Conseillère ajustant la sangle d'un exosquelette pendant que l'opérateur reste à son poste

Niveau d’assistance d’un exosquelette : comment le régler au poste, en Suisse ?

Sources citées : SECO 2025 · OLT 3 art. 23 · INRS (France) · instrument SECO

Un devis annonce un pourcentage, l’autre trois crans réglables. Les deux ne mesurent pas la même chose, et aucune échelle ne les rapproche.

✓ Le port reste volontaire, personne ne l’impose · ✓ Plusieurs modèles mis en regard sur le même geste · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

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En bref : le niveau d’assistance d’un exosquelette n’a aucune échelle commune entre fabricants. Il ne se compare pas sur une fiche : il se règle au poste, avec un physiothérapeute. NovaFree le vérifie sur une journée entière. Plus d’assistance n’est pas une meilleure assistance.

Deux opérateurs essaient le même dispositif. Le premier dit que c’est trop, le second qu’il ne sent rien. Le problème vient rarement du modèle.

Cette page dit ce que recouvre le mot assistance, qui règle, à quel moment, et comment on vérifie qu’un réglage tient sur une journée de huit heures. Elle prolonge le guide de l’exosquelette professionnel.

Qu’appelle-t-on niveau d’assistance ?

Une famille de grandeurs qui n’ont rien en commun.

Un fabricant annonce une part d’effort reprise, en pourcentage. Le suivant annonce un nombre de crans sur une molette. Le troisième donne une force restituée ou un couple, en unités de mécanique. Chacun mesure quelque chose de réel, et aucun ne mesure la même chose que son voisin.

Le mot assistance, lui, désigne toujours la même idée : ce que le dispositif prend en charge d’un effort que le corps faisait seul. Sur un passif, un ressort restitue l’énergie du mouvement ; sur un motorisé, une source d’énergie embarquée produit la force. La différence se lit sur exosquelette actif ou passif.

Le catalogue des marques d’exosquelettes dit qui annonce quoi, et la grille de comparaison par critère dit sur quoi les mettre en regard.

Qui règle l’assistance, et à quel moment ?

Deux personnes, et ni l’une ni l’autre n’est le fournisseur.

Le porteur décide, parce que c’est lui qui sent. Le physiothérapeute observe ce que le réglage change dans le geste, ce que le porteur ne voit pas de lui-même. Nicolas Wüst pose le dispositif, ajuste sangle par sangle, puis se tait et regarde travailler.

Le moment compte autant que la personne : pas en salle, pas en démonstration, mais au poste et pendant le travail. Un réglage qui convient à vide se révèle faux dès la troisième pièce. L’alinéa 3 de l’article 6 de la loi sur le travail demande d’ailleurs à l’employeur de faire collaborer les travailleurs aux mesures de protection de la santé.

Et il ne se fait pas une fois. Un dispositif se re-règle après quelques jours, quand le corps s’est habitué, puis à la fin de la période d’essai. L’accompagnement qui porte ce geste est décrit sur l’accompagnement ergonomique en entreprise.

Comment sait-on qu’un réglage est juste ?

On ne le sait pas le premier jour. On le sait au bout d’une journée entière, puis d’une semaine.

Trois signaux, dans cet ordre :

  • Le porteur cesse d’y penser. Tant qu’il ajuste toutes les dix minutes, le réglage n’est pas trouvé.
  • Le geste ne change pas de nature. Si la personne contourne le dispositif, se tord pour l’éviter ou modifie sa prise, l’assistance est mal placée.
  • Le questionnaire dit la même chose que l’oeil. Rempli avant et après la période d’essai, il compare ce qui est ressenti à ce qui est observé.

Les modes d’utilisation changent aussi le verdict : un dispositif porté seulement pendant la demi-heure de déchargement ne se règle pas comme un dispositif porté du matin au soir. Un soutien plus stable n’est pas un soutien plus fort.

Aucun seuil chiffré ne vient valider un réglage. Ce qui se mesure, c’est la contrainte du poste avant et après, avec le feuillet Suva 66128 et les autres instruments décrits sur les méthodes d’évaluation ergonomique.

Une assistance plus forte est-elle une meilleure assistance ?

Non.

