
Exosquelette de main en Suisse : gant de travail ou gant de soin ?
Deux mondes à séparer : l’atelier et le soin · cadre Suva et OLAA
La première question n’est pas la marque. C’est de savoir laquelle des deux familles vous cherchez, parce qu’elles n’obéissent pas aux mêmes règles.
✓ Le conseil peut conclure : pas d’exosquelette · ✓ Le soin individuel relève de notre partenaire · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées
En bref : un exosquelette de main de travail assiste la fermeture des doigts sur un outil, pendant des heures d’affilée. Un gant de soin, lui, rééduque une main déjà atteinte. Deux mondes, deux cadres, deux métiers. NovaFree n’intervient que sur le premier.
La Suva ne reconnaît le syndrome du canal carpien comme maladie professionnelle que si les facteurs du travail pèsent plus de la moitié des causes. Autant dire que la preuve se construit tôt, au poste.
Or l’offre mélange tout : gants d’atelier, orthèses de rééducation, prototypes de laboratoire. Cette page sépare les deux familles, nomme les gestes qui fatiguent une main au travail, et donne les points à vérifier avant d’équiper. Le cadre général est sur le guide de l’exosquelette professionnel.
Un gant d’assistance, est-ce un dispositif de soin ?
Non, et confondre les deux coûte cher. Un gant d’assistance de travail referme les doigts sur un outil ou une pièce : il vise l’endurance d’une main saine sur un poste répétitif. Un dispositif de rééducation vise une main atteinte, après un accident vasculaire cérébral ou une lésion nerveuse, et il relève du soin.
Le premier se juge au poste, sous l’OLT 3 ; le second se prescrit, et l’assurance-maladie peut le prendre en charge : deux factures, deux métiers.
Le principe mécanique, lui, se ressemble d’un monde à l’autre : des câbles suivent le trajet des tendons, un petit moteur les tend, et la force de préhension s’en trouve amplifiée. Ce qui change, c’est l’intention. Améliorer l’endurance de mains qui travaillent, ou aider à retrouver une fonction perdue : les deux ne se conçoivent pas contre les mêmes contraintes.
On parle parfois de gant bionique. Le mot est commode ; il ne dit rien du cadre juridique, qui lui change tout. Au travail, l’article 23 de l’OLT 3 pose la règle : les postes de travail et les équipements doivent être conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie.
Le texte de l’article et ses commentaires se lisent sur la page Ce que l’OLT 3 exige des postes.
Les cadres ne sont pas les mêmes non plus. L’ergothérapie est une profession de la santé réglementée en Suisse : elle demande un bachelor HES, et elle se rembourse sur prescription médicale, à raison de neuf séances par ordonnance (convention entre l’Association suisse des ergothérapeutes et Santésuisse). L’ergonomie, elle, est une discipline scientifique, et elle n’est pas réglementée comme profession de santé.
D’où notre règle : nous faisons de l’ergonomie-conseil, pas de l’ergothérapie. Une main douloureuse relève d’un médecin, puis d’un thérapeute ; nous travaillons sur le poste qui l’a fatiguée, et le soin individuel relève de Holentis, notre relais du soin.
Sur le marché professionnel, Ironhand est un exemple de ce type de dispositif. Nous ne distribuons aucune marque, et n’en recommandons aucune avant d’avoir vu le geste.
Quels gestes de préhension fatiguent la main au travail ?
Quatre familles, et vous les reconnaîtrez sans instrument. La découpe, couteau en main, en boucherie comme en fromagerie. Le vissage répété, en montage. La cueillette et la taille, en arboriculture et en vigne. L’encaissement et la mise en rayon, dans le commerce. Le droit le dit aussi. L’article 2 de l’OLT 3, lettre c, demande d’éviter les efforts excessifs ou trop répétitifs.
Le point commun n’est pas la force, c’est la répétition avec une prise serrée. 62,1 % des salariés effectuent des mouvements répétitifs de la main ou du bras au moins un quart du temps de travail (SECO, 2024). C’est la première exposition physique déclarée, devant les postures pénibles.
Quand cela dure, l’atteinte porte un nom, et la Suva la range parmi les affections de l’annexe 1 de l’ordonnance sur l’assurance-accidents : les paralysies nerveuses périphériques par pression, dont fait partie le syndrome du canal carpien. Pour ces affections-là, la reconnaissance demande que « les facteurs professionnels représentent plus de 50 % de l’éventail des causes » (Suva, appareil locomoteur).
Le geste lui-même, les contraintes qui l’aggravent et les mesures qui le soulagent sont traités sur les troubles du poignet et de la main au travail.
Que vérifier avant de poser un gant d’assistance ?
