelette professionnel.
Existe-t-il un exosquelette pour femmes ?
La question est posée tous les jours, et la réponse tient en deux temps. Oui, des déclinaisons dites féminines existent parfois dans les gammes. Non, ce n’est pas ainsi qu’un dispositif se choisit.
Ce qui commande, c’est la tâche d’abord, la morphologie individuelle ensuite. Un exosquelette de dos ne fera rien pour un travail bras levés, quelle que soit la personne qui le porte. L’article 2 de l’OLT 3 demande d’éviter les efforts excessifs ou trop répétitifs. Il ne nomme aucun produit.
Une fois la tâche connue, ce sont des dimensions de corps qui décident : la hauteur du bassin, la longueur du fémur, la largeur des épaules, le tour de thorax. Ce sont là les caractéristiques utiles, qu’une fiche produit met rarement en avant. L’article 23 de l’OLT 3 range d’ailleurs les équipements avec les postes : les uns comme les autres se conçoivent et s’aménagent conformément aux principes de l’ergonomie.
Ces dimensions ne se distribuent pas par genre. Une petite morphologie masculine pose exactement le même problème qu’une petite morphologie féminine, et une déclinaison de gamme ne le résout que si elle couvre la bonne plage de réglage. Ce qui compte, c’est la plage : un modèle très ajustable va à plus de monde qu’un modèle étiqueté.
Un rappel s’impose ici, parce que le marché vend volontiers de l’inclusion : aucun exosquelette ne supprime la contrainte. Le Secrétariat d’État à l’économie le range parmi les mesures Personnelles au sens du principe S-T-O-P, et recommande de privilégier d’autres mesures avant d’y recourir (SECO, brochure exosquelettes, 2025, p. 5).
Qu’est-ce qui se règle sur un exosquelette ?
Six choses, et elles se reprennent toutes. La hauteur de l’appui lombaire, la longueur des montants de cuisses, la tension des sangles, l’écartement des bretelles, le niveau d’assistance et, sur les dispositifs d’épaules, l’angle du bras articulé.
Le même dispositif sur la même personne, mal réglé puis réglé
Avant
Après
- L’appui descend sur les crêtes iliaques : c’est l’os qui reçoit la charge, et non les tissus mous de la taille. Sur un bassin court, quelques centimètres décident de tout.
- Les sangles de cuisses se tendent : sans elles, la structure remonte à chaque flexion et tire sur les épaules au lieu de décharger le bas du dos.
Images générées, personnes fictives. Elles illustrent un réglage, elles ne documentent pas un atelier réel.
Pour les sièges, l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande qu’ils soient « adaptés au travail à effectuer ainsi qu’au travailleur » (OLT 3, art. 24, al. 2) ; nous appliquons le même principe à l’équipement porté. Adapté au travailleur, pas au travailleur moyen.
Ce qui ne se règle pas, en revanche, mérite d’être dit. La plage de réglage d’un modèle est bornée : en deçà et au-delà, le dispositif ne tient pas. C’est la première chose à vérifier avant une commande, et la raison pour laquelle un essai avec les personnes concernées vaut mieux qu’un tableau de tailles.
Et une précision assumée : un mauvais réglage suffit à faire échouer l’équipement, un bon réglage ne garantit rien. Il retire seulement une cause d’abandon que l’on peut éviter.
Comment équiper une équipe mixte sans créer d’inégalité ?
Trois règles simples, et elles se posent avant la commande.
Mesurer avant d’acheter. Relever les dimensions utiles de chaque personne concernée, et comparer ces relevés aux plages de réglage des modèles envisagés. Un modèle qui laisse deux personnes sur dix hors plage n’est pas un modèle moins cher, c’est un modèle incomplet. Les documents du fabricant donnent ces bornes ; encore faut-il les lire avant le prix.
Attribuer, pas partager. Un dispositif réglé pour quelqu’un et repris par un autre perd son réglage en un poste. Quand le partage est inévitable, il demande un protocole de réglage écrit et des repères marqués sur les sangles.
L’article 27 de l’OLT 3 traite déjà le partage des équipements individuels de protection : quand les circonstances l’exigent, l’employeur prend les mesures nécessaires au maintien de la protection de la santé. Un exosquelette n’en est pas un. La question, elle, est la même.
Ouvrir l’essai à tout le monde. Si seuls les volontaires les plus grands essaient, le retour d’expérience sera faux, et l’équipement finira réservé à ceux qu’il arrangeait déjà. La composition du groupe d’essai est une décision de direction des ressources humaines, pas une question logistique.
L’article 6 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail prévoit que les travailleurs, ou leurs représentants au sein de l’entreprise, « doivent être consultés suffisamment tôt et de manière globale sur toutes les questions concernant la protection de la santé » (OLT 3, art. 6).
Comment vérifier le réglage, de Morges à Bulle ?
En regardant travailler, pas en lisant une notice. Nicolas Wüst et un physiothérapeute posent le premier réglage avec chaque porteur, au poste, le jour de la mise à disposition. Le relevé du poste suit le feuillet 66128 de la Suva.
Le réglage se reprend à trois semaines, et c’est la seule reprise qui compte : le corps a changé d’habitudes, les sangles ont pris du jeu, et les premières gênes se sont déclarées. Ce qui se vérifie alors tient en trois points : l’appui repose-t-il sur l’os, le dispositif remonte-t-il en flexion, les épaules restent-elles basses ?
Pour bien choisir selon votre usage et vos contraintes de terrain, tout part de l’observation du poste. La montée en compétence de l’encadrement est traitée sur la formation à l’exosquelette, le choix du modèle sur comment choisir un exosquelette, et le budget sur le prix d’un exosquelette.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur le réglage d’un exosquelette
Quels sont les inconvénients d’un exosquelette mal réglé ?
Il fatigue au lieu de soulager, et il finit au vestiaire. Un appui posé trop haut comprime les tissus de la taille, des sangles de cuisses détendues laissent la structure remonter et tirer sur les épaules, et un montant trop long gêne la flexion. Le porteur finit par le retirer, et personne ne sait pourquoi.
Qui peut bénéficier d’un exosquelette au travail ?
Quelqu’un dont le geste reste contraignant après les mesures techniques et organisationnelles. Le critère est la tâche, pas la personne : si le poste peut encore être aménagé, c’est par là qu’il faut commencer. Ensuite seulement vient la question de savoir si la morphologie du porteur entre dans la plage de réglage du modèle.
Faut-il acheter un modèle par personne ?
Idéalement oui, et il existe une solution intermédiaire. Un dispositif attribué garde son réglage ; un dispositif partagé le perd. Quand le budget impose le partage, un protocole de réglage écrit et des repères marqués sur les sangles limitent la perte, à condition que quelqu’un en soit responsable dans l’équipe.
Un exosquelette convient-il à une personne de petite taille ?
Cela dépend de la plage de réglage du modèle, jamais de l’étiquette de la gamme. La question utile est celle des bornes : jusqu’où descend la hauteur d’appui lombaire, jusqu’où raccourcissent les montants de cuisses. Un essai avec la personne concernée répond vite là où un tableau de tailles laisse un doute.
L’exosquelette est-il efficace pour aider les personnes âgées à marcher ?
Cette question sort du travail, et elle sort de notre métier. Les dispositifs d’aide à la marche sont des équipements de santé, choisis avec un médecin et un thérapeute. Notre métier, ce sont les postes de travail, pas le soin des personnes : l’usage personnel est abordé sur l’exosquelette au quotidien, hors du travail.