
Poids d’un exosquelette : à partir de quand la masse ajoutée pèse-t-elle, en Suisse ?
Sources citées : SECO 2025 · INRS (France) · instrument SECO · et deux faits d’entreprise datés
Au début c’est bien, après c’est lourd. Le poids ne se juge pas sur une fiche technique : il se juge en fin de poste.
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Des entreprises suisses accompagnées par NovaFree








En bref : le poids d’un exosquelette est lui-même une charge, et il n’existe pas de fourchette générique fiable. Un dispositif de bras d’environ neuf kilos a fait monter le coût cardiaque de 15 % (INRS, France). NovaFree le mesure au poste. La durée de port décide, pas le chiffre annoncé.
Vous avez fait essayer deux modèles une demi-journée. Les deux porteurs ont dit la même chose : au début c’est bien, après c’est lourd.
Cette page dit ce que le kilo affiché ne dit pas : où la masse s’appuie, ce qu’elle coûte au corps sur huit heures, et comment elle se mesure. Elle prolonge le guide de l’exosquelette professionnel par le critère le plus mal servi, à côté des critères de choix d’un exosquelette.
Sur cette page :
- Combien pèse un exosquelette professionnel ?
- Pourquoi un dispositif léger devient-il lourd en fin de journée ?
- Où la masse s’appuie-t-elle sur le corps ?
- Le poids ajouté est-il lui-même une charge ?
- Comment le poids se mesure-t-il à votre poste, en Suisse ?
- Comment vérifier qu’un dispositif tient une journée entière ?
Combien pèse un exosquelette professionnel ?
Les fourchettes qui circulent ne remontent à aucune source primaire : nous n’en reprenons aucune.
Deux faits d’entreprise, datés, donnent un repère. Chez DPD Suisse, en 2023, un dispositif dorsal passif annoncé sous 0,9 kg a été mis en service pour des colis d’environ 5 kg. Chez Heiniger, en 2026, un dispositif de 0,9 kg également, sur des postes équipés par ailleurs de palonniers de 80 à 200 kg.
Les fiches de fabricants annoncent des caractéristiques et des applications, jamais une répartition de masse. Le même chiffre recouvre pourtant des objets très différents : assistance des membres inférieurs, travaux au-dessus des épaules, maintien du tronc. Un descriptif n’est pas une mesure.
Deux entreprises, deux contextes, et rien qui vaille barème. Un motorisé pèse davantage, batterie comprise. Les deux familles techniques sont comparées sur un même poste, et les modèles passifs réunis dans le panorama des exosquelettes passifs.
Pourquoi un dispositif léger devient-il lourd en fin de journée ?
Parce que dix minutes de démonstration et huit heures de travail ne mesurent pas la même chose.
Ce qui change entre les deux : la chaleur sous les sangles, la transpiration, les points d’appui qui marquent, et le geste qui se modifie sans que la personne s’en rende compte. Un dispositif se juge au moment où l’on cesse d’y penser, ou au moment où l’on ne pense plus qu’à lui.
C’est pour cela que le chiffre utile n’est pas la masse : c’est le nombre d’heures pendant lesquelles elle est portée. Faites le calcul avec vos propres cadences.
Combien d’heures ce poids est-il porté dans l’année ?
Trois nombres que vous connaissez. Le résultat est un ordre de grandeur, pas un devis.
kg
heures
jours
Soit 9 kg portés environ 1320 heures dans l’année. C’est cette durée qui décide de l’acceptation, pas le chiffre de la fiche technique, et c’est elle qu’un essai d’un mois permet de connaître.
Ces valeurs sont celles par défaut. Modifiez les trois champs.
- Masse par défaut 9 kg : celle du dispositif de bras mesuré par l’INRS (France)
Ce que ce calcul ne dit pas
Il ne dit rien de la répartition, ni de la chaleur, ni du geste. Il donne un ordre de grandeur, et il sert à une chose : décider de la durée de l’essai.

Où la masse s’appuie-t-elle sur le corps ?
Quelque part, toujours. Un dispositif porté ne pose sa masse nulle part ailleurs que sur vous.
Sur un dispositif dorsal passif, la sangle de bassin reprend l’essentiel et les appuis de cuisses servent de point fixe : la masse descend vers le bas du corps. Un dispositif d’épaule, lui, la répartit entre le harnais et la ceinture. Et sur un motorisé, l’autonomie de la batterie et la masse forment un équilibre : plus d’autonomie, plus de poids.
Deux dispositifs de même masse ne se portent pas pareil, et le second se retire au bout d’une heure. C’est la répartition qui décide, et elle se constate en marchant, en montant un escalier, en s’accroupissant, pas en soulevant l’appareil à la main.
Ce que le dispositif rend en échange est une autre question, et elle a sa page : ce que le dispositif rend, et son réglage. Sur les modèles cités par le marché, de Laevo à Hilti EXO-O1, 0,9 kg mal réparti se sent davantage que trois kilos bien assis sur le bassin.
