Coffreur qui reprend un panneau de coffrage au sol, un conducteur de travaux qui observe le geste

Exosquelette chantier en Suisse : pour quels gestes de construction ?

Essais d’exosquelettes sur chantier relayés par Canal 9 · la RTS (2025)

Coffrage, plafond, perçage : ce qu’une assistance physique reprend d’un geste de chantier, et ce qu’elle ne reprend pas.

✓ L’équipement après le palonnier et le planning · ✓ Un relevé daté avant toute proposition · ✓ Réponse sous 48 h ouvrées

En bref : un exosquelette chantier reprend une part d’un geste précis de chantier, jamais le chantier entier. NovaFree relève le geste sur place avant de proposer un modèle, toutes marques confondues. Le SECO le range parmi les mesures complémentaires, limitées dans leur portée (2025).

Deux collaborateurs en arrêt pour le dos, un chef d’équipe qui a vu un dispositif sur le chantier d’à côté, une réunion sécurité jeudi. La question arrive toujours dans cet ordre, et elle est simple : est-ce que ça tient sur un chantier ?

Voici la réponse par le geste, pas par le catalogue : quels gestes de maçonnerie, de second œuvre et de finition un exosquelette chantier accompagne, ce qu’il ne change pas aux troubles musculo-squelettiques, les TMS, et dans quel ordre agir avant d’équiper une équipe de construction en Suisse.

En France, on dit « exosquelette BTP », pour bâtiment et travaux publics : c’est le même équipement. Le cadre général est sur le guide de l’exosquelette professionnel.

Quels TMS dans ce métier, si c’est le geste qui décide ?

Trois familles de gestes portent presque toute la charge d’un chantier, et elles traversent tout le secteur du bâtiment.

  • Le coffrage et la reprise au sol plient le tronc, puis le redressent chargé.
  • La pose en plafond tient les bras au-dessus des épaules, parfois une heure d’affilée.
  • La chape et le carrelage travaillent à genoux, le bassin verrouillé.

57,8 % des salariés de la construction déclarent des positions douloureuses ou fatigantes pendant au moins un quart de leur temps de travail (SECO, Krieger et Arial, 2024, tableau 2, page 12). Ce chiffre ne sert pas à classer les branches entre elles : le SECO rappelle lui-même, page 32, que les écarts se lisent mal, parce que les personnes les plus atteintes quittent les métiers les plus durs.

Il dit autre chose, et c’est ce qui intéresse un conducteur de travaux : la marge de suppression est étroite. On ne supprime pas la pose en plafond, on ne déplace pas une dalle de trois étages, et la moitié des postes d’un chantier n’existeront plus dans six semaines.

Quel geste charge quelle structure, et pourquoi le dos d’un coffreur lâche avant celui d’un magasinier : cela se lit sur troubles musculo-squelettiques dans la construction. Ici, on part de l’équipement, et de l’épreuve que le chantier lui fait subir.

Pourquoi les mesures habituelles s’arrêtent-elles à mi-chemin sur un chantier ?

Parce qu’un chantier n’est pas un atelier : il se défait à mesure qu’il se construit. Un atelier règle une hauteur de plan une fois pour dix ans. Un chantier change de sol, de niveau et d’accès toutes les trois semaines.

La mécanisation existe pourtant, et elle est souvent le geste le plus rentable de l’année : lève-plaque, palonnier à ventouses, perche de vissage, mini-grue d’intérieur, nacelle plutôt qu’échelle. Elle s’arrête au dernier mètre, celui où la machine ne passe plus : la trémie, l’angle de mur, la cage d’escalier, la reprise à deux dans un local de vingt mètres carrés.

Ajoutez les conditions que l’atelier ignore. Le froid raidit le geste avant la première banche. La boue impose des appuis instables. Le harnais antichute, le casque et le gilet occupent déjà le torse, et la place manque. C’est ce dernier mètre, et lui seul, qui décide si un équipement porté a une place.

