Deux sapeurs-pompiers qui portent un brancard chargé dans une cour de caserne, buste fléchi

Exosquelette pour les pompiers en Suisse : où en est-on réellement ?

Essais d’exosquelettes suivis par RTS · Canal 9 · Blick

Presque tout ce que vous avez vu est un prototype. Ce qui existe, ce qui n’existe pas, et ce qui se teste dès aujourd’hui.

✓ Nous disons quand la réponse est : pas encore · ✓ Un avis indépendant de tout fabricant · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : un exosquelette pour pompier est aujourd’hui un objet d’expérimentation, pas un équipement de caserne. NovaFree le dit avant toute proposition, et travaille d’abord sur les gestes hors intervention. Rien de tout cela ne remplace une mesure technique ni une organisation de caserne.

« J’ai vu une vidéo, est-ce que ça existe ? » La question revient dans les états-majors, et la réponse est : en partie seulement.

Les dispositifs que montrent les reportages sont des prototypes en cours d’essai. Cette page dit ce qui existe, ce qui n’existe pas, ce qu’une assistance physique peut changer aux troubles musculo-squelettiques, les TMS, des métiers du secours, et ce qu’un corps peut tester dès maintenant. Le cadre est sur le guide de l’exosquelette professionnel.

Quels TMS dans ce métier ?

Un corps de secours cumule des charges rares et des charges quotidiennes. Il y a le brancardage, à deux ou à quatre, dans un escalier étroit. Il y a le relevage d’une personne au sol, en position basse et prolongée. Et il y a le port de l’équipement : tenue, appareil respiratoire, outillage, avant même le premier geste.

S’y ajoute ce que peu de métiers connaissent : la charge tombe d’un coup, sans échauffement, souvent la nuit. Un dos froid encaisse mal, et le geste ne se prépare pas. L’article 25 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, demande d’abord d’éviter que les travailleurs doivent déplacer des charges manuellement.

La milice ajoute une difficulté propre à la Suisse. Beaucoup d’intervenants ont déjà travaillé toute la journée quand l’alarme tombe. Le versant médical du sujet se lit sur les TMS dans la sécurité, la défense et le secours.

Où en sont réellement les exosquelettes chez les pompiers ?

Au stade de l’expérimentation. Les services d’incendie qui testent le font en conditions réelles, et les travaux publiés parlent d’état de l’art, d’enjeux et d’aspects sociologiques bien plus que de performances. Les essais qui circulent en vidéo sont des projets de recherche, menés avec des services d’incendie et des universités, et non des catalogues de matériel.

Cela ne veut pas dire que le sujet est vide. Cela veut dire trois choses précises. Les spécifications ne sont pas publiées. Aucun retour de porteur sur la durée n’est disponible. La disponibilité commerciale n’est pas établie pour un usage en intervention.

Nous préférons l’écrire plutôt que de vendre une promesse. Le statut juridique de l’objet, lui, est traité sur la norme exosquelette et ce qu’elle n’oblige pas : retenez qu’un exosquelette n’est pas considéré comme un équipement de protection individuelle, faute de potentiel de protection suffisamment démontré (SECO, brochure exosquelettes, 2025).

Quelles solutions dans cet environnement ?

Un repère d’abord : le contrôle des contraintes physiques publié par la Suva se remplit en caserne.

La loi sur le travail ne fixe pas un résultat, et c’est une nuance qui protège. Son article 6 demande les mesures dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la technique permet d’appliquer et qui sont adaptées aux conditions d’exploitation de l’entreprise.

Séparer l’intervention du reste. C’est hors intervention que la question a du sens : manœuvres, entretien du matériel, chargement des véhicules, logistique de caserne. Là, le geste se répète et se prépare. L’article 2 de l’OLT 3 demande que le travail soit organisé d’une façon appropriée. Hors intervention, cela se décide.