Le poids ajouté est-il lui-même une charge ?
Oui.
L’INRS (France) rapporte un coût cardiaque en hausse de 15 % avec un exosquelette de bras d’environ 9 kg, d’après Desbrosses et coll., 2017. Ce n’est pas une mesure sur une famille d’appareils : c’est une mesure sur un dispositif de neuf kilos, dans une tâche donnée, et elle ne se généralise pas.
Le même organisme recense les risques qu’un usage peut créer ou déplacer : contraintes posturales, gêne mécanique, collisions, perte d’équilibre, charge cardiovasculaire, inconfort, surcharge attentionnelle.
Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, le dit dans les deux sens. D’abord la moitié qui plaît : « L’exosquelette permet de réduire l’effort musculaire des muscles qu’il assiste » (SECO, exosquelettes et prévention, juin 2025). Puis l’autre moitié : le même document ajoute qu’il peut aussi augmenter l’effort musculaire d’autres muscles, notamment les antagonistes.
Conclusion assumée : un exosquelette redistribue une contrainte, il ne supprime pas une charge. Il est au niveau P de la hiérarchie STOP, le dernier, et il complète les mesures techniques et organisationnelles sans les remplacer.
Comment le poids se mesure-t-il à votre poste, en Suisse ?
Avec quatre nombres que personne ne lit sur une fiche technique.
- La durée de port réelle, pas la durée du poste. Un dispositif retiré pour la pause et pour la conduite n’est pas porté huit heures.
- La cadence et les déplacements. Marcher avec, monter une échelle avec, s’asseoir avec : c’est là que la masse se remarque.
- La température du local. Sous les sangles, deux degrés de plus changent l’avis d’un porteur.
- La charge déjà manipulée. Le dispositif s’ajoute à ce qui est porté, il ne s’y substitue pas.
Les instruments existent et ils sont suisses : le feuillet Suva 66128 pour balayer les contraintes, et l’instrument d’évaluation du SECO pour les seuils de charge.
Ce dernier donne des repères par âge et par sexe, de 25 à 10 kg tenus près du corps. Ce sont des seuils de dépistage, pas des limites sûres : s’ils ne sont pas respectés, des mesures particulières sont en général nécessaires (instrument SECO d’évaluation des risques pour la santé, réf. 710.069.f).
Le relevé complet se commande : faire mesurer un poste décrit ce qu’il contient.
Comment vérifier qu’un dispositif tient une journée entière ?
En le laissant sur place plus longtemps qu’une démonstration.
Notre protocole tient en trois éléments : un mois de mise à disposition selon un plan d’occupation défini avec vous, un physiothérapeute présent au poste, et un questionnaire rempli avant et après par chaque testeur.
Trois règles vont avec, et elles ne se négocient pas. Le port reste volontaire : personne n’impose un équipement à qui n’en veut pas. Plusieurs modèles sont mis en regard sur le même poste. Et l’essai peut conclure que rien ne convient : c’est arrivé, et c’est un résultat.
Ce que vous obtenez au bout d’un mois n’est pas un avis : c’est ce que les porteurs ont dit, poste par poste, après l’avoir porté le temps qu’il faut. Nicolas Wüst repasse au poste pendant la période.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Vos questions sur le poids d’un exosquelette
Un exosquelette peut-il être porté toute la journée ?
Cela se vérifie, cela ne s’annonce pas. La durée tenable dépend de la masse, de sa répartition, de la chaleur du local et de la tâche ; elle varie d’une personne à l’autre sur le même poste. Le port reste volontaire dans tous les cas, et un dispositif que l’on retire au bout de deux heures a donné une information utile, pas un échec.
Un exosquelette plus lourd est-il toujours moins confortable ?
Non, et c’est contre-intuitif. Ce qui décide, c’est la répartition : un dispositif dont la masse descend vers le bassin se porte souvent mieux qu’un dispositif plus léger qui tire sur les épaules. La seule façon de trancher est de comparer deux modèles sur le même poste, avec les mêmes personnes.
Un exosquelette aide-t-il à porter des charges lourdes ?
Il redistribue une contrainte, il ne supprime pas une charge. Un exosquelette n’enlève aucun kilo à ce que vous déplacez, il assiste un geste et déplace l’effort vers d’autres muscles. Face à une charge lourde, la réponse est un dispositif mécanique qui évite le port, pas un équipement individuel.
Le poids d’un modèle motorisé inclut-il la batterie ?
Oui, le poids annoncé d’un motorisé s’entend batterie comprise quand celle-ci est embarquée, et hors batterie quand elle est déportée à la ceinture ou au dos. La question à poser au fournisseur est donc double : quelle masse, et posée où. La différence entre les deux familles se lit sur la page qui les compare.