CoffrageCoffreur accroupi qui reprend un panneau de coffrage posé au sol, dos fléchi et charge près du corps
Le tronc plonge sous la hanche, puis remonte chargé. La grue pose le panneau, elle ne l’ajuste pas.
PlafondPlâtrier qui maintient une plaque au plafond, les deux bras au-dessus des épaules et la nuque en extension
Ce n’est pas la plaque qui use, c’est le bras tenu en l’air. On peut monter le plancher, on ne descend pas le plafond.
PerçageÉlectricien qui perce un plafond béton, perforateur tenu à deux mains au-dessus de la tête
Ce n’est plus le poids qui pèse, c’est la durée. Le bras tient l’outil, la main encaisse les vibrations.
ÉchafaudageDeux ouvriers qui montent un élément de façade sur un échafaudage, passage étroit et harnais porté
Ici, l’encombrement prime sur l’effort : tout ce qui dépasse du corps devient un risque de plus.

Quatre vues à balayer : les flèches, les points, le doigt, ou les touches du clavier après avoir sélectionné la bande.

Quelles solutions dans cet environnement, avant l'exosquelette ?

Dans l'ordre, et l'ordre n'est pas négociable. On supprime, on mécanise, on réorganise, puis on équipe. Sur un chantier, les trois premiers niveaux se jouent au planning plus qu'à l'atelier : l'heure de livraison, l'étage de dépose, la hauteur de stockage des éléments.

C'est la position du Secrétariat d'État à l'économie, et il dit même sa crainte. Interrogé sur des essais d'exosquelettes menés en entreprise, il lance un appel à la prudence : il redoute que les entreprises passent à côté « d'autres solutions de prévention qui sont parfois plus efficaces » (SECO, dans le 19h30 de la RTS, 12 novembre 2025). Le rang de l'équipement n'est pas une opinion, c'est une recommandation fédérale.

Un test de terrain le confirme sur un métier de chantier. La Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE) a suivi des plâtriers-peintres équipés d'un Paexo d'épaule, avec le Groupe Mutuel et UNIA.

Le rapport conclut que le dispositif est « une mesure technique intéressante à mettre en œuvre mais qui n'est pas suffisante à elle seule et qui comporte un certain nombre de risques et de limites ». La fédération en tire la nécessité d'une « approche plus globale » : préparation du chantier, organisation du travail, choix des équipements, transmission des savoir-faire.

Trois pages détaillent ces niveaux : la substitution en prévention des TMS, équiper les postes : les mesures techniques, et leur rangement commun, prioriser la prévention avec STOP. L'exosquelette occupe le dernier étage, celui des mesures personnelles.

Le SECO écrit que les exosquelettes « ne constituent qu'une mesure complémentaire et restent limités dans leur portée » (SECO, brochure exosquelettes, 2025). Nous le prenons au mot : si le palonnier suffit, nous le disons. Un achat évité coûte moins cher qu'un matériel qui dort.

Qu'est-ce qu'un exosquelette de chantier ?

Un exosquelette de chantier est une structure portée sur le corps. Son rôle est de reprendre une part de l'effort sur une articulation, pendant un geste précis : épaule, dos, bras. Elle accompagne un geste, jamais un métier entier. Deux familles existent : les dispositifs passifs, à ressort ou à élastique, et les dispositifs motorisés, dits actifs.

Le marché dit aussi « exosquelette de construction » ou « assistance physique ». Le mot compte moins que la zone assistée : épaule, dos, bras, membres inférieurs. Une structure conçue pour l'épaule n'assiste pas un dos, et aucune des deux familles ne traite la cause des TMS.

Passif ou actif : que change ce choix sur un chantier ?

Un dispositif passif ne produit aucune énergie : il redistribue vers le bassin ou vers les cuisses une charge que le corps encaissait seul. Un dispositif actif, lui, apporte une assistance motorisée. Ni l'une ni l'autre ne remplace l'aménagement du poste que le SECO demande de privilégier d'abord.

La différence se paie ensuite en logistique. Une motorisation demande une batterie, donc une recharge chaque soir et une prise que le gros œuvre n'offre pas toujours. Elle pèse davantage, et ce poids se porte aussi pendant les déplacements et les montées.

S'y ajoutent la poussière de béton, la pluie et les chocs, qui n'épargnent ni les ressorts ni les moteurs. Une motorisation immobilise plus longtemps quand elle casse, et son entretien se décide avant la commande, pas pendant le lot.

Le mécanisme de chaque famille et ses critères de choix sont traités sur exosquelette actif ou passif. Ici, seules les conséquences de chantier comptent : l'autonomie, le poids réellement porté, les intempéries et l'entretien du matériel.

