Structure portée couvrant dos, épaules et cuisses, suspendue à un portique d'atelier, sans porteur

Exosquelette corps entier en Suisse : faut-il tout couvrir ?

Un compromis, pas un cumul : ce qu’en disent le SECO et l’INRS

Un seul équipement pour tous les gestes ? La question se pose dans chaque atelier. La réponse tient dans ce que la couverture complète coûte.

✓ Un dispositif ciblé d’abord, si le geste le permet · ✓ Toutes marques, aucun stock · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : un exosquelette corps entier assiste plusieurs segments à la fois, dos, bras et jambes. Il n’additionne pas les avantages, il additionne les contraintes : le poids, l’encombrement, la chaleur et le temps de mise. NovaFree propose d’abord un dispositif ciblé, sur la contrainte qui domine le poste.

Un seul équipement pour tous les gestes de l’atelier : la question revient dès qu’une vidéo circule. Elle est légitime, et la réponse déçoit souvent.

Parce que couvrir tout le corps se paie, et que le prix ne se lit pas sur une fiche produit. Reste à voir ce que la couverture intégrale apporte, ce qu’elle coûte, et à quelles conditions elle se défend. Le cadre général est sur le guide de l’exosquelette professionnel.

Qu’appelle-t-on un exosquelette corps entier ?

Un dispositif qui assiste plusieurs segments du corps à la fois : le tronc, les membres supérieurs et les membres inférieurs. On parle aussi d’exosquelette intégral, et c’est le vocabulaire que la plupart des catalogues emploient.

La catégorie mélange en réalité deux mondes. Les dispositifs de travail, conçus pour un atelier, une exploitation du Valais ou un chantier du canton de Vaud. Les dispositifs robotisés de verticalisation, conçus pour faire tenir debout et marcher une personne qui ne le peut plus : ce sont les exosquelettes médicaux.

Deux mondes, deux cadres juridiques : la loi fédérale sur le travail, la LTr, et l’ordonnance sur la prévention des accidents, l’OPA, d’un côté ; le droit du dispositif médical de l’autre. Deux publics, et presque rien de commun, sinon la silhouette.

Un troisième usage emprunte le même mot : le sport et la course à pied. Ces équipements ne sont ni conçus ni certifiés pour huit heures d’atelier, et ils sortent de notre périmètre ; le sujet est cadré sur l’exosquelette de sport et de loisir.

La question revient souvent, en Suisse comme en France : existe-t-il un exosquelette pour les personnes paraplégiques ? Oui, et ce n’est pas notre métier. Ces appareils relèvent du soin et d’une prescription ; l’usage personnel est abordé sur l’exosquelette au quotidien, hors du travail.

La suite ne parle que du travail. Et sur ce terrain, le Secrétariat d’État à l’économie range tous ces dispositifs parmi les mesures Personnelles au sens du principe S-T-O-P, en recommandant de privilégier d’autres mesures avant d’y recourir (SECO, brochure exosquelettes, 2025, p. 5).

Que gagne-t-on et que perd-on à tout couvrir ?

On gagne de couvrir plusieurs gestes avec un seul équipement. On perd sur presque tout le reste, et le tableau ci-dessous le résume. Ergonova, le service d’ergonomie de NovaFree, le remplit poste par poste. Avant toute demande de devis, jamais après : l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, l’OLT 3, demande des mesures adaptées au poste, pas un équipement adapté à tous les postes.

CouvertureCe qu’elle assisteCe qu’elle ajouteLiberté de mouvementPoste type
Dos seulla flexion du troncpeu de poids, sangles de cuissespresque intactereprise de charge au sol
Épaules seulesle maintien des bras levésun harnais et deux bras articulésgênée en espace confinémontage sous plafond
Jambes seulesle poids du corps accroupi ou deboutune structure sur cuisses et bassinréduite dès qu’il faut marcherpose de sol, ligne d’assemblage
Corps entierle tronc, les bras et les jambesle cumul des trois, plus de la chaleurla plus contrainte des quatreposte unique, gestes très variés

Ces colonnes ne classent pas des performances, elles comparent des contraintes. Un dispositif de dos n’est pas meilleur qu’un intégral ; il est plus léger, et il ne fait rien pour les bras.

Le critère qui tranche n’est pas la surface couverte : c’est le temps que l’opérateur passe réellement dos fléchi ou bras levés, et ce temps-là, Nicolas Wüst le compte sur le poste avant d’ouvrir un catalogue.

Trois contraintes reviennent sur chaque poste qu’observe Ergonova. Le poids, porté toute la journée, qui s’ajoute à la charge de travail. La chaleur, parce qu’une structure sanglée au tronc et aux cuisses couvre une grande surface de peau.

L’encombrement, qui devient un obstacle dès qu’il faut passer sous une machine ou monter dans un véhicule. Un opérateur qui doit se faufiler le retirera, et un exosquelette retiré n’assiste plus rien. L’article 23 de l’OLT 3 demande des postes et des équipements conçus selon les principes de l’ergonomie : un équipement que l’on quitte à la première contrainte d’accès ne remplit pas cette exigence, il la déplace.

