
Facteurs de risque des TMS, les troubles musculo-squelettiques : les quatre familles, et ce qu’un employeur suisse en fait
Démarche relayée par RTS · Canal 9 · La Télé · Terre & Nature
Quatre familles de facteurs, et aucune n’agit seule : voici ce qui se cumule, et le texte qui vous oblige.
✓ Les critères qui ont conduit à notre recommandation vous restent · ✓ Chaque famille rattachée au texte suisse qui l’oblige · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : les facteurs de risque des TMS, les troubles musculo-squelettiques, tiennent en quatre familles : le geste, l’organisation, l’environnement physique, la personne. Le SECO l’écrit : les traiter séparément fait baisser l’efficacité de la prévention. NovaFree les relève au poste. Aucune n’agit seule.
Vous cherchez une liste de facteurs de risque, et surtout ce que vous devez faire une fois le facteur nommé.
Cette page donne les quatre familles, puis accroche chaque famille au texte suisse qui l’oblige et à la mesure qui y répond. Elle prolonge la prévention des TMS en entreprise et s’arrête là où commence l’ordre des mesures.
Sur cette page :
- Quels sont les quatre facteurs de risque des TMS ?
- Qu’est-ce qu’un facteur biomécanique, concrètement ?
- Que recouvrent les facteurs organisationnels et psychosociaux ?
- Le froid, le bruit et les vibrations comptent-ils dans un TMS ?
- Les facteurs de risque sont-ils les mêmes sur un chantier ?
- Que doit faire un employeur suisse une fois le facteur identifié ?
Quels sont les quatre facteurs de risque des TMS ?
Quatre, et c’est la réponse que tout le monde donne : biomécanique, organisationnel et psychosocial, ambiances physiques, individuel.
Ce que presque personne n’ajoute, c’est la suite. Un facteur isolé n’explique presque jamais un trouble musculo-squelettique. C’est leur cumul sur la même personne, au même poste, pendant la même saison, qui fait basculer le rapport entre ce que le geste coûte et ce que le corps répare. Le mécanisme se lit sur comment un TMS s’installe.

Qu’est-ce qu’un facteur biomécanique, concrètement ?
C’est la famille la plus visible, et la seule qui se photographie.
Elle tient en cinq grandeurs : le poids de ce qui est manipulé, la posture dans laquelle le geste se fait, la force demandée, la fréquence de répétition et la durée pendant laquelle tout cela dure.
Aucune de ces cinq ne se juge seule. Une caisse de huit kilos prise au sol trois cents fois par jour pèse plus lourd qu’une caisse de vingt kilos prise à hauteur de hanche, dix fois. C’est pour cette raison qu’une limite de poids universelle n’existe pas, et que la Suva refuse d’en donner une sans connaître le contexte.
Le relevé de ces cinq grandeurs est un geste technique, daté, fait devant le poste. Il ne s’improvise pas de mémoire.
Que recouvrent les facteurs organisationnels et psychosociaux ?
Tout ce qui décide quand le geste se fait, à quel rythme, et avec quelle marge.
Côté organisation : la cadence imposée, l’absence d’alternance entre deux gestes, les pauses repoussées en fin de journée, les pics de saison, et les remplacements qui font tenir un poste par quelqu’un qui ne le connaît pas.
Côté psychosocial : la marge de manoeuvre laissée à l’opérateur, le soutien de l’encadrement de proximité, la prévisibilité de la journée. Ce sont des variables qui changent la façon dont un corps encaisse.
Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, a mesuré ce lien et en tire une conclusion nette : quand les contraintes biomécaniques, les risques psychosociaux et les facteurs organisationnels sont traités séparément, l’efficacité de la prévention des TMS diminue (SECO, liens entre risques psychosociaux et TMS, 2023, données de l’enquête suisse sur la population active 2020, n = 7 486).
Le froid, le bruit et les vibrations comptent-ils dans un TMS ?
Oui, et ils comptent double parce qu’ils passent inaperçus.
Le froid raidit les tissus et augmente la force de préhension nécessaire pour tenir le même objet : chambres froides, quais ouverts, travail d’hiver en extérieur.
