Exploitant agricole équipé d'un exosquelette de dos, chargeant une caisse de pommes dans un hangar, sous le regard d'un physiothérapeute

Exosquelette en agriculture en Suisse : pour la taille, la vendange et la traite ?

Parcours d’exploitants suivis par Terre & Nature · Agri Hebdo · RTS

Vous avez déjà mécanisé ce que vous pouviez. Reste le geste. Ce qu’une assistance physique y change, et ce qu’elle n’y change pas.

✓ La mécanisation regardée avant l’équipement · ✓ Un avis qui peut conclure : rien à acheter · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : un exosquelette en agriculture assiste la flexion et le maintien des bras, pas la torsion ni la marche. NovaFree regarde d’abord ce qui se mécanise sur l’exploitation. L’équipement porté vient après, il ne remplace rien, et il n’est pas remboursé d’office.

« J’ai déjà mécanisé tout ce que je pouvais. Qu’est-ce qu’il me reste ? » La question revient à chaque visite, et elle est la bonne.

Ce qui reste, c’est le geste : la taille, la vendange, la traite, le portage. Voici où une assistance physique agricole tient sa place, où elle gêne, ce qu’elle ne fera pas des troubles musculo-squelettiques, les TMS, et comment un financement se demande. Le cadre est sur le guide de l’exosquelette professionnel.

Quels TMS dans ce métier ?

Commençons par un fait que personne ne dit. L’enquête fédérale sur les conditions de travail exclut l’agriculture : quand elle mesure que 29,0 % des salariés portent ou déplacent des charges lourdes au moins un quart du temps de travail, l’exploitant n’est pas dans le compte (SECO, Krieger et Arial, 2024).

Les gestes, eux, sont connus. La taille, bras en l’air des heures durant, poignet en torsion. La vendange et la cueillette, buste plié, reprise de caisse, travail en pente. Vient ensuite la traite, épaules hautes et dos rond sous la vache. Le portage, sacs, bidons, piquets, souvent seul.

L’enjeu des TMS dans l’agriculture tient dans cette addition : des tâches saisonnières intenses, une charge quotidienne toute l’année, et personne pour prendre le relais.

Les métiers agricoles se ressemblent peu. En élevage, en maraîchage ou en vigne, les articulations sollicitées et les durées d’effort changent : un équipement adapté à vos besoins se juge à son utilité sur votre tâche.

Pourquoi une exploitation n’est-elle pas un atelier ?

Parce que rien n’y est stable. Le poste change avec la saison : trois semaines de vendange ne ressemblent pas à un hiver de taille, ni à une traite quotidienne.

La chaleur ensuite. Sous trente degrés, un harnais porté six heures se supporte mal.

La poussière et l’humidité enfin : un dispositif qui vit entre la grange, la pluie et le fumier s’entretient.

S’ajoute une réalité de structure. Une exploitation familiale n’a ni service technique, ni responsable sécurité, ni budget d’étude. La décision se prend seul, un soir, après la traite. C’est cette solitude-là qu’un conseil doit servir, pas un catalogue.

Quelles solutions dans cet environnement ?

Un point de départ existe, et il tient en une heure : le contrôle des contraintes physiques de la Suva, rempli une fois sur l’exploitation, dit déjà beaucoup.

La mécanisation d’abord, et souvent elle est déjà faite. Machine à traire pour ne plus porter les bidons, chargeur articulé pour ne plus charrier la brouette : ce sont les mesures techniques de prévention, et elles passent avant tout le reste, dans l’ordre que décrit la hiérarchie STOP, du S au P.

Un agriculteur vaudois de Cudrefin l’a fait dans cet ordre : il avait mécanisé pour des raisons de santé et de coût bien avant de s’équiper d’une structure portée. L’objet est plus banal qu’on ne l’imagine, et c’est le premier obstacle qui tombe.

« C’est très commode, comme si j’enfilais un harnais d’escalade. »

Florian Etter, agriculteur à Cudrefin, dans Terre & Nature, 17 octobre 2024

Le Secrétariat d’État à l’économie le pose dans les mêmes termes : l’exosquelette ne constitue qu’une mesure complémentaire et reste limité dans sa portée (SECO, brochure exosquelettes, 2025). Travailler mieux avec un exosquelette, oui : mais pas à n’importe quel prix, et pas à la place du reste.