Quels gestes de construction un exosquelette chantier accompagne-t-il ?

Ces deux familles donnent, sur un chantier, quatre gestes et quatre réponses différentes. Le tableau dit ce que le dispositif fait mécaniquement, jamais ce qu'il est censé obtenir. Aucune valeur de fiche constructeur n'y figure : elles se vérifient au poste, pas au catalogue.

Geste de chantierZone assistéeFamille de dispositifLa limite, dite tout de suite
Pose et vissage en plafondÉpaules et brasPassif d'épaule, à ressort ou à élastiqueN'assiste plus rien dès que les bras redescendent sous les épaules
Coffrage et reprise au solDos, lombaires, hanchesPassif de troncCertains modèles gênent l'accroupissement complet et la marche en terrain meuble
Perçage et meulage tenus en hauteurBras, main, préhensionPassif de bras, ou assistance de préhension motoriséeLa motorisation ajoute une batterie à recharger et du poids porté toute la journée
Port d'éléments sur échafaudageTronc et membres inférieursAucune famille ne s'y prête simplementL'encombrement et l'équilibre priment ; le dispositif se retire souvent pour monter
Quatre gestes de chantier lus par la zone assistée et par la limite du dispositif. La quatrième ligne est celle qu'aucun catalogue n'écrit.

Le même test le montre sur un seul métier. Au plafond, le rapport juge l'exosquelette d'épaule compatible sur les grandes surfaces, là où la position se maintient dans le temps. Au mur, il le juge « incompatible car trop d'alternances de tâches, de positions de travail et de gestes avec une rapidité d'exécution nécessaire ». Le métier ne décide pas, le geste décide.

Deux exemples le montrent, et ce sont des exemples, pas une liste. Le ferrailleur, qui ligature les fers à béton au sol, le dos penché en avant et maintenu, tombe sur la même ligne que le coffreur, mais par la flexion maintenue plutôt que par la reprise de charge.

La limite de cette ligne le suit aussi : il travaille sur un lit de fers, accroupi ou à genoux, et c'est exactement là que certains modèles de tronc gênent.

L'échafaudeur, lui, hisse cadres et planchers les bras au-dessus des épaules à chaque niveau : quand il hisse, il tombe sur la ligne de l'épaule ; quand il porte l'élément dans le passage, il retombe sur la quatrième ligne, celle où aucune famille ne convient. Deux métiers voisins n'atterrissent pas sur la même ligne.

Et un geste de chantier n'appelle pas d'abord un exosquelette : le travail à genoux de la chape et du carrelage. Ce que la Suva documente là, c'est la bursite et l'arthrose du genou, et ce qu'elle propose est le protège-genoux, gradué par niveaux selon le sol (0, 1, 1U et 2).

Une assistance des membres inférieurs existe, et elle soutient l'accroupissement et la station debout prolongée. Pour le travail à genoux, aucun appui porté n'a, à notre connaissance, fait ses preuves. Sur ce geste, commencez par le genou.

Le mécanisme est détaillé sur exosquelette dos : modèles et limites pour la flexion et le redressement, et sur exosquelette épaules, pour les bras levés dès qu'il s'agit de pose en hauteur. La méthode de sélection, critère par critère, est sur choisir le bon modèle, sans se tromper.

Les inconvénients se disent ici, parce qu'ils sont documentés. Le SECO rappelle qu'un exosquelette « peut également augmenter l'effort musculaire d'autres muscles (notamment les muscles antagonistes) ». Soulager une zone en sollicite une autre, et sur un chantier cette autre zone marche, monte et descend toute la journée.

D'autres gênes s'y ajoutent, et elles n'ont rien de théorique. La chaleur et la transpiration sous une structure sanglée, veste de pluie comprise. L'encombrement dans un échafaudage, une tranchée ou une trémie, où chaque centimètre de plus accroche. Et le temps d'enfilage, à répéter à chaque montée.

Un essai de chantier le dit sans détour : l'obstacle n'est pas l'assistance, c'est l'habillage. Chez Implenia, Matthias Dalchow, qui dirige l'excellence projet de la division Bâtiments, relève que « la flexibilité et le temps nécessaire pour s'équiper constituent des points critiques ».

