Quatre personnes au travail dans une même halle, chacune dans un geste différent : porter, lever les bras, visser, s'accroupir

TMS par zone du corps : les troubles musculo-squelettiques, geste par geste, en Suisse

Nos analyses de poste documentées par RTS · Canal 9 · Les Echos

La douleur dit où regarder. Elle ne dit jamais quoi corriger.

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En bref : les TMS par zone du corps sont des troubles musculo-squelettiques. 46,7 % des salariés déclarent des positions douloureuses au moins un quart du temps (SECO, 2024). NovaFree remonte de la zone au geste. La zone qui fait mal n’est pas toujours celle qu’on corrige.

46,7 %. C’est la part des salariés qui déclarent des positions douloureuses ou fatigantes pendant au moins un quart de leur temps de travail (Secrétariat d’État à l’économie (SECO), Enquête suisse sur la santé 2022, salariés, agriculture exclue).

Derrière ce chiffre, cinq zones du corps et cinq gestes de métier, et rien qui se règle en partant de la zone seule. Cette page les range, dit quel geste charge quelle zone, et envoie vers la page qui traite chacune. Elle prolonge la prévention des TMS en entreprise.

Pourquoi ranger les TMS par zone du corps ?

Parce que c’est ainsi que la douleur se présente. Personne n’arrive en disant « j’ai un trouble musculo-squelettique ». On dit qu’on a mal au dos, à l’épaule, au poignet. Le rangement par zone est celui du lecteur, pas celui du préventeur.

Un avertissement s’impose. Le sigle TMS désigne aussi la stimulation magnétique transcrânienne, une technique de neurostimulation qui n’a rien à voir avec le travail. Ici, TMS veut dire troubles musculo-squelettiques, et rien d’autre.

L’autorité de référence les nomme d’un seul terme. La Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail range parmi les dangers particuliers les « travaux présentant des contraintes pour l’appareil locomoteur » (directive CFST 6508, annexe).

Paysagiste soulevant une dalle de béton posée au sol sur un chantier de jardin, le dos fléchi, gants et chaussures de sécurité
Prise au sol, la même dalle pèse bien plus lourd sur les lombaires qu’à hauteur de coudes.

Le dos : pourquoi les lombaires encaissent-elles en premier ?

Parce que le tronc fait levier dès qu’il se penche : une charge prise au sol pèse plus lourd sur les disques que la même charge prise à hauteur de coudes. Plus la charge s’écarte du corps, plus le bras de levier s’allonge.

Le geste est répandu : 29,0 % des salariés portent ou déplacent des charges lourdes au moins un quart du temps (même enquête du SECO, 2024). Première correction, remonter ce qui est au sol ; la suite sur la lombalgie professionnelle et ce qui change au poste.

Voir ce qui change pour le dos

Vigneronne travaillant les bras levés sous une vigne conduite en treille haute, sécateur en main, les mains au-dessus de la ligne des épaules
Le poids du sécateur compte peu : c’est le temps passé les mains au-dessus des épaules qui décide.

Les épaules : que se passe-t-il quand le bras reste levé ?

Les tendons travaillent dans un espace qui se referme. Dès que la main dépasse la ligne des épaules, la coiffe des rotateurs perd de la place ; la durée cumulée décide, bien plus que le poids de l’outil.

Viticulture en pergola, peinture de plafond, montage sous dalle, fromagerie : le pays est plein de travail en hauteur. Ce qu’on relève, ce qu’on change et ce que le stress y ajoute sont traités sur le TMS de l’épaule au travail.

Comprendre l’épaule au travail

Préparateur de commandes consultant un terminal portable, la tête penchée en avant, près d'une porte de quai ouverte sur l'extérieur
La posture tient les cervicales ; le courant d’air qui entre par le quai les contracte un peu plus.

La nuque : d’où vient la douleur qui ne part pas le soir ?

D’un muscle qui ne revient jamais au repos. Tête en arrière sous un plafond, tête penchée sur un portable, ou cou avancé pour voir : dans les trois cas, les cervicaux tiennent en continu.

Un facteur passe inaperçu : le froid et les courants d’air, qui contractent ce que la posture sollicite déjà. Les quatre familles de causes et la distinction avec une atteinte nerveuse sont traitées sur la cervicalgie professionnelle.

