Essai d'exosquelette accompagné par une physiothérapeute dans l'environnement de travail réel, étape utile à un dossier de financement AI

Exosquelette et assurance invalidité (AI) : quelle prise en charge en Suisse ?

Partenaires de terrain : AI Vaud · Holentis · Groupe Mutuel

Un collaborateur à garder, un devis à faire passer : l’AI peut entrer en matière, au cas par cas, à condition d’arriver avec un dossier qui tient.

✓ Accompagnement jusqu’à la décision de l’office · ✓ Dossier préparé au poste réel · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : l’assurance invalidité (AI) peut, au cas par cas, participer au financement d’un exosquelette lorsqu’il aide une personne à conserver son poste ou à reprendre une activité. La décision appartient à l’office AI cantonal. NovaFree, partenaire de terrain de l’AI Vaud, accompagne ces démarches.

« L’AI ne rembourse pas les exosquelettes. » Vous l’avez sans doute déjà entendu. À moitié vrai : aucune reconnaissance générale n’existe.

À moitié faux : Florian Etter, agriculteur à Cudrefin (VD), est l’un des premiers Suisses à s’être fait rembourser un exosquelette par l’AI, au printemps 2024. « J’ai toujours mal, mais je ne reste plus bloqué. Ça m’économise », confiait-il à Terre & Nature (octobre 2024).

Si vous accompagnez un collaborateur en réinsertion, que le devis coince et que personne ne vous dit par où commencer, cette page déroule les trois voies légales, la démarche concrète et le rôle de chacun ; le panorama pour financer un exosquelette replace l’AI parmi les autres pistes.

L’AI peut-elle financer un exosquelette ?

La réponse tient en une phrase : pas de reconnaissance générale, mais un financement possible au cas par cas, sur décision de l’office AI cantonal.

La base légale est l’art. 21 de la loi fédérale sur l’assurance-invalidité (LAI, RS 831.20). Son al. 1 pose le droit et sa condition : l’assuré a droit, d’après une liste que dressera le Conseil fédéral, aux moyens auxiliaires dont il a besoin pour exercer une activité lucrative. L’al. 3 : un modèle simple et adéquat.

L’ordonnance OMAI dresse la liste de ces moyens auxiliaires, par catégories. L’exosquelette n’y figure pas en toutes lettres, d’où l’idée reçue. Trois portes restent pourtant ouvertes en 2026, textes fédéraux à l’appui. Avant de les pousser, le guide pour s’équiper d’un exosquelette pose le vocabulaire de base.

VoieBase légaleConditionQui décide
Moyens auxiliaires du poste de travailart. 21 LAI (RS 831.20), annexe OMAI ch. 13.01 à 13.04Un instrument de travail nécessité par l’invalidité, qui permet de conserver un emploi ; modèle simple et adéquat (al. 3)L’office AI cantonal
Intervention précoceart. 7d LAI ; plafond de CHF 20 000 par assuré (RAI art. 1octies)L’adaptation du poste de travail figure parmi les sept mesures de l’al. 2 ; nul ne peut s’en prévaloir comme d’un droit (al. 3)L’office AI cantonal
Examen d’un produit nouveauart. 21 al. 1-2 LAI, circulaire CMAI de l’OFASLa demande vient du fabricant ou de l’importateur, jamais de l’assuré ; voie de fond, plus lenteL’OFAS
  1. Annonce. Le dossier s’ouvre auprès de l’office AI du canton de domicile.
  2. Analyse du poste. Gestes, contraintes et devis : les pièces qui pèsent.
  3. Essai documenté. Au poste, avec accompagnement : le besoin se prouve.
  4. Décision. L’office tranche ; un recours reste possible.

Voir la démarche en conditions réelles

Le mandat AI raconté par ses acteurs, de la préanalyse à l’accompagnement au poste (le sujet démarre à 23 min 40) : l’émission Entrepreneur·e·s de La Télé.

Dans quelles situations l’AI entre-t-elle en matière ?

Le tableau ci-dessus les aligne ; chaque voie pose ensuite ses propres conditions.

Première voie : les moyens auxiliaires liés au poste de travail (art. 21 LAI). La liste fonctionne par catégories, avec des assimilations possibles : un exosquelette peut être rattaché aux instruments de travail nécessités par l’invalidité quand il permet de conserver un emploi. C’est la voie du cas Etter, et celle du partenariat vaudois.

Deuxième voie : l’intervention précoce (art. 7d LAI). Sa propre liste, à l’al. 2, porte l’adaptation du poste de travail ; plafond CHF 20 000 par assuré. L’al. 3 pose la limite : nul ne peut se prévaloir d’un droit à ces mesures.

« Le montant des mesures d’intervention précoce octroyées à l’assuré ne peut dépasser 20 000 francs » (art. 1octies du règlement sur l’assurance-invalidité, RS 831.201, état le 1er juin 2025).