Les vibrations transmises par un outil ou par un siège ajoutent une sollicitation continue. Au corps entier, elle use les disques et la colonne sans douleur immédiate, souvent sur des années ; à la main, les premiers signes sont des doigts blancs et engourdis, que le froid aggrave (Suva, Les vibrations, un facteur de risque). Valeurs limites Suva des vibrations : voir le bruit au travail selon l’OLT 3 (art. 22).
Le bruit et l’éclairage, eux, agissent indirectement : on se penche pour voir, on se contracte pour se concentrer.
La directive 6508 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, la CFST, range ces contraintes dans la même annexe que les contraintes de l’appareil locomoteur : sa liste des dangers particuliers nomme à la fois les travaux présentant des contraintes pour l’appareil locomoteur et ceux présentant des contraintes physiques particulières, bruit et vibrations compris.
L’aménagement qui répond à ces contraintes se lit sur l’ergonomie du poste de travail.
Les facteurs de risque sont-ils les mêmes sur un chantier ?
Les familles sont les mêmes. Le cumul, lui, n’a rien à voir.
Sur un chantier, les quatre familles arrivent ensemble et changent tous les jours : on porte sur un sol instable, on travaille bras levés sous un plafond, on s’agenouille sur une dalle froide, on tient un outil vibrant, et l’ordre des tâches dépend d’un corps de métier qui n’est pas le vôtre.
C’est le cas où l’évaluation faite une fois pour toutes ne vaut rien, et où le relevé doit suivre la phase du chantier. Les instruments qui le permettent sont décrits sur les méthodes d’évaluation ergonomique, poste par poste.
Sur un chantier vaudois ou valaisan, Nicolas Wüst revient à chaque phase : le gros oeuvre et le second oeuvre ne fatiguent pas les mêmes articulations. Un relevé unique daterait le jour même où il est rendu.
Que doit faire un employeur suisse une fois le facteur identifié ?
Le nommer ne suffit pas. Le droit demande une suite.
L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail pose l’obligation générale : « L’employeur est tenu de donner toutes les directives et de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer et d’améliorer la protection de la santé physique et psychique » (OLT 3, art. 2 al. 1). L’article consacré aux charges ajoute des mesures d’organisation et des équipements adéquats.
Et la directive CFST 6508 va plus loin : une entreprise qui expose ses équipes à des travaux présentant des contraintes pour l’appareil locomoteur relève des dangers particuliers de son annexe 1, ce qui déclenche l’appel à des spécialistes de la sécurité au travail. Tout le cadre se lit sur vos obligations d’employeur en ergonomie, article par article.
Dans les faits, la marche est raide. 92 % des entreprises suisses déclarent avoir pris au moins une mesure contre les TMS en trois ans, mais 46 % seulement procèdent régulièrement à une évaluation des risques, contre 77 % des entreprises de l’Union européenne qui les évaluent (SECO, rapport ESENER-4, 2025). Agir sans évaluer, c’est traiter le facteur qu’on voit.
Une fois les facteurs relevés, l’ordre dans lequel on y répond est écrit, et il commence loin de l’équipement porté : la hiérarchie STOP, du premier au dernier niveau.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur les facteurs de risque des TMS
Quels sont les 4 facteurs individuels des TMS ?
L’âge, les antécédents de douleur, le gabarit et l’expérience du geste. Ils expliquent pourquoi deux personnes au même poste n’ont pas la même atteinte. Ils ne servent jamais à trier les personnes : en ergonomie, c’est le travail qui s’adapte, et la variabilité entre deux corps est une donnée d’entrée, pas un défaut.
Un seul facteur suffit-il à provoquer un TMS ?
Presque jamais. C’est le cumul qui décide : le même geste devient risqué quand la cadence monte, quand le froid s’ajoute, quand la marge de manoeuvre disparaît. Le SECO mesure d’ailleurs que traiter ces familles séparément fait baisser l’efficacité de la prévention.
Qui peut évaluer ces facteurs dans une entreprise suisse ?
L’employeur en répond, et il peut faire appel à des spécialistes. La directive CFST 6508 déclenche cet appel dès que l’entreprise expose ses équipes à des travaux présentant des contraintes pour l’appareil locomoteur. Le choix de l’instrument, lui, reste libre : aucun texte n’impose une grille plutôt qu’une autre.