Poste de travail observé de loin, avec une personne en activité et une autre qui note

Qu’est-ce que l’ergonomie ? Les fondements de la discipline, appliqués en Suisse

Cadre suisse : OLT 3, art. 23-25 · LTr art. 6 · Suva · SECO

On vous a dit qu’une chaise était « ergonomique ». C’est la seule chose que l’ergonomie ne dit jamais.

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En bref : l’ergonomie est la discipline qui adapte le travail à l’humain, et non l’inverse. Elle couvre trois domaines : physique, cognitif, organisationnel. NovaFree l’applique au travail réel, en entreprise. Un objet seul n’est jamais ergonomique, et aucune chaise ne l’est en soi.

Vous cherchez une définition, et tout le monde vous vend une chaise. Ce n’est pas la même chose.

Cette page explique la discipline : d’où vient le mot, ce que recouvrent ses trois domaines, les deux écoles qui la traversent, et qui la pratique. Elle ne décrit ni notre offre, qui se lit sur la page d’accueil de NovaFree, ni une démarche : elle donne de quoi comprendre ce dont il est question quand on parle de troubles musculo-squelettiques (TMS) dans une entreprise.

Qu’est-ce que l’ergonomie, en une phrase ?

L’ergonomie adapte le travail à l’humain, et non l’humain au travail.

Le mot vient du grec : « ergon », le travail, et « nomos », les lois. La discipline étudie donc les lois du travail réel : ce que la tâche demande au corps et à la tête, et ce qu’il faut changer pour que l’un et l’autre tiennent dans la durée.

Un objet seul n’est jamais ergonomique. Une chaise ne l’est que pour une personne, à une hauteur, pour une tâche et une durée données. Quand un vendeur qualifie un produit d’ergonomique sans rien savoir de votre poste, il décrit une intention, pas une propriété. Ni la Suva ni le SECO ne certifient un objet de cette manière.

Quels sont les trois domaines de l’ergonomie ?

Trois domaines, et un poste réel en mélange presque toujours deux.

  1. PhysiqueLe corps au travail : postures, charges, gestes répétés, efforts tenus.
  2. CognitiveCe que la tête traite : informations, interruptions, décisions sous contrainte.
  3. OrganisationnelleLa façon dont le travail est réparti : horaires, cadences, coopération.
Les trois domaines, lisibles à l’arrêt comme en mouvement.

La séparation est utile pour comprendre, trompeuse pour agir. Une cadence imposée est organisationnelle, elle produit une contrainte physique et une charge mentale ; traiter l’une sans les autres déplace le problème. Ce que cela donne sur un poste précis se lit sur ce que l’environnement impose au poste.

D’où vient la discipline, et pourquoi cela change ce qu’elle regarde ?

Du travail dangereux, et cela se voit encore dans sa façon de procéder.

Le mot est forgé au dix-neuvième siècle par un savant polonais, mais la discipline se structure après la Seconde Guerre mondiale, autour d’une question militaire : pourquoi des pilotes entraînés commettent-ils des erreurs de manipulation ? La réponse n’était pas dans les pilotes, elle était dans les cadrans.

De là vient sa méthode : on observe le travail tel qu’il se fait, pas tel qu’il est prescrit, et on modifie ce qui est modifiable. Une analyse commence donc au poste, pendant l’activité, et jamais sur un plan. Pour les outils de cette observation, voyez les instruments qui servent à l’observation.

Deux écoles traversent-elles l’ergonomie, y compris en Suisse ?

Oui, et elles ne regardent pas la même chose.

  • L’ergonomie de l’activité, de tradition francophone : elle part de ce que les personnes font réellement, y compris de ce qu’elles inventent pour tenir, et elle en fait le matériau de l’analyse.
  • Les facteurs humains, de tradition anglo-saxonne : ils partent des capacités générales du corps et de l’attention, et conçoivent le poste pour qu’il reste dans ces limites.

Les deux se rejoignent au poste. Dans la pratique suisse, l’analyse emprunte aux deux : on mesure ce qui se mesure, et on écoute ce que les personnes disent de leur propre travail. Ce que le droit exige, lui, ne dépend d’aucune école : c’est écrit dans l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3) et détaillé sur les obligations de l’employeur.

Qui pratique l’ergonomie, et qui fait autre chose ?

Quatre métiers se croisent sur un poste, et on les confond souvent.

L’ergonome travaille sur le travail : il analyse la tâche, l’environnement et l’organisation, puis propose des modifications. L’ergothérapeute travaille sur la personne, dans un cadre de soin individuel. Le physiothérapeute traite et rééduque ; le médecin du travail porte l’aptitude et la surveillance de la santé, dans le cadre que fixent le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) et la Suva.

NovaFree fait de l’ergonomie-conseil, pas de l’ergothérapie. Quand une situation relève du soin individuel, nous orientons la personne vers un cabinet. Le détail des quatre métiers se lit sur ergonome ou ergothérapeute : qui consulter, et le réseau qui intervient avec nous sur nos partenaires de santé.

Par où commence une ergonomie qui sert à quelque chose ?

Par le travail réel, observé pendant qu’il se fait.

Ni par un catalogue, ni par une formation, ni par une chaise. L’analyse précède toute proposition, sur un instrument nommé et daté : c’est ce qui distingue un conseil d’une vente. L’application en entreprise se lit sur ce que l’ergonomie change dans une entreprise.

« Geste répétitif, charge lourde, effort excessif, le corps souffre au travail »

La présentation de l’émission, sur La Télé, Entrepreneur·e·s, 18 décembre 2024

Décrivez ce qui vous préoccupe, un poste, un geste, un service. Nicolas Wüst vous dit ce qui relève de l’ergonomie, et ce qui relève d’autre chose.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

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Vos questions sur l’ergonomie

Quelle est la définition de l’ergonomie ?

La discipline qui adapte le travail à l’humain, et non l’inverse. Elle étudie ce qu’une tâche demande au corps et à l’attention, dans son environnement réel, et elle modifie ce qui peut l’être : le poste, l’outil, l’organisation. Le mot vient du grec « ergon », le travail, et « nomos », les lois. Elle ne porte jamais sur un objet pris isolément.

Quels sont les trois types d’ergonomie ?

Physique, cognitive et organisationnelle. La physique porte sur le corps : postures, charges, gestes répétés. La cognitive porte sur ce que la tête traite : informations, interruptions, décisions. L’organisationnelle porte sur la façon dont le travail est réparti : horaires, cadences, coopération entre les personnes. On les distingue pour comprendre plutôt que pour agir séparément.

Quel est le principe de l’ergonomie ?

Partir du travail réel, pas du travail prescrit. Ce que les personnes font pour tenir la cadence, éviter une douleur ou compenser un outil mal placé ne figure dans aucune procédure : c’est précisément ce qu’une analyse cherche à voir. De ce principe découle l’ordre des mesures : on supprime ou on réduit la contrainte à la source avant d’équiper la personne.

L’ergonomie concerne-t-elle seulement les bureaux ?

Non, et c’est un malentendu courant en Suisse. Le poste administratif est le mieux documenté, mais la contrainte physique la plus lourde se rencontre en production, en logistique, dans les soins, sur les chantiers et dans l’agriculture. Ce sont des postes où le corps porte, se penche et répète. Ce qui s’y observe se lit sur le poste de travail.