Quel exosquelette pour la taille, la cueillette ou la traite ?

Trois gestes, trois réponses différentes. Aucun modèle ne les couvre tous.

Pour la taille et la cueillette en hauteur, l’assistance porte sur l’épaule et sur le bras : le principe est décrit sur l’exosquelette d’épaule, bras levés. Pour la vendange, le portage et la reprise au sol, elle porte sur la flexion du buste : voir l’exosquelette pour le dos, à la flexion.

Un exosquelette en vigne ou en élevage se choisit d’abord sans batterie : ces modèles sont les plus simples à vivre. Ils sont décrits sur les exosquelettes passifs.

L’exosquelette à la traite peut devenir gênant. L’agriculteur vaudois cité plus haut explique qu’il ne porte pas son dispositif pendant la traite, parce qu’il le gêne : c’est un exemple, pas une règle, et c’est exactement ce qu’un essai sert à découvrir. Plusieurs marques couvrent ces postes : Laevo, Auxivo, HMT, Paexo d’Ottobock. Nous n’en distribuons aucune.

L’assurance-invalidité peut-elle financer un exosquelette ?

Au cas par cas, et la nuance est tout le sujet. Il n’existe pas de reconnaissance générale des exosquelettes dans la liste des moyens auxiliaires de l’assurance-invalidité.

Un financement reste possible par trois voies : les moyens auxiliaires liés à l’emploi au sens de l’article 21 de la loi sur l’assurance-invalidité, les mesures d’intervention précoce, ou la procédure d’examen des nouveaux produits.

La décision appartient à l’office AI cantonal, et elle se prépare avec un dossier construit sur le poste réel. Le détail est sur le financement d’un exosquelette par l’assurance-invalidité, canton par canton sur la détection précoce AI selon les cantons.

Un exploitant vaudois a obtenu cette prise en charge, et c’est la voie de l’article 21 qui a été retenue dans son dossier. Chaque office décide sur pièces, au vu du poste et du geste, pas au vu du produit.

Dans quelle branche sert-il, et dans laquelle ne sert-il à rien ?

Huit branches, et la réponse n’est pas la même dans les huit. Un exosquelette assiste une flexion ou un bras levé ; il n’assiste pas la marche, la torsion ou les genoux. Voilà où cela tombe juste, et où cela tombe à côté.

Vigneron équipé d'un exosquelette de dos, buste fléchi dans un rang de vigne étroit, la structure au contact du feuillage
La flexion du buste est soutenue, le dévers ne l’est pas.

Viticulture : le buste tenu dans le rang

Un exosquelette dans la vigne soutient la flexion du buste, penché sur le cep. La marche et le dévers, non : ils sont l’autre moitié du problème.

Caviste équipé d'un exosquelette de dos, en train de basculer un fût sur son diable devant une rangée de cuves
Le dos est soutenu à la reprise. Le tronc qui tourne ne l’est pas.

Cave : la flexion, pas la torsion

Sur la manutention des fûts, l’assistance porte la flexion. La torsion du tronc reste entière : c’est la hauteur de la palette qu’il faut changer d’abord.

Cueilleuse équipée d'un exosquelette d'épaules, les deux bras levés au-dessus des épaules pour détacher un fruit dans un verger basse-tige
Bras au-dessus des épaules pendant des heures : c’est là que l’assistance se sent.

Arboriculture : le cas le plus net

C’est le geste où un exosquelette d’épaules se justifie le mieux : la cueillette en hauteur tient les bras au-dessus des épaules pendant des heures. L’assistance des bras levés se mesure en fin de journée.

Maraîchère à genoux entre des rangs de salades, près d'une serre-tunnel, sans exosquelette, une cagette posée à côté d'elle
La contrainte est aux genoux. Un équipement de dos n’y répond pas.