Le même essai rapporte que certains collègues ont ressenti le port « comme une contrainte inhabituelle et peu naturelle » (Batimag, presse professionnelle du bâtiment, 21 avril 2026). Un dispositif se refuse aussi, et ce refus se prépare ou se subit.

Plusieurs fabricants couvrent ces gestes en Europe : Hilti EXO-O1, Paexo d'Ottobock, Laevo, HMT, Auxivo, Ironhand, ExoIQ. NovaFree n'en distribue aucun, et n'en recommande aucun avant d'avoir vu le geste.

Que dit le droit suisse du travail sur un chantier ?

Le SECO ne demande pas d'équiper, il demande d'aménager. Sa brochure sur les exosquelettes, parue en 2025, recommande « de privilégier un aménagement et une organisation du travail adaptée visant à réduire la pénibilité ». Sur un chantier, cela se lit au planning avant de se lire au catalogue.

Commençons par ce qu'il ne dit pas. Aucun texte fédéral n'impose un exosquelette, ni ne l'interdit.

Ce que le droit exige, ce sont des postes conçus selon les principes de l'ergonomie, et des mesures que l'état de la technique permet d'appliquer, adaptées aux conditions du chantier. L'OLT 3, l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, est une ordonnance de protection de la santé.

Elle demande à son article 23 que les postes et les équipements soient « conçus et aménagés conformément aux principes de l'ergonomie », et consacre son article 24 à la posture de travail et son article 25 au port de charges (OLT 3, texte officiel sur Fedlex).

L'ordonnance sur la prévention des accidents pose la même logique du côté de la sécurité au travail : l'employeur prend les mesures nécessaires. Le moyen reste au choix de l'entreprise, et c'est pour cela que ce choix se justifie par écrit.

Un point de statut, parce qu'il revient à chaque réunion sécurité. Un exosquelette n'est pas un équipement de protection individuelle, un EPI : son potentiel de protection n'est pas suffisamment démontré, écrit le SECO dans la même brochure. Il ne remplace donc pas le casque, et il ne remplace pas le harnais. Le détail des textes est sur exosquelette : ce que disent les textes.

Reste la question pratique : par quoi commence-t-on ? Par un relevé écrit et daté des contraintes réelles, sur un instrument nommé. La Suva en publie un, conçu pour le terrain : la liste de contrôle Suva 66128.

Son mode d'emploi est détaillé sur la liste de contrôle Suva 66128, pas à pas, et l'ensemble des obligations de l'employeur, dont la MSST (l'appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail), sur MSST : les obligations de l'employeur, article par article.

Pourquoi un exosquelette finit-il au vestiaire, et comment l'éviter ?

C'est la question que le marché ne traite pas, et c'est la plus utile à une entreprise de construction. Trois causes reviennent, et aucune n'est technique.

Premier cas, et le plus fréquent : le dispositif n'a jamais été essayé sur le vrai geste. Un dispositif choisi en salle, sur une charge propre et un sol plat, se comporte autrement dans une cage d'escalier. Ceux qui portent sont ceux qui testent, ou personne ne porte.

Deuxième cas : il gêne un équipement réellement porté. Harnais antichute, jugulaire de casque, gilet, veste de froid, ceinture porte-outils. Cela se vérifie sur le collaborateur habillé comme il travaille, au premier jour, et jamais sur une fiche technique.

Troisième cas : personne n'a prévu où il se range le soir. Un chantier n'a pas d'armoire. Entre la boue, la poussière de béton, la pluie sur la benne et la rotation des équipes, un équipement sans place attribuée disparaît en trois semaines. Qui le nettoie, qui contrôle les élastiques, qui le suit d'un chantier à l'autre : ces trois réponses se donnent avant l'achat.

Ces trois causes ont un remède commun, et il n'est pas technique : l'accoutumance se prépare. Une formation courte au réglage et à l'enfilage, un port par plages que l'on allonge, un référent d'équipe sur place, un point en fin de semaine. L'essai d'un mois, physiothérapeute compris, sert à cela.

Ce protocole n'est pas une préférence maison. La FVE recommande « d'intégrer de manière progressive les exosquelettes (1h par jour puis 2h par jour etc.) » et d'évaluer les effets dans le temps. Elle écrit aussi que l'entreprise devra consacrer du temps à la formation, au réglage et à l'entretien.

