
Exosquelette passif : la famille sans moteur, ses usages et ses limites, en Suisse
Essais racontés par RTS · Canal 9 · La Télé
Trois brochures sur votre bureau, trois promesses, aucun critère commun : voici comment travaille la famille passive, et où elle s’arrête.
✓ Aucun modèle en stock, aucune marque à défendre · ✓ Un avis qui peut conclure : ce poste n’en a pas besoin · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
Des entreprises suisses accompagnées par NovaFree








En bref : un exosquelette passif n’a ni moteur ni batterie : ressorts et élastiques stockent votre flexion et en rendent une part au redressement. Une part de l’effort passe au bassin. Il complète les mesures de prévention, il ne les remplace pas (SECO, 2025). En Suisse, NovaFree le fait essayer au poste.
Sans moteur, un passif soulage-t-il réellement ? La question tombe à chaque démonstration, et elle est juste.
Un exosquelette passif ne fournit aucune force : il vous rend la vôtre, au moment où vous vous redressez, et seulement sur le geste pour lequel il a été réglé. Pour un responsable sécurité qui a trois modèles posés sur son bureau depuis six semaines, la difficulté n’est pas de trouver un fournisseur, c’est de trouver un critère qui ne soit pas la parole d’un vendeur.
Cette page décrit la famille passive telle qu’elle travaille sur un poste réel, y compris là où elle ne convient pas ; le panorama des marques d’exosquelettes compare les fabricants, toutes technologies confondues.
Sur cette page :
- Qu’est-ce qu’un exosquelette passif ?
- Comment un exosquelette passif restitue-t-il l’énergie du geste ?
- Quelles familles de passifs existent selon la zone assistée ?
- Pour quels postes en Suisse le passif est-il pertinent ?
- Que dit le SECO de l’usage des exosquelettes au travail ?
- Un exosquelette passif peut-il déplacer la contrainte ailleurs ?
- À quels postes un exosquelette passif ne convient-il pas ?
- Comment vérifier qu’un passif tient au poste réel ?
Qu’est-ce qu’un exosquelette passif ?
C’est une structure portée sur le corps qui ne consomme aucune énergie extérieure : pas de moteur, pas de batterie, pas de commande. L’assistance vient de vous. Le dispositif emmagasine une partie de l’énergie de votre mouvement, puis vous la restitue quand vous revenez en position haute.
Deux termes reviennent dans les documentations. Autant les poser. Le couple d’assistance est le moment de force qu’un dispositif rend à une articulation : c’est lui qui se règle, cran par cran, sur la plupart des passifs.
Le transfert de charge est le chemin que prend l’effort : au lieu de rester sur les lombaires ou sur les épaules, une part descend vers le bassin, les cuisses ou le thorax, là où le corps l’encaisse mieux. Un troisième mot circule, venu du vocabulaire français : DAP, pour dispositif d’assistance physique, la catégorie générale à laquelle appartiennent les exosquelettes.
En face, un exosquelette actif embarque un moteur et une batterie qui produisent eux-mêmes de la force. Les deux familles ne se départagent pas sur catalogue : exosquelette actif ou passif pose les critères de bascule, et les marques d’exosquelettes actifs décrivent l’autre segment.

Comment un exosquelette passif restitue-t-il l’énergie du geste ?
Tout se joue en deux temps. À la descente, quand vous pliez le tronc ou que vous baissez les bras, des lames, des ressorts ou des bandes élastiques se tendent le long du dos ou sous l’aisselle. À la remontée, cette tension se relâche dans le sens de votre geste et vous aide à revenir.
Rien n’est créé au passage : un passif ne fabrique pas de force, il en déplace une part et vous la rend au bon moment.
Cette mécanique a une conséquence qui commande tout le reste : le dispositif n’aide que dans l’axe pour lequel il a été monté et réglé. Un modèle taillé pour la flexion du tronc ne fera rien pour des bras maintenus en l’air, et il peut même gêner sur un geste latéral. Le réglage se fait donc au geste et à la personne, jamais à la taille du vêtement.
Quelles familles de passifs existent selon la zone assistée ?
La famille se lit par la zone du corps qu’elle assiste, pas par le nom du fabricant. Six ensembles se distinguent, chacun pour un geste précis.