Maraîchage : ici, il ne fait rien

Il faut le dire franchement : pour la récolte au sol, la contrainte est aux genoux, et un exosquelette de dos n’y répond pas. Un chariot bas, un siège roulant ou un plan surélevé, oui. Le SECO le rappelle dans ses recommandations de 2025 : l’exosquelette complète, il ne remplace pas.

Éleveuse équipée d'un exosquelette d'épaules, debout dans une fosse de traite, les bras relevés au-dessus de l'horizontale pour poser un faisceau trayeur
Deux fois par jour, le bras reste en l’air. C’est ce que l’assistance tient.

Élevage : le bras soutenu sous l’animal

Le bras qui reste en l’air, deux fois par jour, c’est ce qu’un exosquelette pour la traite peut soutenir, si l’essai montre qu’il ne gêne pas le geste. La hauteur du quai reste la première mesure, et elle coûte moins cher.

Éleveuse de volailles équipée d'un exosquelette de dos, penchée pour relever un œuf dans un pondoir d'un poulailler clair
La flexion revient à chaque passage : c’est elle que l’assistance allège.

Aviculture : la flexion répétée

La flexion répétée toute la matinée, c’est ce qu’allège un exosquelette pour le ramassage des œufs. C’est le nombre qu’il soulage, pas le poids : la hauteur des pondoirs fait le reste.

Apiculteur en combinaison complète, voile et gants, équipé d'un exosquelette de dos, levant une hausse de ruche à bout de bras devant un rucher de coteau
La hausse se soulève mieux. Les mètres jusqu’à la remorque, non.

Apiculture : le port, pas la marche

Un exosquelette pour le port des hausses aide au soulevé, bras devant soi. Il n’aide pas les mètres jusqu’à la remorque, et le rucher se visite en combinaison, par forte chaleur.

Exploitant équipé d'un exosquelette de dos, buste fléchi pour reprendre un sac de semences sur une palette dans un hangar
Le sac se reprend mieux. Les vibrations en cabine ne se portent pas.

Grandes cultures : la charge, pas la vibration

Sur la reprise de sacs, l’assistance fait son travail. Mais les vibrations en cabine ne se portent pas : là, c’est le siège qui décide, pas l’équipement.

Par où commencer sur votre domaine, en Suisse ?

Par une visite, pas par un devis. Une heure sur l’exploitation dit ce que trois catalogues ne diront pas.

Ce qui est possible tout de suite : un audit ergonomique sur votre domaine, puis un échange avec Nicolas Wüst, qui se déplace sur les exploitations. Vous pouvez aussi contacter NovaFree, en français ou en allemand. Notre évaluation se fait sur place, jamais en ligne.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Que faut-il encore savoir avant d’équiper une exploitation ?

Quels sont les inconvénients d’un exosquelette en agriculture ?

Quatre reviennent, et ils sont concrets. Il tient chaud, et l’été le rend pénible. Il gêne certains gestes, la traite en particulier. Il s’encrasse dans la poussière et l’humidité, donc il s’entretient. Et il peut reporter l’effort ailleurs : le SECO écrit qu’un exosquelette peut augmenter l’effort musculaire d’autres muscles.

Quel est le coût d’un exosquelette pour une exploitation ?

Cela dépend de la famille et du nombre de personnes équipées. Les modèles sans batterie sont les moins chers, les motorisés les plus chers, et la location existe pour une saison. Les postes de coût sont détaillés sur la page consacrée au prix ; une partie peut être prise en charge au cas par cas par l’assurance-invalidité.

Qui peut bénéficier d’un exosquelette sur une exploitation ?

Celui dont le geste reste contraignant après mécanisation. Ce n’est ni une question d’âge ni une question de diagnostic. Un avis utile peut d’ailleurs conclure qu’aucun équipement ne s’impose, et qu’une autre organisation de la saison ferait davantage.

Quelle est la durée de vie d’un exosquelette utilisé dehors ?

Elle dépend de l’entretien bien plus que du modèle. Les pièces qui travaillent sont les sangles, les articulations et les éléments élastiques : la poussière, la boue et les rayons du soleil les usent. Un nettoyage régulier et un rangement à l’abri changent davantage la durée de vie qu’un choix de marque.