Structure portée posée sur un mannequin d'essai sans visage, dans un atelier de prototypage neutre

Exosquelette militaire en Suisse : pourquoi ce n’est pas notre métier

Travaux sur l’assistance physique relayés par RTS · Les Echos

Nous n’équipons pas d’armée. Ce que la technologie doit à la défense, ce qu’elle n’en a pas retenu, et où s’arrête notre périmètre.

✓ Nous disons ce que nous ne faisons pas · ✓ Un cadre suisse, pas un imaginaire · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : un exosquelette militaire vise la marche chargée et l’autonomie du combattant, pas la prévention au travail. NovaFree n’intervient pas sur ce marché. Le cadre opposable en Suisse, lui, s’est écrit du côté civil, et c’est celui qui vaut pour une entreprise.

Une image circule depuis vingt ans : le soldat augmenté, marchant chargé sans fatigue. Elle a fait plus pour la notoriété des exosquelettes que tous les ateliers réunis, et elle a rendu le mot illisible pour ceux qui devraient l’employer.

Elle a aussi créé un malentendu. Cette page dit ce que ces programmes sont, ce qu’ils ne sont pas, ce que la technologie du travail leur doit réellement, et pourquoi nous n’allons pas sur ce terrain. Le cadre professionnel est sur le guide de l’exosquelette professionnel.

Que sont les exosquelettes militaires ?

Des programmes de recherche, pour l’essentiel. Ils visent l’autonomie du combattant chargé : marcher plus loin avec un sac lourd, franchir un dénivelé, porter un équipement de protection sans s’épuiser.

Entre la science-fiction et la réalité, l’écart reste large. L’imaginaire des soldats augmentés a nourri des dizaines d’articles ; ce que l’armée de terre explore réellement, ce sont des possibilités limitées, testées au présent et rarement déployées.

Les objectifs ne sont pas ceux d’une entreprise. Un projet de défense accepte un dispositif coûteux, lourd et complexe, du moment qu’il tient une mission et qu’il rentre au dépôt entre deux. Une entreprise a besoin de l’inverse : léger, réglable, oubliable, porté huit heures par quelqu’un qui n’a pas choisi de le porter.

Il faut ajouter une précision que la presse omet souvent. Beaucoup de ces dispositifs sont des prototypes. Une démonstration filmée ne dit rien de leur disponibilité réelle, et rien non plus de leur place au regard des textes qui s’imposent à une entreprise, à commencer par la loi sur le travail et son ordonnance 3, l’OLT 3.

D’où vient réellement la technologie ?

De trois mondes à la fois, et le militaire n’est que l’un d’eux. La rééducation, la robotique de service et l’industrie ont autant compté, et la première plus que les deux autres.

Ce qui tranche, c’est le cadre. Les textes qui définissent aujourd’hui un dispositif d’assistance physique sont civils : une norme internationale, ISO 13482, un accord professionnel, AFNOR AC Z68-800, une norme française, NF X35-800, et les recommandations d’une autorité du travail, le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO. Aucun ne vient de la défense.

Le cadre de l’assistance physique s’est écrit du côté civil

Cinq dates du cadre civil de l’assistance physique 2014, norme ISO 13482 sur les robots d’assistance personnelle. Mars 2017, accord AFNOR sur les exosquelettes. 2 août 2023, norme NF X35-800. 12 juin 2025, brochure du SECO. 24 août 2026, projet de norme ISO 25563. 2014 ISO 13482 robots d’assistance 2017 accord AFNOR AC Z68-800 2023 norme NF X35-800 2025 brochure du SECO 12 juin 2026 projet ISO 25563
Aucune de ces cinq étapes n’est militaire. Sources : ISO, AFNOR, et le Secrétariat d’État à l’économie.

Une norme n’oblige personne par elle-même. Ce qui oblige un employeur, ce sont d’abord la loi sur le travail, l’article 2 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, et l’ordonnance sur la prévention des accidents, l’OPA.

Un quatrième texte s’y ajoute. La directive 6508 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, la CFST, porte sur l’appel aux médecins du travail et aux autres spécialistes de la sécurité au travail.

C’est ce cadre-là qui vaut pour une entreprise, et lui seul. Il est détaillé sur la norme exosquelette et ce qu’elle n’oblige pas. Retenez le point principal : un exosquelette n’est pas considéré comme un équipement de protection individuelle, faute de potentiel de protection suffisamment démontré (SECO, brochure exosquelettes, 2025).

Quelles sont les limites d’un exosquelette de combat ?

Les mêmes que partout, en plus sévère. Une structure portée gêne dès que le corps sort du geste prévu, et un combattant en sort toutes les dix minutes.

Ramper, grimper, s’accroupir longtemps, opérer en espace confiné : chacun de ces mouvements est un cas où le dispositif devient un obstacle. S’y ajoutent l’autonomie, l’entretien en conditions extrêmes, et le temps d’adaptation du porteur. Aucun de ces points n’a de réponse publique chiffrée.

L’institut français de recherche en prévention recense d’ailleurs, pour l’usage professionnel, exactement le même faisceau : contraintes posturales, gêne mécanique, collisions, perte d’équilibre, charge cardiovasculaire, inconfort, surcharge attentionnelle (INRS, exosquelettes, France). La différence est de degré, pas de nature.

Pourquoi NovaFree n’intervient-elle pas sur ce marché ?

Parce que ce n’est pas notre métier, et le dire vaut mieux que de faire semblant. Nous accompagnons des entreprises, sur des postes civils, et rien d’autre.

Trois raisons, et elles se tiennent. Le cadre juridique n’est pas le même : nous travaillons avec la loi sur le travail et l’OLT 3, pas avec des règles d’armement. La méthode n’est pas la même : nous partons d’une analyse du geste et d’un essai avec les personnes concernées. Les fournisseurs ne sont pas les mêmes : ceux que Nicolas Wüst consulte fabriquent pour l’atelier, l’entrepôt et le chantier.

Le voisin civil de ce sujet, en revanche, nous concerne : les métiers du secours, brancardage et relevage, sont traités sur l’exosquelette pour les pompiers. Et l’autre frontière, celle du grand public, est expliquée sur l’exosquelette de sport et de loisir.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur l’exosquelette militaire

Quelle est la fonction d’un exosquelette militaire ?

Soutenir la marche chargée et le port d’équipement, dans une mission. Ce n’est pas une fonction de prévention au travail : la logique y est celle de la performance opérationnelle, pas celle de la réduction d’une contrainte répétée sur des années.

Où se procurer un exosquelette de ce type ?

Ces dispositifs ne sont pas en vente libre, et nous n’en fournissons aucun. Pour un usage professionnel civil, nous consultons les fabricants qui équipent l’industrie, la logistique et la construction : le catalogue neutre est sur notre page des marques.

Quels sont les inconvénients d’un exosquelette, militaire ou non ?

Il déplace la contrainte au lieu de la supprimer. Il peut augmenter l’effort d’autres muscles, gêner un mouvement imprévu, coûter du temps à mettre et à retirer, et demander un entretien. Ces limites sont les mêmes dans un atelier suisse et sur un terrain militaire.

Un exosquelette de défense peut-il servir en entreprise ?

Non, et la question se pose rarement dans ce sens. Les objectifs, les poids, les coûts et les règles de conformité diffèrent. Un équipement de travail se choisit sur un geste précis, après analyse, et il doit rester supportable toute une journée.