Et le report de contrainte n’a rien d’anecdotique. Le SECO écrit qu’un exosquelette « peut également augmenter l’effort musculaire d’autres muscles (notamment les muscles antagonistes) » (brochure exosquelettes, p. 3). L’institut français de recherche en prévention ajoute la gêne mécanique, les collisions et la perte d’équilibre (INRS, exosquelettes, France).

Ce que l’OLT 3 exige des postes se lit sur l’OLT 3 et l’ergonomie, article par article.

Plus la couverture est grande, plus ces effets ont de place pour se produire.

Quels points de vigilance à l’acquisition ?

Cinq points, et aucun ne figure sur une fiche produit. Nicolas Wüst les passe en revue avant la commande, pas après la livraison. Tous portent sur ce qui se passera dans six mois. La directive 6508 de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail, la CFST, oblige déjà l’entreprise à faire appel à un spécialiste de la sécurité quand le risque le justifie.

L’entretien. Une structure multi-segments compte davantage de pièces d’usure, de sangles et de points de réglage : qui les contrôle, à quelle fréquence, et avec quelles pièces de rechange ? Cette maintenance figure dans les obligations de l’employeur, au même titre que celle d’une machine d’atelier. L’autonomie, pour les modèles motorisés, se compare à une journée de production, pas à une fiche technique.

Le réglage par personne. Plus un dispositif couvre de segments, plus il doit s’ajuster à la taille, à la longueur des membres et à la largeur du bassin. Le réglage se prend avant la mise en essai, pas après. Un équipement partagé entre deux équipes demande un protocole écrit et un référent nommé. Sinon il sera porté mal, ou pas du tout.

L’accompagnement d’essai de NovaFree associe un physiothérapeute pour cette raison : le réglage se vérifie sur la personne, jamais sur la notice.

L’adhésion. Un intégral se voit de loin, et il change la silhouette de celui qui le porte. La crainte du regard des collègues, celle d’être surveillé, celle de paraître diminué : ces résistances existent, elles ne se décrètent pas, et elles se traitent avant l’achat.

Sur les postes que NovaFree accompagne en Valais et dans le canton de Vaud, ce sont les premières semaines de port qui tranchent.

La formation de l’encadrement, enfin. Un chef d’équipe qui ne sait pas régler un dispositif ni reconnaître un mauvais port ne pourra pas soutenir son utilisation : la montée en compétence est traitée sur la formation à l’exosquelette, qu’Ergonova pose sur site, avec l’équipe qui portera le dispositif.

Comment l’essayer, de Bulle à Sion ?

En commençant par le geste qui pose problème, pas par la catégorie. Nicolas Wüst observe le poste et compte le temps passé dans chaque contrainte : dos fléchi, bras levés, position basse.

Dans la plupart des postes qu’observe Ergonova, une seule de ces contraintes domine, et un dispositif ciblé suffit. Les zones sont traitées sur l’exosquelette pour soulager le dos, l’exosquelette d’épaules pour le travail bras levés et l’exosquelette de jambes.

Quand un intégral se justifie, l’essai dure un mois et le port monte par paliers : quelques heures les premiers jours, la demi-journée ensuite, le poste complet si le corps suit.

Un physiothérapeute suit ces paliers avec Nicolas Wüst, sur le poste et non en salle. Ce qui se mesure, c’est le nombre de fois où le dispositif a été retiré, et ce que les porteurs en disent à la troisième semaine.

Les exosquelettes actifs, ceux qui portent moteurs et batteries, demandent une logistique de recharge que les modèles sans moteur n’imposent pas. La différence entre les deux familles est expliquée sur exosquelette actif ou passif, et les postes de coût sur le prix d’un exosquelette.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur l’exosquelette corps entier

Un exosquelette complet est-il plus lourd à porter ?

Oui, et c’est sa principale limite. Couvrir le tronc, les bras et les jambes suppose davantage de structure, de sangles et, sur les modèles motorisés, de batterie. Ce poids s’ajoute à la journée de travail : il se compense mal, et il se ressent surtout en fin de poste. C’est pourquoi un intégral se compare à un dispositif ciblé sur le même poste, jamais dans l’absolu.

Quels sont les inconvénients d’un exosquelette corps entier ?

Le poids, la chaleur, l’encombrement et le temps de mise. S’y ajoutent un entretien plus lourd, un réglage individuel plus long, et une visibilité qui pèse sur l’acceptation dans l’équipe. Aucun de ces points n’apparaît sur une fiche produit : ils se constatent au bout de trois semaines de port. C’est pour cela que l’essai accompagné par NovaFree dure un mois, et non le temps d’une démonstration.

Existe-t-il un exosquelette pour les personnes paraplégiques ?

Oui, et ce sont des dispositifs médicaux, pas des équipements de travail. Ils servent la verticalisation et la marche assistée, sous suivi thérapeutique et sur prescription. NovaFree fait de l’ergonomie-conseil en entreprise, pas de l’ergothérapie : ces situations relèvent d’un médecin et d’un centre spécialisé. Ces demandes sont orientées vers Holentis, dont le siège est à Lausanne et qui a une antenne à Nyon.

Vaut-il mieux un dispositif ciblé ou un corps entier ?

Un dispositif ciblé, dans la grande majorité des postes. La raison est simple : sur un poste donné, une contrainte domine presque toujours les autres. L’intégral se défend quand une même personne enchaîne des gestes très différents toute la journée, et que la répartition ne peut pas être changée.