Le Secrétariat d’État à l’économie, le SECO, écrit qu’un exosquelette réduit l’effort des muscles qu’il assiste et qu’il peut, dans le même temps, augmenter l’effort musculaire d’autres muscles, dont les antagonistes. Plus d’assistance sur une chaîne musculaire, c’est donc souvent plus de travail sur une autre.

L’INRS (France) recense de son côté les risques qu’un usage peut créer ou déplacer : contraintes posturales, gêne mécanique, collisions, perte d’équilibre, charge cardiovasculaire, inconfort, surcharge attentionnelle. Un réglage trop fort les rapproche tous.

Le bon niveau n’est donc pas le maximum de la molette : c’est le minimum qui suffit au geste. Ce que le dispositif ajoute en masse pèse aussi, et cela se lit sur le poids d’un exosquelette. L’article 2 de l’OLT 3 demande d’éviter les efforts excessifs ou trop répétitifs. Le déplacer n’est pas l’éviter.

Un dispositif d’épaule obéit à d’autres règles de réglage que celui du dos : voyez l’assistance d’épaule pour les bras levés et l’exosquelette de dos pour les lombaires.

Deux mains ajustent une sangle sur un opérateur qui reste debout à son poste de travail
Le réglage se fait debout, au poste, pendant le travail : c’est là qu’il se vérifie.

Que dit le cadre suisse sur le réglage ?

Peu de choses sur le réglage lui-même, beaucoup sur qui en répond.

L’article 23 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande que les postes de travail et les équipements soient conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie, et que l’employeur et les travailleurs veillent à ce qu’ils soient utilisés de manière appropriée. Un dispositif mal réglé n’est pas utilisé de manière appropriée : la responsabilité est partagée, et c’est écrit.

Le SECO range par ailleurs l’exosquelette parmi les mesures personnelles au sens du principe S-T-O-P : « Il est recommandé de privilégier un aménagement et une organisation du travail adaptée » (SECO, exosquelettes et prévention, juin 2025). Il ajoute que ces dispositifs restent limités dans leur portée.

Autrement dit : le réglage vient après tout le reste, jamais à sa place. Le statut réglementaire complet se lit sur la norme exosquelette et ce qu’elle n’oblige pas.

Comment vérifier le réglage à vos postes ?

En le laissant vivre assez longtemps pour qu’il se trompe.

Le protocole est le même que pour tout le reste : un mois de mise à disposition, un plan d’occupation défini avec vous, un physiothérapeute au poste, et un questionnaire avant et après. Plusieurs modèles sont mis en regard sur le même geste, et le port reste volontaire.

Ce que vous récupérez à la fin n’est pas une recommandation de catalogue : c’est le réglage qui a tenu, écrit, poste par poste, avec le nom de qui l’a validé. L’article 3 de l’OPA demande que l’employeur contrôle ses mesures de protection à intervalles appropriés. Un réglage écrit rend ce contrôle possible. Et si aucun réglage ne tient, l’essai le dit aussi.

Décrivez le geste et la durée du cycle. Nicolas Wüst vous dit ce qui est réglable et ce qui ne l’est pas.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur le réglage d’un exosquelette

Existe-t-il une échelle commune du niveau d’assistance ?

Non. Chaque fabricant annonce sa propre grandeur : une part d’effort reprise, un nombre de crans, une force restituée. Ces trois façons de dire ne se convertissent pas les unes dans les autres, et aucune norme ne les rapproche. Ce qui remplace une échelle, c’est la tâche, la durée de port et la personne qui porte : trois choses qui se constatent au poste.

Un exosquelette peut-il être trop assisté ?

Oui, et c’est documenté. Le SECO écrit qu’un exosquelette peut augmenter l’effort musculaire d’autres muscles, notamment les antagonistes : une assistance excessive sur une chaîne musculaire déplace le travail sur une autre. Le porteur le sent souvent avant qu’on le mesure, et c’est une raison de l’écouter.

Qui règle l’exosquelette, et faut-il le refaire ?

Le porteur décide, un physiothérapeute observe, et oui, il faut le refaire. Un premier réglage se pose à la mise à disposition, un deuxième après quelques jours d’habituation, un troisième en fin de période d’essai. Ensuite, un contrôle périodique suffit : les élastiques et les ressorts vieillissent.