Décharger la nuque au poste

Caissière faisant glisser un article devant le lecteur d'une caisse de magasin, le poignet en rotation, l'autre main tendue vers le tapis
Chaque article est léger : c’est le nombre de gestes qui ne laisse pas au tendon le temps de récupérer.

Mains, poignets, coudes : quand le geste répété use-t-il le tendon ?

Quand il revient trop souvent pour que le tissu récupère. C’est la contrainte la plus répandue du pays : 62,1 % des salariés effectuent des mouvements répétitifs de la main ou du bras au moins un quart du temps (même enquête, gestes répétitifs, 2024).

Trois facteurs reviennent, la répétition, la force de préhension et l’angle du poignet. Le cadre de reconnaissance, plus favorable ici qu’ailleurs, est traité sur le syndrome du canal carpien et le travail.

Lire la page canal carpien

Opératrice debout et immobile à une table de conditionnement de fruits, les deux pieds à plat sur un sol de béton, dans un local de coopérative
Rien n’écrase les jambes ici : c’est l’immobilité qui empêche le sang de remonter.

Hanches et genoux : que coûtent la station debout et l’accroupissement ?

L’appui d’un côté, l’immobilité de l’autre. Le genou posé sur une chape écrase une bourse séreuse ; la station debout sans un pas, elle, n’écrase rien mais empêche le sang de remonter. Deux mécanismes opposés, deux corrections opposées.

Pose de sol, carrelage, viticulture, élevage, caisse et ligne de conditionnement : c’est la zone la moins documentée du pays. Elle est traitée sur le TMS du genou au travail.

Voir le genou et la station debout

La zone qui fait mal est-elle celle qu’il faut traiter ?

Pas toujours, et c’est la raison d’être de ce rangement. Une nuque qui tient peut compenser une épaule qui ne monte plus. Un genou douloureux peut venir d’un plan de travail trop bas qui oblige à s’accroupir vingt fois par heure pour attraper ce qui devrait être à portée de main. La douleur signale, elle ne désigne pas.

D’où la règle de méthode : on part de la zone pour trouver le geste, puis du geste pour trouver ce qui l’impose. Un relevé écrit sur un instrument nommé et daté vaut mieux qu’une impression : les méthodes d’évaluation ergonomique, rangées par contrainte, disent laquelle convient à quelle contrainte.

Et quand l’entreprise a déjà des mesures en place, ce rangement ne les remplace pas : il dit où il reste de la contrainte après elles. Les mécanismes biomécaniques des TMS expliquent pourquoi le tissu cède.

Que faire une fois la zone identifiée ?

Remonter l’ordre des mesures, sans sauter de marche. Supprimer la contrainte, la remplacer, agir sur la technique puis sur l’organisation, et seulement ensuite protéger la personne. C’est la hiérarchie STOP, du plus efficace au dernier recours.

L’équipement porté arrive à la fin de cette liste. Le SECO le range au niveau P : il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas. Les dispositifs qui répondent zone par zone se comparent sur l’exosquelette de dos et sur l’exosquelette d’épaule et ses limites.

On ne choisit pas un équipement pour une zone : on choisit une mesure pour une contrainte.

Nicolas Wüst vient voir les postes, relève les gestes et rend un état écrit. Nous contacter au sujet d’une zone qui revient : en français depuis Saillon, en allemand depuis Malleray.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

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Vos questions sur les TMS par zone

Quel est le TMS le plus fréquent ?

Cela dépend de ce qu’on compte. En contrainte déclarée, ce sont les mouvements répétitifs de la main ou du bras qui arrivent en tête du pays. En atteinte ressentie, c’est le dos. Les deux classements ne mesurent pas la même chose, et nous ne les mélangeons pas.

Quels sont les premiers signes d’un TMS ?

Une gêne qui apparaît en fin de poste et qui avance dans la journée. Puis la douleur pendant le geste, puis au repos et la nuit. Le diagnostic appartient au médecin ; le signal utile à l’entreprise est ce déplacement de la gêne vers le matin.

Quels sont les quatre facteurs de risque des TMS ?

La posture, l’effort, la répétition et le manque de récupération. Un cinquième pèse autant et s’oublie : les facteurs d’ambiance et d’organisation, froid, vibrations, cadence. Aucun de ces cinq ne suffit seul : c’est leur cumul sur un même poste qui produit l’atteinte.