| Zone assistée | Geste visé | Principe mécanique | Exemples |
|---|---|---|---|
| Dos et hanches | Flexion répétée du tronc, reprise de charges près du sol | Lames ou élastiques dorsaux, transfert vers le bassin et les cuisses | Auxivo LiftSuit, Ottobock Paexo Soft Back, Laevo, HMT. exosquelette dos et lombaires |
| Épaules et bras levés | Travail au-dessus de la tête, outil tenu à bout de bras | Ressorts logés dans l’armature d’épaule, transfert vers le thorax et le bassin | Auxivo DeltaSuit, Hilti EXO-O1. exosquelette épaules et bras |
| Dos et épaules ensemble | Postes qui alternent flexion et bras levés dans la même heure | Deux chaînes d’assistance montées sur une seule structure | Auxivo OmniSuit |
| Nuque | Tête maintenue en extension ou penchée longtemps | Appui occipital relié à un harnais d’épaules | Pas de modèle passif cité |
| Mains et poignets | Préhension serrée et répétée, outils vibrants | Rappel élastique des doigts ou attelle de poignet | Pas de modèle passif cité |
| Jambes et assise dynamique | Station debout prolongée, postes accroupis | Structure qui prend appui au sol et sert de siège | Pas de modèle passif cité |
Un même principe se décline ensuite selon l’environnement plutôt que selon la marque : la gamme Paexo comporte une déclinaison pour salle blanche, et le portage de charges à bout de bras a ses propres structures, comme le CarrySuit du fabricant suisse Auxivo. Sur la nuque, les mains et poignets, et les jambes, nous ne citons aucun modèle passif.
Nous ne classons pas ces modèles et nous ne leur donnons pas de note. Un classement promet un vainqueur, alors que la seule question qui compte est celle de votre poste. Sur un catalogue, tout fonctionne ; au poste, la réponse dépend du geste, de la morphologie et de la durée du port.
Pour quels postes en Suisse le passif est-il pertinent ?
Pour ceux où un geste pénible revient toute la journée, sans qu’on puisse le supprimer ni le mécaniser. En logistique et en manutention, c’est la reprise de bacs au sol et le chargement des rolls.
Dans la construction, le perçage au plafond et la pose de rails. En agriculture et en viticulture, la taille de février et la vendange. Dans l’industrie alimentaire, les caves d’affinage, où les meules se retournent une à une. En industrie et en production, l’assemblage à bout de bras. Dans les soins, la toilette au lit et le transfert de patient.
La géographie suit le travail plutôt que les frontières. Nous intervenons à Bulle, dans les fromageries de la Gruyère et plus largement dans le canton de Fribourg, comme sur les chantiers valaisans. Le point commun est le geste, pas le canton.
Les équipes, elles, le disent sans emphase. Un opérateur équipé chez Siegfried, à Évionnaz, le résumait ainsi au micro de Canal 9 (13 décembre 2024) : « Disons que quand on rentre à la maison, on sent la différence. » Un passif ne transforme personne en machine. Il rend une part de l’effort, et c’est déjà beaucoup pour un dos qui plie toute la journée.
Que dit le SECO de l’usage des exosquelettes au travail ?
La position fédérale est écrite, datée et publique, et elle commence par un statut. Dans la brochure qu’il consacre au sujet, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) ne range pas les exosquelettes parmi les équipements de protection individuelle, leur potentiel de protection n’étant pas suffisamment démontré.
Il rappelle l’ordre de travail : « commencer par des mesures de Substitution, puis Techniques, ensuite Organisationnelles et enfin, à introduire en dernier recours des mesures Personnelles » (SECO, Les exosquelettes et la prévention des atteintes à la santé au travail, 12 juin 2025). C’est la hiérarchie S-T-O-P, et l’exosquelette y occupe le niveau P, celui des mesures personnelles.
Cette place est une méthode de travail, pas un jugement sur le matériel. Elle a une conséquence pratique pour vous : un levage qui peut être supprimé ou mécanisé doit l’être d’abord, et l’équipement vient après, pas à la place.
Le SECO fonde ses recommandations sur l’art. 48 de la loi sur le travail, les art. 2 et 6 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3), l’art. 82 de la LAA et l’art. 41 de l’ordonnance sur la prévention des accidents (OPA).
L’aménagement ergonomique du poste, lui, relève de l’art. 23 de l’OLT 3 ; l’art. 25 demande à l’employeur de prendre les mesures d’organisation appropriées et de mettre à disposition les équipements adéquats, notamment les dispositifs mécaniques, pour éviter que les charges soient déplacées à la main. C’est le S-T-O-P écrit dans le droit fédéral. La méthode complète vit sur la hiérarchie STOP.
Un exosquelette passif peut-il déplacer la contrainte ailleurs ?
Oui, et c’est la raison d’être de l’analyse de poste. Le principe même du passif est un transfert : l’effort ne disparaît pas, il change de chemin. Bien orienté, il descend vers des zones qui l’encaissent mieux. Mal orienté, ou trop soutenu pour la tâche, il se loge ailleurs : une gêne dans la marche, une fatigue nouvelle aux cuisses, un appui qui frotte à l’épaule.
L’INRS (France) le documente sans détour : l’exosquelette redistribue les contraintes, souvent vers les jambes, il ne les supprime pas (INRS, questions fréquentes sur les exosquelettes). Le SECO, de son côté, range l’utilité pour la tâche, le confort d’usage et l’acceptation par l’équipe parmi ses points de vigilance, au même rang que le choix du modèle.
Voilà pourquoi nous mesurons le poste avant de proposer un modèle, et pourquoi un physiothérapeute suit l’essai. Un dispositif qui soulage une épaule en chargeant un genou n’est pas une bonne affaire.