Neuf points, sans instrument de mesure.
Neuf points à vérifier avant d’équiper une main
Chaque ligne se constate devant le poste, en moins d’une minute. Elles portent sur le dispositif et sur son usage, pas sur le geste. Le poste, lui, se lit avec le feuillet 66128 de la Suva sur les contraintes physiques.
Points établis d’après les limites que le Secrétariat d’État à l’économie attribue aux dispositifs portés, et d’après ce que les essais en atelier font remonter. L’article 27 de l’OLT 3 range l’équipement individuel après les mesures techniques et organisationnelles. Un gant d’assistance vient donc après elles, et non à leur place.
Imprimez cette page : la checklist sort seule, cases comprises.
Deux lignes méritent un mot. Celle de l’avant-bras : ce que la main gagne, une autre articulation le paie parfois, et un gant qui soulage les doigts peut charger le coude. Celle du lavage : un dispositif partagé entre deux équipes se nettoie chaque jour, sinon il finit au vestiaire au bout de trois semaines.
Deux questions reviennent en atelier. La durée de vie d’un gant porté chaque jour tient surtout au textile et au nombre de lavages. Le port toute la journée n’est presque jamais la bonne réponse : ces exosquelettes servent sur les phases de préhension, pas sur huit heures pleines. Les avantages annoncés se mesurent là, pas sur une fiche produit.
Comment l’essayer, de Lausanne à Fribourg ?
En le faisant porter, au poste, pendant un mois. Nicolas Wüst conduit l’essai avec un physiothérapeute, sur les créneaux de production, et chaque porteur remplit un questionnaire de pénibilité avant puis après.
La cotation RULA, telle que la Suva et le SECO la décrivent, se reprend aux mêmes dates, sur les mêmes porteurs et sur les mêmes gestes, faute de quoi la comparaison d’avant et d’après ne dit rien de solide.
Le temps d’adaptation compte autant que le dispositif. Une main qui travaille depuis quinze ans a ses automatismes ; un gant assisté les dérange pendant plusieurs jours, et c’est précisément ce que la troisième semaine permet de mesurer. L’alinéa 3 de l’article 6 de la loi sur le travail demande de faire collaborer les travailleurs aux mesures de protection de la santé.
Nous ne tenons aucun stock, nous n’avons d’exclusivité avec aucune marque, et l’essai peut conclure qu’aucun modèle ne convient. Les postes de coût sont sur le prix d’un exosquelette, et la différence entre familles motorisées et non motorisées sur exosquelette actif ou passif.
L’employeur, lui, reste responsable : l’article 11a de l’OPA écrit que faire appel à des spécialistes de la sécurité au travail ne l’en décharge pas.
Pour le dos et pour la nuque, les dispositifs et les questions diffèrent : voyez l’exosquelette pour soulager le dos et l’exosquelette de nuque.
Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande
Vos équipes méritent mieux qu’une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C’est ma conviction depuis mes années d’industrie, et c’est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn
Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique
La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C’est ma conviction, et elle guide chaque poste que j’analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn
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Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89
Vos questions sur l’exosquelette de main
Quels sont les inconvénients d’un exosquelette de main ?
Il réduit la sensation, il charge l’avant-bras, et il s’entretient. Un gant assisté épaissit la prise, ce qui gêne les pièces fines ; l’effort évité par les doigts remonte souvent d’un cran, vers le poignet ou le coude ; et la partie en contact avec la peau doit se laver chaque jour quand plusieurs personnes se partagent le dispositif.
Quelle est l’utilité d’un gant d’assistance sur un poste ?
Tenir moins fort, aussi longtemps. Sur un geste de préhension répété, la main serre en permanence pour ne pas lâcher l’outil ; le dispositif prend une part de ce maintien. Il complète les mesures techniques et organisationnelles, il ne les remplace pas : un outil plus léger ou un manche mieux dessiné agit d’abord, et coûte moins.
Un exosquelette de main est-il pris en charge par une assurance ?
Un financement est possible au cas par cas, et rien n’est acquis d’avance. Trois voies existent : les moyens auxiliaires du poste au sens de l’article 21 de la loi sur l’assurance-invalidité, l’intervention précoce, et la procédure des produits nouveaux. La décision appartient à l’office AI cantonal, et le détail est sur le financement par l’AI.
Faut-il un gant d’assistance pour une main arthrosique ?
C’est une question médicale, et elle ne se tranche pas sur un site d’ergonomie. Une main atteinte relève d’un médecin, puis d’un thérapeute : nous n’évaluons pas les personnes, nous évaluons les postes. Si l’atteinte est déjà là, le premier interlocuteur est le médecin traitant, et notre partenaire Holentis prend le relais du côté du soin.