Quatre questions avant d’envisager un essai

Arbre de décision pour un corps de secours Le geste se répète-t-il chaque semaine ? Sinon, l’exosquelette n’est pas la réponse. S’il se répète, se fait-il hors intervention ? Si oui, un essai est possible. Sinon, la tenue de feu et l’appareil respiratoire décident, et la réponse est : pas encore. Le geste se répète-t-il chaque semaine ? nonoui Ce n’est pas la réponse Se fait-il hors intervention ? manœuvre, atelier, logistique ouinon Un essai encadré est possible Pas encore Dans tous les cas : le matériel et l’organisation d’abord
Aucune feuille de cet arbre ne promet un résultat : elles disent seulement s’il y a lieu d’essayer.

Et dans tous les cas, le matériel d’abord : brancard à hauteur variable, chariot de transfert, plan dur à poignées, rotation dans l’équipe. C’est l’ordre que décrit la hiérarchie STOP, du S au P. Pour la flexion du buste, le principe d’assistance est sur l’exosquelette pour le dos, à la flexion ; pour les bras levés, sur l’exosquelette d’épaule, bras levés.

Un exosquelette est-il compatible avec la tenue de feu ?

C’est la question qui décide, et aucune source publique n’y répond. Personne n’a publié d’essai de compatibilité avec une tenue d’approche et un appareil respiratoire isolant.

Trois points bloquent en pratique. L’encombrement du dos, déjà occupé par la bouteille et le harnais. La chaleur, qu’une structure supplémentaire n’aide pas à évacuer. Le déshabillage d’urgence, qui doit rester possible en quelques secondes.

L’article 27 de l’OLT 3 demande que plusieurs équipements individuels de protection portés en même temps restent compatibles entre eux. Un exosquelette n’en est pas un ; la question de compatibilité, elle, se pose à l’identique.

Tant que ces trois points n’ont pas de réponse écrite du fabricant, la réponse est non, et nous la donnons telle quelle. L’usage militaire, qui pose des questions différentes et sort de notre périmètre, est traité sur l’exosquelette militaire et pourquoi nous n’y allons pas.

Par où commencer dans votre corps de secours ?

Par la caserne, pas par l’intervention. C’est là que le geste se répète, et c’est là qu’une mesure se vérifie. Le feuillet 66128 de la Suva sert d’entrée.

Ce que nous n’avons pas encore : un corps de secours accompagné par nous et autorisé à publier son cas. Nous préférons l’écrire plutôt que d’emprunter un essai mené à l’étranger et de le présenter comme le nôtre.

Ce qui est possible tout de suite : un audit ergonomique sur les gestes de caserne, puis un échange avec Nicolas Wüst, en français ou en allemand, par la page contact de NovaFree.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur l’exosquelette chez les pompiers

Quel est le rôle d’un exosquelette pour un sapeur-pompier ?

Aucun rôle établi en intervention, et un rôle possible en caserne. Les essais publics portent sur le port de charge et le brancardage, et ils sont encore expérimentaux. Sur les gestes répétés hors intervention, entretien du matériel et chargement des véhicules, la question se pose comme dans n’importe quel métier physique.

Qu’est-ce qu’un exosquelette dans l’armée ?

Un sujet différent, et hors de notre périmètre. Les programmes militaires visent l’autonomie du combattant et la marche chargée, avec des contraintes qui n’ont rien de commun avec un corps de secours civil. Nous ne travaillons pas sur ce marché, et nous l’expliquons sur la page consacrée à cet usage.

Qui peut bénéficier d’un exosquelette dans un corps de secours ?

Celui dont le geste se répète chaque semaine, hors intervention. Un intervenant de milice qui manipule du matériel deux soirs par mois n’est pas dans ce cas. Un mécanicien de caserne ou un responsable logistique, souvent oui.

Quel est le prix moyen d’un exosquelette pour une caserne ?

La question est prématurée pour l’usage en intervention. Pour les gestes de caserne, l’échelle est celle de n’importe quel dispositif professionnel, et elle dépend de la famille et du nombre de porteurs. Les postes de coût sont détaillés sur la page consacrée au prix.