À quels postes un exosquelette passif ne convient-il pas ?
Il existe des postes où un passif n’a rien à faire, et le dire fait partie du conseil.
D’abord ceux où une mesure en amont protège mieux. Un transfert manuel qu’un convoyeur absorbe, une charge qu’une table élévatrice met à bonne hauteur, une tâche qu’une rotation répartit entre trois personnes : dans ces cas, l’exosquelette arriverait après la bataille, et il coûterait plus cher que la mesure qui règle le problème.
Ensuite ceux où le dispositif gêne plus qu’il n’aide. Les espaces confinés, où l’encombrement dorsal empêche de passer.
Le travail sous harnais antichute, où deux équipements se disputent le même torse. Les rotations rapides entre des tâches très différentes, où le réglage juste pour l’une devient faux pour la suivante. La chaleur, aussi : une couche de plus sur le dos, en août, dans une halle sans climatisation, se retire avant midi.
Le taire coûte plus cher que le dire. Un dispositif acheté pour un poste qui ne s’y prête pas ne se porte pas longtemps, et la prochaine proposition de prévention se heurtera au souvenir de celui-là. Notre conseil peut donc conclure qu’aucun exosquelette n’a sa place à ce poste.
Comment vérifier qu’un passif tient au poste réel ?
En le portant, chez vous, sur le geste qui fait mal. La marche à suivre tient en quatre temps. L’analyse du poste d’abord : gestes, charges, cadences, hauteurs de prise, et la liste des mesures qui passeraient avant tout équipement. Puis l’essai : plusieurs modèles candidats, un mois en conditions réelles, sur les vraies tâches et non sur une démonstration de dix minutes.
Un physiothérapeute règle, observe et recueille les ressentis, semaine après semaine. Enfin le bilan avec Nicolas Wüst, ressentis comparés à l’appui : la décision vous appartient, et elle peut être négative.
Deux points se disent d’avance. Le corps a besoin d’un temps d’adaptation : les premiers jours, le dispositif se remarque plus qu’il ne soulage, et le réglage se reprend plusieurs fois.
Et il arrive qu’un porteur abandonne en cours de route, pour une gêne, une chaleur ou une tâche mal couverte. C’est une information, pas un échec : elle dit quel poste équiper et lequel laisser tranquille. Le déroulé complet vit sur l’essai encadré au poste réel, modèle après modèle.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
Et si vos équipes l’essayaient au poste ?
Sélection multi-marques, un mois d’essai encadré, bilan objectivé, avant toute décision.
ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur l’exosquelette passif
Sans moteur, un exosquelette passif aide-t-il réellement ?
Oui, parce qu’il ne produit pas la force : il la recycle. Vos muscles fournissent le travail à la descente, des ressorts ou des élastiques en stockent une partie, et la restituent quand vous vous relevez. L’assistance est donc réelle, mais bornée : elle n’existe que sur le geste réglé, et elle ne dispense d’aucune des mesures qui protègent le poste en amont.
Quels sont les inconvénients d’un exosquelette passif ?
Trois reviennent à chaque essai : la chaleur, le temps d’enfilage et l’encombrement. Une couche de plus sur le dos se sent l’été. L’enfilage se compte en secondes une fois la main prise, encore faut-il la prendre. Et un dispositif dorsal passe mal dans un espace confiné ou sous un harnais. Il faut y ajouter le point le plus sérieux : mal choisi ou trop soutenu, un passif peut déplacer la contrainte vers une autre partie du corps.
Un exosquelette passif se lave-t-il ?
Les modèles textiles récents passent en machine, et c’est une question d’hygiène avant d’être un détail. Un dispositif porté à même la tenue de travail se salit comme elle. Fixez la règle avec l’équipe dès l’essai : qui lave, à quelle fréquence, et où le dispositif se range entre deux services. Les parties rigides et les éléments élastiques, eux, se contrôlent à l’œil et se remplacent quand ils fatiguent.
Combien de temps faut-il pour s’habituer à un exosquelette passif ?
Quelques jours pour le corps, quelques semaines pour le réglage. Les premières heures, la structure se rappelle à vous à chaque mouvement, puis elle se fait oublier. Le réglage, lui, se reprend au fil des tâches, parce qu’un même porteur ne demande pas la même assistance en début et en fin de semaine. Un mois d’essai laisse le temps aux deux.
Un exosquelette passif est-il un équipement de protection individuelle ?
Non : le SECO écrit que les exosquelettes « ne sont actuellement pas considérés comme des équipements de protection individuelle (EPI) », leur potentiel de protection n’étant pas suffisamment démontré. Deux conséquences pour vous : un exosquelette ne remplace aucun équipement de protection obligatoire à votre poste, et son introduction relève d’une démarche de prévention, pas d’une dotation. Le SECO recommande d’associer les personnes concernées, de former progressivement et de suivre l’usage dans le temps.