Troisième voie : la procédure d’examen des produits nouveaux. Les fabricants et importateurs peuvent demander à l’OFAS, l’Office fédéral des assurances sociales, d’évaluer la prise en charge d’un produit nouveau ou amélioré ; la page moyens auxiliaires de l’OFAS décrit ce canal. Une voie de fond, plus lente, qui fera peut-être bouger la liste elle-même.

Comment se déroule la démarche dans votre canton romand ?

Tout part d’une annonce à l’office AI du canton de domicile : la liste des offices AI cantonaux donne le bon guichet. Le dossier s’instruit ensuite avec le SMR, le service médical régional de l’AI : un SMR est mutualisé pour Vaud, Genève, Neuchâtel et le Jura ; le Valais a le sien, le SMR Rhône.

Dans le canton de Vaud, la mécanique s’est rodée depuis l’été 2024 : préanalyse du gestionnaire de cas avec Holentis (alors Rachis Clinic), mandat individuel confié à NovaFree, trois modèles proposés à la personne, puis une dizaine de jours d’accompagnement au poste réel avant la décision.

Nicolas Wüst le décrit à La Télé le 18 décembre 2024, et il en pose la limite : les directives de l’AI laissent peu de place à l’exosquelette.

Quel rôle pour l’employeur ?

Un rôle décisif, souvent sous-estimé. Vous pouvez signaler tôt la situation (avec l’accord de la personne), fournir la description précise du poste, aménager ce qui peut l’être et garder le poste ouvert le temps de l’instruction.

Une mise en garde, tirée du terrain : pour un indépendant, une demande peut aussi rouvrir l’évaluation de la capacité de travail, avec des conséquences financières inattendues. Le cas Etter l’a montré. D’où l’intérêt de préparer le dossier avant de le déposer, mesures du poste à l’appui.

Conseiller présentant trois modèles d'exosquelette dorsal posés sur un établi à une opératrice et à un gestionnaire de cas, dans un atelier
Trois modèles proposés, dix jours d’accompagnement individuel : le mandat AI se joue sur le terrain.

Le partenariat avec l’AI Vaud, concrètement ?

Chacun son métier. Holentis porte le volet médical et thérapeutique, que NovaFree ne pratique pas, et c’est voulu. NovaFree travaille le poste : analyse des gestes, essais toutes marques confondues, réglages, mesures. L’office AI décide. Cette répartition des rôles est détaillée dans Groupe Mutuel, AI Vaud, Holentis : nos partenaires.

Cette mécanique change deux choses : un financement devient possible, et l’office reçoit un dossier mesuré au poste. Le mois d’essai reste à votre charge. Plus le dossier est complet, plus l’office tranche vite.

Et si l’AI ne finance pas ?

Un refus ne ferme pas la prévention. La location lisse l’investissement et sécurise un premier déploiement : louer ou acheter son exosquelette compare les deux chemins. L’essai d’un mois au poste, lui, reste la façon la plus sûre de savoir si l’achat vaut la peine, financement ou pas.

Une entreprise peut aussi s’équiper sans attendre une décision d’assurance : la prévention en entreprise ne dépend pas de l’AI. Autre piste souvent oubliée : certaines conventions collectives de travail prévoient des fonds pour la santé au travail. Vérifiez la vôtre avant de renoncer.

Dans tous les cas, la première pièce du dossier reste la même : le poste, mesuré. Parlons-en.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur le financement AI d’un exosquelette

Quels documents préparer pour la demande ?

Un rapport médical, une description du poste et un devis. Ces trois pièces font l’ossature du dossier. Une analyse de poste documentée, mesures à l’appui, accélère l’instruction : l’essai accompagné produit précisément ces pièces.

Un exosquelette d’occasion, une bonne idée pour réduire la facture ?

Rarement. Un exosquelette se règle à la morphologie de la personne, ses élastiques s’usent et se contrôlent, et l’hygiène d’un textile déjà porté se discute. Quand l’AI entre en matière, elle finance un modèle simple et adéquat par ses propres canaux : l’économie apparente de l’occasion se paie souvent en confort, donc en adoption.

Que faire si l’office AI refuse ?

La décision peut faire l’objet d’un recours, dans les trente jours suivant sa notification (art. 60 al. 1 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, LPGA, RS 830.1). Et un refus ne condamne pas le projet : la location, l’essai au poste et les pistes de prévention décrites plus haut restent ouverts.

Et pour un exosquelette de marche (rééducation, handicap) ?

C’est un autre registre : celui des appareils de traitement et de la réadaptation médicale, évalué selon d’autres critères. Le Parlement s’est d’ailleurs saisi de la question des thérapies avec exosquelette en 2024 : l’objet parlementaire 24.3313 en témoigne. NovaFree conseille les entreprises ; pour la dimension individuelle et thérapeutique, nos partenaires de santé prennent le relais.