Reste la question de la durée, et elle est propre au chantier : un lot dure quelques semaines, les équipes tournent, et le même dispositif doit suivre d'un poste à l'autre plutôt que dormir entre deux affaires. C'est là que la location se discute : louer cadre une durée, acheter engage un parc, et l'arbitrage se prépare sur la page louer ou acheter son exosquelette.

L'acceptation ne se décrète donc pas, elle se mesure, et c'est Nicolas Wüst qui vient la relever sur le chantier.

Aucune étude ne permet de promettre un résultat, et le SECO l'écrit : il n'y a pas de données scientifiques concluantes indiquant que les exosquelettes entraînent une diminution des douleurs ou des troubles musculo-squelettiques. Ce qui se mesure ici, c'est un ressenti, avant et après, sur vos collaborateurs et sur vos chantiers.

Ce qui est possible tout de suite : un audit ergonomique sur un geste de chantier, puis l'essai encadré au poste réel, un mois durant.

Nicolas Wüst, fondateur de NovaFree

Nicolas Wüst · Fondateur & CEO · Suisse romande

Vos équipes méritent mieux qu'une promesse de catalogue : des solutions qui tiennent à leur poste, dans leurs cadences. C'est ma conviction depuis mes années d'industrie, et c'est pour ça que NovaFree existe. Mon parcours sur LinkedIn

Nadja Broquet, ergonome NovaFree pour la Suisse alémanique

Nadja Broquet · Ergonome, santé au travail · Suisse alémanique

La santé au travail est un levier de performance et de pérennité pour les équipes. C'est ma conviction, et elle guide chaque poste que j'analyse, en français comme en allemand. Mon parcours sur LinkedIn

Parlons de vos postes de travail

ou appelez
Nicolas Wüst : 079 244 24 26
Nadja Broquet: 078 912 12 89

Vos questions sur l'exosquelette sur un chantier

Quels sont les risques et les inconvénients d'un exosquelette sur un chantier ?

Ils sont réels, et ils se disent. Soulager une zone en sollicite une autre : le SECO note l'effort accru sur les muscles antagonistes. S'y ajoutent la chaleur sous la structure, l'encombrement dans un échafaudage ou une tranchée, le temps d'enfilage à chaque montée, et un temps d'adaptation. Un collaborateur qui n'a pas choisi son dispositif l'abandonne.

Un exosquelette peut-il être porté toute la journée sur un chantier ?

Rarement, et ce n'est pas le bon objectif. La durée de port supportable est un critère d'analyse, pas une performance : elle dépend du poids du dispositif, du nombre de fois où il faut le retirer pour monter ou pour conduire, et de la chaleur sous la veste. Sur un chantier, un dispositif se porte par plages, sur les gestes qui le justifient. L'effet du poids est traité sur le poids, critère de choix.

Un exosquelette est-il compatible avec un harnais antichute et un casque ?

Cela se vérifie au poste, pas au catalogue. On mesure les points de contact avec les équipements réellement portés, les dégagements sous le harnais et l'encombrement du geste, sur le collaborateur habillé comme il travaille. Un exosquelette ne remplace aucun de ces équipements, et il n'en est pas un : il n'a pas le statut d'équipement de protection individuelle. Le réglage se reprend sur la morphologie de chacun : la plage d'ajustement d'un modèle ne couvre pas toute une équipe. Et une veste de pluie ou une doublure d'hiver change l'épaisseur sous les sangles, donc le réglage du matin.

Quel est le prix d'un exosquelette de chantier ?

Une échelle, pas un prix. Elle dépend de la famille de dispositif, du réglage, du nombre de collaborateurs équipés et du choix entre la location et l'achat. Les postes de coût sont détaillés un par un sur la page consacrée au prix d'un exosquelette.

Une petite entreprise de construction peut-elle s'équiper ?

Oui, et elle commence rarement par acheter. Un dispositif, un geste, un collaborateur : c'est un essai, pas un parc. La location existe. Et lorsque l'équipement sert le maintien en emploi d'une personne, un financement est possible au cas par cas : moyens auxiliaires du poste (art. 21 LAI, la loi fédérale sur l'assurance-invalidité), intervention précoce, procédure des nouveaux produits. La décision appartient à l'office AI cantonal. Le panorama est sur la page Financer un exosquelette.